C’est par le centre de rétention administrative (CRA) de Pamandzi qu’Édouard Philippe a démarré sa visite à Mayotte. Un choix qui lui a permis de placer d’emblée la question migratoire au cœur de son déplacement. Le candidat à l’élection présidentielle de 2027 veut faire de la lutte contre l’immigration l’une de ses priorités, qu’il présente comme un passage obligatoire à la reconstruction du département.
« Fermer les vannes de l’immigration »

La mesure la plus marquante proposée, est la création d’un centre de retour situé hors des frontières françaises, en Afrique de l’Est. L’idée est de construire cet établissement dans un pays de la région identifié comme un point de départ des traversées.
« Je n’ai pas encore commencé des discussions avec les représentants légitimes de la Tanzanie et deux autres pays de la région, mais je suis convaincu que la France doit prévoir la construction d’un de ces centres », a-t-il expliqué.
Concrètement, ce centre servirait à accueillir les personnes dont la demande d’asile a été rejetée à Mayotte, en attendant leur rapatriement. Cette mesure s’inscrit dans un plan plus global, Édouard Philippe veut geler, pendant cinq ans, les demandes d’asile et le regroupement familial sur l’île, ainsi que toutes les procédures qui permettent aux étrangers d’arriver légalement sur le territoire.
« Si nous voulons véritablement consacrer des moyens efficaces à la reconstruction de Mayotte après le cyclone Chido, nous devons, et c’est un préalable, fermer les vannes de l’immigration », a affirmé le candidat à la présidentielle.
Pour rappel, selon les données de l’Insee, Mayotte compte 323.153 habitants et près de la moitié de la population est de nationalité étrangère, très souvent en situation irrégulière. Les chiffres de l’Ofpra mettent également en lumière une évolution importante dans le profil des demandeurs d’asile. En 2025, sur les 1.593 demandes déposées à Mayotte, les ressortissants de la République démocratique du Congo représentaient 50 % des dossiers, contre 13 % pour les Comoriens.

Sur le droit du sol, Édouard Philippe souhaite donc aller plus loin que la réforme qu’il avait déjà portée à Matignon en 2018, car la situation exige un cadre encore plus strict : « Une loi peut venir suspendre les éléments et c’es probablement plus facile de les suspendre que de les interrompre définitivement […], dans le respect de la hiérarchie des normes et de l’état de droit ».
Le candidat Horizons a également rencontré les agents de la Police aux frontières (PAF), de l’unité nautique et du Groupe d’appui opérationnel (GAO) au Centre de rétention administrative de Pamandzi. Sur un territoire où 23.421 éloignements ont été réalisés en 2025, il réclame davantage de moyens sur le terrain estimant qu’ils sont encore insuffisants. L’ancien Premier ministre propose ainsi d’augmenter la présence militaire et navale en mer grâce à la prochaine actualisation de la loi de programmation militaire.
La fermeté pour les Comores
La reconstruction, le second grand chantier
Si la question migratoire a occupé le devant de la scène, la reconstruction de Mayotte était le second pilier de la visite. L’île fait face à d’immenses difficultés au quotidien, aggravées par le passage du cyclone Chido sur les écoles, la santé, l’accès à l’eau et les infrastructures.

Pour le candidat d’Horizons, la maîtrise des frontières est la condition obligatoire pour réussir ce chantier. Selon lui, les équipements publics étant aujourd’hui complètement saturés, l’État ne pourra réinvestir efficacement dans ces services essentiels qu’une fois la pression migratoire réduite.
« Lorsque nous aurons tari la source d’une immigration massive et incontrôlée, alors nous pourrons consacrer des moyens indispensables à la reconstruction efficace des hôpitaux, d’écoles dont les besoins sont considérables, ainsi que la production et la distribution d’eau potable », a-t-il déclaré. Pas question pour autant de multiplier les promesses : « Je ne suis pas là pour promettre la réalisation de 50 ouvrages ».



