À Pamandzi, quatre tortues imbriquées ont échappé au pire après avoir été prises dans un filet illégal posé sur le platier.

Pamandzi : quatre jeunes tortues piégées par un filet illégal

À Pamandzi, quatre tortues imbriquées ont échappé au pire après avoir été prises dans un filet illégal posé sur le platier.

Jeudi 20 novembre, la scène aurait pu virer au drame : quatre jeunes tortues imbriquées ont été découvertes piégées dans un filet posé illégalement sur le platier de Pamandzi, à deux pas de l’aéroport. Grâce à la réaction immédiate de pêcheurs présents sur place et l’intervention rapide des autorités, les quatre animaux ont pu être libérés sans blessure grave.

Un épisode qui, pour le Parc naturel marin de Mayotte et l’Office français de la biodiversité (OFB), rappelle une réalité déjà trop connue : l’usage de filets sur le platier reste une menace directe pour les espèces marines… et une infraction sévèrement punie.

Un platier fragile, un filet interdit, un écosystème en danger

Dans leur communiqué, les deux institutions détaillent les dégâts causés par ces engins de pêche. Les filets posés, traînés ou abandonnés arrachent herbiers et récifs coralliens, perturbent les zones de nourricerie et mettent en péril tout un pan de la biodiversité locale.
S’ajoute un risque majeur : les captures accidentelles, qui frappent aussi bien des espèces protégées, comme les tortues marines, que des poissons juvéniles, des invertébrés ou des espèces essentielles au fonctionnement du lagon.

Ce n’est pas un hasard si l’arrêté préfectoral du 8 juin 2018 interdit formellement l’usage de filets sur les platiers, herbiers, récifs vivants et zones internes de mangrove. La mesure vise à protéger les habitats les plus sensibles du lagon et à limiter les captures d’espèces menacées ou en phase de croissance.

Jusqu’à 150 000 euros d’amende : des sanctions lourdes

Poser un filet là où il est interdit n’est pas une simple entorse : c’est un délit. Le Code rural et de la pêche maritime prévoit une amende de 22 500 euros pour l’usage d’un engin prohibé.

Mais si ce filet entraîne la capture ou la mise en danger d’une espèce protégée, on change complètement d’échelle : le Code de l’environnement parle alors de trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. Des sanctions qui s’ajoutent à celles déjà prévues pour l’usage illégal du matériel.

Que faire en cas de filet illégal ou d’animal en détresse ?

Le Parc marin et l’OFB insistent sur une règle simple mais essentielle : lorsqu’un filet illégal est repéré, il ne faut en aucun cas tenter de le retirer soi-même. L’intervention doit être laissée aux services compétents, qui peuvent être joints directement via les Affaires maritimes au 06 39 27 40 64.

Si un animal est retrouvé coincé, blessé ou menacé par un engin de pêche, la consigne est tout aussi claire. Il convient de prévenir immédiatement le REMMAT, disponible 24h/24 au 06 39 69 41 41 ou par mail, afin que des spécialistes puissent intervenir rapidement et en sécurité. Le Parc marin et l’OFB rappellent que des signalements rapides et une attitude prudente jouent un rôle crucial dans la protection du lagon et de ses espèces emblématiques.

Mathilde Hangard

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

« Des difficultés de gestion » : la Chambre régionale des comptes pointe les fragilités du GIPEAM

Créé en 2021 pour répondre à la crise des fonds européens à Mayotte, le GIPEAM a repris une large part de leur gestion. Dans son rapport d'observations définitives, la Chambre régionale des comptes relève des difficultés dans son organisation, ses ressources humaines et son installation à Tsingoni.

Le Tour de Mayotte en pirogue s’est achèvé à M’tsangamouji après 140 km de pagaie

Pendant quatre jours, quatre moniteurs ont parcouru 140 kilomètres autour de Mayotte à la seule force des bras. De Bandraboua à M'tsangamouji, en passant par Bandrélé et Bouéni, cette première édition du Tour de Mayotte en pirogue a mêlé défi sportif, transmission culturelle et sensibilisation des jeunes au monde maritime.

Le Parlement européen valide une exemption au MACF pour les Outre-mer

Le Parlement européen a largement approuvé, ce 15 septembre...

« Il n’y a pas de blocage de conteneurs »: au port de Longoni, les dockers dénoncent l’emploi d’intérimaires

Des rumeurs faisant état de conteneurs bloqués et de navires immobilisés au mouillage circulaient ce mardi 15 septembre, matin à Mayotte. Le syndicat SGTPM-CGT dément tout blocage, mais dénonce un incident impliquant des intérimaires lors du déchargement de 600 véhicules.