Au Forum de l’Emploi certains métiers ont davantage retenu l’attention que d’autres ce mercredi. Pour la municipalité, l’enjeu était de permettre aux jeunes demandeurs d’emploi de trouver des réponses, mais aussi de reprendre confiance dans leur projet. « On veut dynamiser la ville et faire confiance à nos jeunes demandeurs d’emploi aussi bien à Pamandzi, mais en Petite-Terre et Grande-Terre », explique Anne Chedozau, élue en charge de l’emploi, de l’insertion et de la formation.
Avec plus d’une cinquantaine d’entreprises et de centres de formation présents, la commune voulait notamment donner une seconde chance à ceux qui n’ont pas encore trouvé leur formation ou leur orientation, en ce début de rentrée. « Ils viennent nous rencontrer et nous exposent leurs difficultés ».
Les jeunes attirés par la sécurité
Du coté de la police municipale, les visiteurs ne manquent pas pas de questions. Comment intégrer le métier ? Quelle différence avec la gendarmerie ? Quelles sont les conditions à remplir ? « On a eu beaucoup de jeunes qui sont venus nous voir, et la majorité, ce sont des filles », raconte une agente de la police municipale.

Pour elle, l’intérêt des jeunes pour les métiers de la sécurité est bien présent, notamment lorsqu’ils apprennent qu’ils peuvent se former directement sur le territoire, sans avoir à partir ailleurs. La session du concours de cette année étant déjà passée, les candidats devront toutefois attendre l’année prochaine pour tenter leur chance.
Quelques mètres plus loin, le service de sauvetage et de lutte contre les incendies des aéronefs de l’aéroport présente un autre métier de la sécurité, moins connu du grand public. Ils interviennent notamment lors de malaises à bord des avions, mais aussi en mer, puisque l’aéroport est côtier.
Parmi les visiteurs, Rachma, 17 ans, est déjà dans cette voie. Élève en terminale Bac Pro Métiers de la Sécurité, elle est venue préparer l’après-bac, avec l’envie de rejoindre les forces de l’ordre. « Police nationale, gendarmerie, douane. J’ai déjà commencé à me renseigner, mais je voulais aussi échanger directement avec les professionnels », explique-t-elle.
Pour elle, le forum tombe à pic, en début d’année scolaire, les informations récoltées doivent lui permettre de mieux préparer la suite de ses études.
Le social, autre piste recherchée
L’intérêt des jeunes ne se limite pourtant pas aux métiers de la sécurité. Sur le stand consacré aux formations sociales, les visiteurs sont également nombreux. Mohamed Tony, référent chargé des formations sociales au Département-Région de Mayotte, indique avoir déjà reçu « une trentaine de jeunes » dans la matinée.
Les formations présentées préparent à plusieurs métiers du secteur, comme assistant de service social ou éducateur spécialisé, ainsi qu’à des parcours accessibles sans le bac, comme moniteur éducateur.

Si le secteur est particulièrement mis en avant, ce n’est pas par hasard. « Les besoins sont énormes sur le département parce que c’est un territoire jeune et le social a une part importante localement », explique-t-il. Le Département cherche ainsi à anticiper les besoins à venir, alors que de nouvelles structures doivent se créer d’ici 2030.
D’après ses chiffres, environ 200 personnes sont diplômées chaque année dans le social parmi les différentes structures. Et les étudiants pris en charge s’engagent à revenir travailler sur l’île à la fin de leur formation. Selon le référent, ce sont 99 %, « pour ne pas dire 100 % », des diplômés qui reviennent.
Une fois la certification en poche, les jeunes peuvent compter sur de nombreux débouchés. « Il y a de l’emploi », assure Mohamed Tony, pour qui le social et le sanitaire offrent de nombreuses possibilités à Mayotte, avec des besoins qui devraient encore augmenter dans les prochaines années.
Les femmes prennent leur place dans le BTP
En changeant de stand, le profil des visiteurs changent aussi. Du côté du BTP, l’intérêt vient plutôt de femmes âgées d’une trentaine à une quarantaine d’années, venues se renseigner sur les possibilités de formations dans le secteur.

Nafouanti Abdou Waladi, responsable du stand, a reçu près d’une dizaine de femmes. Un intérêt qui vient bousculer l’image d’un secteur encore souvent considéré comme masculin. « Beaucoup de jeunes femmes se disent : pourquoi le BTP, c’est que pour les hommes ? », raconte-t-elle.
L’Odif (Observatoire de la Direction des Formations) propose des formations en maçonnerie, pose de plaques, plomberie ou carrelage, et cherche donc à montrer que ces métiers peuvent également être exercés par tous. L’année dernière, plus de 50 femmes ont ainsi été formées par la structure, notamment, un groupe de carreleuses composé à 90 % de femmes. « La majorité sont en poste », précise-t-elle. Le centre propose également des immersions afin de découvrir les métiers avant de s’engager. Une manière de découvrir des capacités que l’on ne soupçonnait pas.
Shanyce MATHIAS ALI.



