G. Darmanin présente son projet de loi sécuritaire qui laisse une place à l’outre-mer

C’est le Beauvau de la sécurité de février à septembre 2021, qui a accouché du projet de loi de programmation du ministère de l’Intérieur. Les objectifs et les moyens mis en œuvre induisent une hausse de 15 milliards d’euros dans le budget du ministère de l’Intérieur sur 5 ans. Il contient un volet outre-mer.

Très attendu, c’est en période de campagne électorale que Gérald Darmanin a présenté ce mercredi son projet de Loi d’Orientation et de Programmation du ministère de l’Intérieur (LOPMI). Rien de révolutionnaire en dehors des 15 milliards d’euros supplémentaires alloués à la sécurité.

Une grosse part y est faite à la transformation numérique du ministère, avec des applications dans les outre-mer, également aux effectifs de police de terrain qui devrait doubler d’ici 2030.

C’est une « révolution numérique » que veut impulser Gérald Darmin dans les outre-mer, « pour rapprocher les services de l’État de la population, ou encore de besoins opérationnels des services du ministère de l’Intérieur dans ces territoires ».

Cela suppose une « remise à niveau de l’architecture des réseaux de communication outre-mer », pour permettre ensuite aux citoyens « de mener leurs démarches sans se déplacer », et aux forces de l’ordre « de davantage travailler depuis le terrain ou en mobilité ». En clair, les hommes en bleu sont plus utiles dans la rue que devant leur ordi, à crouler sous des charges administratives !

En mettant l’accent sur les menaces des outre-mer frontalier, c’est l’immigration clandestine à Mayotte et en Guyane qui est visée, « élargissement des pouvoirs des policiers pour fouiller les véhicules, alignement des pouvoirs des policiers et gendarmes sur ceux des douaniers dans la zone maritime contigüe – disposition particulièrement justifiée à Mayotte ».

Les véhicules de gendarmerie cabossés avaient présentés à Gérald Darmanin à Hajangua

Scanners et rayons X

Des outils technologiques plus perfectionnés seront alloués à la surveillance des frontières pour lutter contre les trafics de stupéfiants, flux financiers illégaux etc., avec notamment des « bagages X, moyens nautiques, scanners à conteneurs dans les grands ports, radars de surveillance, scanners corporels. »

En matière de lutte contre la délinquance, les outre-mer « bénéficieront de l’augmentation des effectifs de gendarmes départementaux, de réservistes et d’unités de forces mobiles supplémentaires ».

Enfin, sur le chapitre de la prévention contre les risques naturels, et pour améliorer la capacité locale de gestion de crise, des moyens nationaux de sécurité civile seront pré-positionnés outre-mer en attendant l’arrivée de secours extérieurs. On parle des détachements des formations militaires de la sécurité civile (FORMISC) en zone Antilles et dans l’océan Indien. De nouveaux sites de la réserve nationale seront créés à Mayotte, à La Réunion et en Guyane.
Des plans spécifiques à chaque outre-mer, visant à une meilleure surveillance des risques seront lancés. « Ils s’attacheront à améliorer la résilience des bâtiments de l’État et des points d’importance vitale. Des partenariats entre service militaire adapté et sécurité civile seront conclus dans tous les outre-mer, visant à améliorer la culture du risque de toute la société. »

Un projet de loi qui devra donc être débattu au parlement… après les élection.

Consulter le Projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur

Anne Perzo-Lafond

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