A Acoua, une distribution de colis alimentaires pour soulager les plus vulnérables

Adossés contre un petit muret, Samya et Kassim, deux amis de 17 ans, observent les colis alimentaires être déchargés un par un d’un camion affrété par le Secours Islamique France, sur la place de la rue Boira Soilihi, en plein centre d’Acoua, mercredi 19 mars. « On est venus pour chercher les colis réservés à nos grands-parents », expliquent-ils à l’écart de la foule en attendant d’être appelés par les équipes du CCAS qui coordonnent la distribution. « C’est important d’avoir cette aide. Après Chido on s’est senti oublié à Acoua alors qu’on a été très touché ici », explique Ambdi Rayanti, venue récupérer un colis pour sa mère.

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Présent depuis le passage de Chido, le SFI compte pérenniser ses actions à Mayotte, toujours en lien avec les communes, comme avec le CCAS d’Acoua ce mercredi.

« Après Chido, la demande explose »

Riz, farine, lentilles, tomates concassées, haricots, sardines, lait et huile…, grâce à l’opération 500 ménages ont reçu de quoi tenir plusieurs jours en cette période de ramadan, alors que certaines familles vivent toujours dans des conditions difficiles après Chido. « Ce sont des colis qui peuvent approvisionner une famille de taille moyenne pendant 7 jours minimum », remarque Romane Bernet, chargée de programme à SIF. « On s’est basé sur des denrées non périssables qui vont pouvoir apporter au moins 2.100 calories par personnes par jour », précise-t-elle.

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Le CCAS a dressé des listes de personnes les plus vulnérables de la commune, principalement des personnes âgées, polyhandicapées ou bénéficiaires de l’épicerie sociale et solidaire.

Aux abords du camion la plupart des personnes ne souhaitent pas s’exprimer sur leur situation, certaines semblent gênées d’attendre pour récupérer les colis. « C’est difficile, on est cinq, on n’a pas encore reçu d’aide », esquisse néanmoins une dame, à côté de sa fille. De nombreuses personnes âgées sont également présentes, un cabas à la main.

« On a de plus en plus de familles, même des personnes seules et sans emploi qui nous demandent de l’aide, et après Chido la demande explose », remarque Rainyati Saandani, qui travaille au CCAS d’Acoua. « Le SIF nous a contacté pour organiser la distribution et on a prévenu les familles les plus vulnérables de la commune, surtout les personnes âgées, les polyhandicapées et toutes les personnes qui bénéficient déjà de l’épicerie sociale et solidaire », indique-t-elle, avant de vérifier que chacun des bénéficiaires est inscrit sur les listes.

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Chaque colis contient des denrées non périssables, qui permettent de nourrir une famille de taille moyenne pendant minimum 7 jours, selon SIF.

Des repas distribués tous les soirs à Kawéni

« Beaucoup d’ONG ont concentré leurs aides vers Mamoudzou et dans les bidonvilles, nous on s’est dit qu’il fallait aller dans ces villes et villages oubliés », note Léo André, responsable développement du SIF. « Jeudi on va mener la même opération à Tsingoni et vendredi à Kani-Kéli, et tous les soirs pendant le ramadan, de 17 heures à 18 h 30, on assure la distribution de 400 repas à la MJC, l’école élémentaire de Kawéni, et à la quincaillerie Disma ». L’ONG présente à Mayotte depuis le passage du cyclone Chido, souhaite s’installer de manière pérenne sur le département, à travers des partenariats avec les communes. « On est en train de travailler avec les mairies pour la mise en place de purificateurs d’eau dans les écoles », ajoute Léo André.

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Selon le CCAS d’Acoua, les demandes d’aide ont explosé après Chido.

Sur la place, sous un soleil de plomb, l’attente se fait longue pour les personnes qui n’ont pas encore été appelées. Et alors que le camion se vide, certaines ne le seront jamais. Non-inscrites sur les listes, elles restent néanmoins jusqu’à la fin de l’opération dans l’espoir de récupérer le surplus restant.

Victor Diwisch

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