Avec sa tournée des quartiers lancée en janvier 2026, le Centre Communal d'Action Sociale de Petite-Terre mise sur l’aller-vers pour toucher les publics les plus éloignés des dispositifs sociaux.

Le CCAS sort de ses murs et frappe aux portes des quartiers

Avec sa tournée des quartiers lancée en janvier 2026, le Centre Communal d'Action Sociale de Petite-Terre mise sur l’aller-vers pour toucher les publics les plus éloignés des dispositifs sociaux.

Ce mercredi, le CCAS de Dzaoudzi-Labattoir a posé ses chapiteaux à La Vigie, près de la mosquée Bizaro, pour la première journée de sa « Tournée des quartiers ». Une initiative lancée en ce début d’année 2026 avec un objectif clair : aller directement à la rencontre des habitants, écouter leurs besoins et faciliter l’accès aux aides.

Les différentes personnes sont inscrites sur une liste qui va permettre d’effectuer un suivi et de pouvoir les recontacter.

Les habitants sont arrivés progressivement tout au long de la matinée. Certains se sont arrêtés par curiosité, d’autres sont venus avec des demandes précises. Pour toucher un public plus large, l’équipe du CCAS a également parcouru les environs à pied afin d’informer les personnes qui n’ont pas accès aux réseaux sociaux ou qui n’auraient pas vu passer l’annonce. Sur place, l’accueil est ouvert à tous, une agente du Centre communal reçoit les habitants, échange avec eux sur leur situation et identifie leurs besoins : aide alimentaire, santé, recherche d’emploi, démarches administratives ou produits d’hygiène pour les enfants. Les informations ainsi que leurs coordonnées sont ensuite recueillies afin d’assurer un suivi et d’orienter les personnes vers les pôles concernés.

Des réalités diverses

Parmi les personnes venues se renseigner, une mère de famille évoque sa situation. Elle cherche des aides pour son enfant autiste, mais aussi un accompagnement pour trouver un emploi. « Je connaissais le CCAS de nom, mais je ne savais pas qu’il proposait autant d’aides. Ils m’ont dit de passer demain pour récupérer un bon d’achat. Vu que je vis seule avec mon fils, c’est parfois compliqué », confie-t-elle.

Le résident est reparti avec un peu de nourriture et de l’eau en bouteille afin de pouvoir prendre ses médicaments.

Certaines situations rencontrées sont plus préoccupantes,  comme celle de cet homme âgé, diabétique, vivant seul dans une petite case en tôle, sans eau ni électricité avec juste un réchaud à pétrole. Il explique boire de l’eau de pluie et rester parfois plusieurs jours sans manger ce qui est le cas aujourd’hui. « Quand il pleut fort, je remplis des bouteilles d’eau. Je m’en sers pour tout, même pour boire », raconte-t-il.

Face à cette situation, la structure prévoit plusieurs actions à son encontre telles que mobiliser le pôle social, étudier la mise en place d’une aide pour l’accès à l’eau notamment via une fontaine filtrante, proposer des bons alimentaires ainsi qu’organiser un accompagnement pour les courses et assurer un suivi. Une médiation avec ses enfants pourrait également être envisagée afin de rompre son isolement. « Nous avons à faire à ce genre de situations presque tout le temps dans notre travail, et franchement, c’est triste », nous a raconté Narcisse Anduma, directrice du centre social.

Aller vers les plus éloignés

Selon Anliati Attoumani une maraude est prévue chaque mois jusqu’à la fin de l’année.

De son côté, Anliati Attoumani, responsable chargée de l’insertion professionnelle au CCAS de Dzaoudzi-Labattoir, a tenu à rappeler l’objectif de cette nouvelle démarche. « On a voulu se rapprocher des quartiers les plus éloignés, où vivent des personnes fragiles qui ne peuvent pas toujours se déplacer jusqu’au CCAS. L’idée, c’est d’échanger avec elles, de leur expliquer leurs droits et de voir comment on peut les accompagner ». Après un bilan mené en 2025, le centre a identifié plusieurs quartiers prioritaires, parfois difficiles d’accès. « Nous limitons leur trajet, c’est nous qui venons à eux », a-t-elle souligné. Une maraude est ainsi prévue chaque mois, avec douze étapes sur l’année. Après La Vigie, les prochaines rencontres auront lieu à Marigaux, Maweni et Cetam, d’autres secteurs seront ajoutés au fur à mesure.

Lorsque les résidents se présentent, les équipes prennent le temps d’écouter, d’évaluer la situation et de mobiliser les différents pôles du CCAS : social, insertion, animation ou logement. Si une aide ne peut pas être apportée directement, les personnes sont orientées vers des partenaires. « Notre objectif, c’est vraiment de ne laisser personne de côté et de faire un suivi. Nous aidons tous les profils, il n’y a pas de cible fixe », a insisté la responsable. Cette tournée est aussi l’occasion de mieux faire connaître le service social communal, parfois perçu comme distant ou mal identifié. « Beaucoup de personnes savent que le CCAS existe, mais ne savent pas concrètement ce que l’on fait. Cette tournée sert aussi à informer et à rassurer ».

La directrice du centre social était également sur place pour interagir avec les passants et expliquer leurs objectifs.

Pour le centre social, partenaire du projet, l’enjeu est similaire : « On propose des ateliers pour toutes les générations, on travaille beaucoup sur l’intergénérationnel et la prévention, notamment autour du sport et de la santé », a détaillé Narcisse Anduma. D’après elle, être présent directement dans les quartiers permet de créer du lien avec les résidents et de les encourager à s’intéresser, puis à participer aux différentes activités proposées.

Shanyce MATHIAS ALI.

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