La première édition des « Matinées des parents » de septembre à novembre 2023 avait connu un vif succès. Les 5 intercommunalités de l’île ré-enclenchent le pas lors de cinq prochaines sessions à Combani, Pamandzi, Miréréni, Vahibé, Bandraboua. 

Les Matinées des parents : « Au fil du temps, les rôles des parents ont évolué au sein des familles »

La première édition des « Matinées des parents » de septembre à novembre 2023 avait connu un vif succès. Les 5 intercommunalités de l’île ré-enclenchent le pas lors de cinq prochaines sessions à Combani, Pamandzi, Miréréni, Vahibé, Bandraboua. 

<p style="text-align: justify;">Aider et accompagner les parents dans l’exercice de leur parentalité. Voilà le défi que se sont fixés les réseaux locaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents mahorais (REAAP), initiés en novembre 2022 pour répondre aux besoins des familles définis dans le cadre du Schéma Départemental des Services aux Familles 2020-2022.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>

<blockquote>
<p style="text-align: center;"><b>« Auparavant, l’éducation des enfants était principalement réservée aux mamans »<span class="Apple-converted-space"> </span></b></p>
</blockquote>
<a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2023/06/Maman-eleve-enfant-zoom.jpg"><img class="size-medium wp-image-30544" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2023/06/Maman-eleve-enfant-zoom-300×196.jpg" alt="Sénat, Délégation outre-mer, Délégation du droit des femmes, Annick Pétrus, Mayotte, Guyane, Outre-mer, Emmanuel Macron" width="300" height="196" /></a> Auparavant, l’éducation des enfants était assignée à la mère
<p style="text-align: justify;">Au fil de temps, les rôles des parents ont évolué au sein des familles, explique Mohamed Saidi, coordinateur du REAAP de Mayotte. « Auparavant, l’éducation des enfants étaient principalement réservée aux mamans et les pères allaient travailler pour ramener de l’argent et à manger au foyer. Aujourd’hui, les mères travaillent comme les pères. Et ces derniers revendiquent un peu plus de place dans l’éducation des enfants. Nous trouvons des papas qui déposent les enfants à la crèche, il y a de plus en plus de mamans qui sont adhérentes au club de sport de leurs enfants et elles les accompagnent à leurs tournois. »<span class="Apple-converted-space"> </span></p>

<blockquote>
<p style="text-align: center;"><b>L’indépendance financière des femmes contribue à une meilleure réparation des tâches au sein du foyer<span class="Apple-converted-space"> </span></b></p>
</blockquote>
<a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2023/03/2D05CD6D-B910-48D4-B2E4-D327F69F0A63-scaled.jpeg"><img class="size-medium wp-image-24253" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2023/03/2D05CD6D-B910-48D4-B2E4-D327F69F0A63-225×300.jpeg" alt="" width="225" height="300" /></a> "C’est fallacieux de dire que les hommes et les femmes sont égaux car cela donne davantage de poids aux hommes d’ajouter du travail aux femmes, en plus des nombreuses tâches qu’elles remplissent déjà…" déclarait Mylène Joseph Filin, en mars 2023
<p style="text-align: justify;">« Il reste du travail à faire pour se répartir des tâches au domicile lorsque les deux parents travaillent pour que chacun assume son rôle de parent et non se dire qu’on aide la maman, par exemple, lorsque l’on donne le bain au petit, ou bien au papa, lorsqu’on dépose le petit au sport », détaille avec honnêteté, Mohamed Saidi.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p style="text-align: justify;">En qualité de coordinateur du réseau REAAP, Mohamed Saidi pointe du doigt un problème souvent tabou dans la société mahoraise, où faute d’accompagnement des parents dans l’éducation de leur enfant et face aux nouvelles méthodes d’éducation contemporaines, les parents peuvent<span class="Apple-converted-space">  </span>parfois sembler démissionnaires.</p>

<blockquote>
<p style="text-align: center;"><b>"Certains parents expriment leur incapacité à transmettre dans leur éducation, l’amour qu’ils n’ont jamais connu"</b></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify; color: #222222; font-family: Verdana, BlinkMacSystemFont, -apple-system, ‘Segoe UI’, Roboto, Oxygen, Ubuntu, Cantarell, ‘Open Sans’, ‘Helvetica Neue’, sans-serif; font-size: 15px;">« La plupart des parents se trouvent dépassés dans leur rôle de premier éducateur entre ce que la loi leur autorise et leur interdit de faire. Par exemple, la loi interdit de taper un enfant mais elle n’accompagne pas forcément les parents en leur montrant d’autres manières d’éducation. Beaucoup de parents estiment aujourd’hui que la loi est venue les désavouer face à leur enfant. Certains parents disent que la mesure éducative a tué leur enfant, lorsqu’ils parlent d’une mesure de placement. Pour d’autres, ils estiment qu’on parle seulement de droits et devoirs des parents et jamais, voire, pas assez de droits et devoirs des enfants. Certains parents remontent le besoin de les accompagner dans leur rôle éducatif. Ils sont démunis face à leur autorité parentale. Certains expriment leur incapacité à transmettre dans leur éducation, l’amour qu’ils n’ont jamais connu. »</span></p>

<blockquote>
<p style="text-align: center;"><b>« Les pères se mobilisent plus qu’avant »</b></p>
</blockquote>
<a href="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2022/12/Ecoles-eleves-1.jpg"><img class="size-medium wp-image-12627" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2022/12/Ecoles-eleves-1-300×225.jpg" alt="Mayotte, parentalité, éducation, enfants, école," width="300" height="225" /></a> Jusqu’au milieu du 20ème siècle, les pratiques éducatives et pédagogiques dominantes étaient majoritairement autoritaires, contraignantes et répressives.
<p style="text-align: justify;">Pour remplir ce vide et faire face à ce désarroi, les Matinées de la parentalité se sont imposées avec succès dans le paysage mahorais. Grâce à des exemples concrets exploités lors des ateliers intergénérationnels et des sessions d’activités, ces temps de partage animés par des acteurs de terrain ont pour but de maintenir un lien « parents-enfants » fort, basé sur une communication non violente entre les adultes et les enfants.<span class="Apple-converted-space"> </span>Depuis la mise en place de ce dispositif, Mohamed Saidi estime que des évolutions sont déjà notables. « Les pères se mobilisent plus qu’avant car, la société d’avant et celle d’aujourd’hui sont deux sociétés diamétralement opposées. Avant, l’enfant était élevé par tout le monde dans le village et aujourd’hui, l’enfant appartient à sa famille limitée (père, mère). Les papas se mobilisent un peu plus du fait que la maman et les grands-parents travaillent. » Souvent dans l’ombre, de nombreux pères élèvent seuls leurs enfants. Lors d’ateliers « parents-enfants » déployés par les acteurs sociaux et éducatifs du territoire, ces familles monoparentales revendiquent davantage leur rôle et leur place. « Il y a même des pères qui veulent avoir plus de poids dans l’éducation de leurs enfants, en demandant aux mamans de leur laisser de la place pour s’occuper aussi de leurs enfants. Ils veulent qu’elles leur fassent confiance. »</p>
<p style="text-align: justify;">Cette année, cinq « matinées-sessions » auront lieu au sein des cinq intercommunalités de l’île :<span class="Apple-converted-space"> s</span>amedi 26 octobre 2024 de 7h à 12h à la MJC de Combani, samedi 2 novembre 2024 de 7h à 12h, Place du congrès à Pamandzi (annulée-prochaine date à venir), samedi 16 novembre 2024 de 7h à 12h, à la MJC de Miréréni, samedi  23 novembre 2024 de 7h à 12h, à l’école primaire de Vahibé 2, et enfin samedi 30 novembre 2024 de 7h à 12h, au CCAS de Bandraboua.</p>
<p style="text-align: justify;">Mathilde Hangard</p>

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

À Mamoudzou, le CHM se prépare à l’éventualité d’un cas d’Ebola

Alors qu’un foyer épidémique d’Ebola a été signalé dans l’est de la République démocratique du Congo le 15 mai dernier, le centre hospitalier de Mayotte (CHM) anticipe un éventuel cas importé. Dans un territoire sous forte pression sanitaire, l’unique hôpital de l’île renforce ses protocoles, malgré des moyens contraints.

Assemblée plénière : débats sur le camp de Tsoundzou, la fibre et le port de Longoni

Réunie ce mardi 26 mai 2026 dans l’hémicycle Younoussa-Bamana, l’Assemblée départementale de Mayotte a adopté l’ensemble des rapports à l’unanimité, dans une séance dominée par les débats sur le camp de Tsoundzou, la fibre optique et une réorganisation du port de commerce, avec un rapport finalement retiré de l’ordre du jour.

Handicap et emploi : une convention structurante pour l’insertion des personnes en situation de handicap

La convention prévoit le déploiement de "Cap Emploi", de la Ressource Handicap Formation (RHF), d’une feuille de route territoriale ainsi que l’installation d’une antenne locale de l'AGEFIPH, afin de renforcer l’accès à l’emploi et l’accompagnement des personnes en situation de handicap sur le territoire.

Le Festival international de l’image sous-marine célèbre ses 30 ans avec une édition riche en nouveautés

Projections, conférences, village de la mer et spectacle vivant : le Festival international de l’image sous-marine de Mayotte revient du 28 au 31 mai à Mamoudzou et Chirongui pour une 30e édition placée sous le signe de la découverte et de la sensibilisation à la protection des océans.