Ce lundi matin, un mouvement populaire de contestation entraînait la fermeture des entrées du village de Mirereni par des barrages de fortune, érigés par les habitants eux-mêmes. En résultaient plusieurs réunions avec la municipalité, laquelle invoque une responsabilité collective face à la délinquance.

Les habitants de Vahibé bloquent les entrées du village pour contester la délinquance

Ce lundi matin, un mouvement populaire de contestation entraînait la fermeture des entrées du village de Mirereni par des barrages de fortune, érigés par les habitants eux-mêmes. En résultaient plusieurs réunions avec la municipalité, laquelle invoque une responsabilité collective face à la délinquance.

Ce début de semaine aura décidément été bien mouvementé. Dès 4h30 du matin, les hostilités reprenaient à Mirereni, avec le déploiement d’une trentaine de jeunes délinquants ayant monté des barricades. Il aura fallu l’intervention des militaires de la gendarmerie pour les disperser, avant un retour au calme quelques heures plus tard. A Pamandzi, même combat. Des jeunes décidaient dès l’aube de barrer l’accès au lycée, occasionnant des affrontements avec les gendarmes, l’éternel jeu du chat et de la souris, avec la Vigie comme refuge.
A Vahibé, le calme n’était pas non plus au rendez-vous.  Tôt le matin, un mouvement populaire d’habitants excédés par la délinquance menait à l’érection de barrages à l’aide poubelles, bloquant les entrées du village.

Photo d’illustration : Les jeunes occupent la chaussée sans être délogés à Combani/Mirereni
(capture écran vidéo)

Les habitants décidaient ainsi d’occuper la voie publique pour réclamer la venue de la police et du maire. Une première réunion s’est tenue dès le matin avec la police nationale, plusieurs élus locaux, la fédération des associations de Vahibé ainsi que plusieurs citoyens.
si la fédération n’a apparemment pas souhaité répondre à nos questions, des sources présentes à la réunion nous expliquent quelques-unes des doléances exprimées. Une demande de sécurité, globalement, mais aussi d’être débarrassé des délinquants et de leurs familles, de mettre en œuvre un élagage des zones où les délinquants se cachent, etc…

«  C’est un travail collectif qui doit être mené de front »

Dans la soirée, une délégation d’habitants de Vahibé et de membres de la fédération des associations étaient reçue par le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaila. « On va prendre des mesures » déclarait alors le maire, en réponse à certaines des doléances citoyennes, à l’instar de l’élagage. « Les kiosques qui abritent les délinquants, on va les détruire » continuait A.S, annonçant une visite prochaine à Vahibé, « pour accentuer ce que nous avons dit en petit comité à l’ensemble de la population parce que nous avons une responsabilité collective ».

Ambdilwahédou Soumaïla
Ambdilwahédou Soumaïla

« L’impunité elle est là, elle est visible », déclare le jeune maire, en rappelant que « nous attendons toujours à ce que le ministre de la justice réponde à notre sollicitation ».
M Soumaila précise qu’il a demandé à l’ensemble des maires de se retrouver ce mardi, pour aborder ces problématiques de délinquance. « C’est un travail collectif qui doit être mené de front. Je l’ai toujours dit, le mal est trop profond et ça prendra beaucoup de temps mais il faut le faire, il ne faut pas chercher des coupables mais chercher des solutions ». Evoquant les différents dispositifs de sécurisation qu’il est possible de mettre en place, le maire précise tout de même que « tout cela ne suffira pas, il faut que chacun apporte sa pierre à l’édifice ». Et question pierres, l’on s’y connait à Mayotte…

Mathieu Janvier

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