À La Réunion, une sécheresse qui inquiète
La Réunion fait face à une situation hydrique préoccupante. La saison des pluies 2025-2026 a enregistré un déficit pluviométrique d’environ 45 %, ce qui en fait la deuxième saison la plus sèche observée depuis plus d’un demi-siècle.

Le mois de juillet figure également parmi les plus chauds jamais enregistrés sur l’île. Les quelques précipitations enregistrées ces dernières semaines n’ont pas suffi à recharger les nappes phréatiques. À court terme, les prévisions météorologiques ne laissent pas espérer d’amélioration significative.
La Région de La Réunion a demandé à l’État la reconnaissance d’un état de calamité agricole. Cette mesure doit permettre aux agriculteurs de compenser une partie de leurs pertes.
Le Département annonce par ailleurs qu’une enveloppe d’un milliard d’euros sera investie dans les prochaines années pour préserver la ressource en eau.
Les conséquences sont déjà visibles dans certaines communes. À Saint-Philippe, l’alimentation en eau est perturbée : des coupures et des baisses de pression au robinet sont observées, une situation inhabituelle pour les habitants.
Madagascar veut récupérer les terres héritées de la colonisation
À Madagascar, la Haute Cour constitutionnelle a validé une loi organisant le transfert automatique à l’État de certains titres fonciers encore inscrits au nom d’étrangers depuis l’époque coloniale. Le texte a été adopté par l’Assemblée nationale le 1er juillet 2026, sur proposition de son président, Siteny Randrianasoloniaiko.
La mesure concerne les terrains immatriculés au nom d’étrangers avant l’indépendance de Madagascar le 26 juin 1960, et qui n’ont depuis jamais été transmis à un propriétaire malgache. Ces terrains basculent désormais de plein droit dans le patrimoine de l’État.
Trois catégories de terrains sont toutefois exclues du dispositif : les propriétés diplomatiques ou consulaires, celles qui ont déjà été transférées à des propriétaires malgaches et celles dont le propriétaire étranger a depuis acquis la nationalité malgache.
Le texte est présenté comme une manière de finaliser la décolonisation foncière du pays. Sa portée réelle reste toutefois relativisée par certains chercheurs.
Aux Seychelles, les navires européens reprennent la pêche au thon
Après plusieurs mois d’interruption, les navires européens peuvent à nouveau pêcher dans la zone économique exclusive des Seychelles. L’Union européenne et l’archipel ont signé, le 27 juillet à Bruxelles, un nouveau protocole de pêche valable quatre ans.
L’accord autorise jusqu’à 30 thoniers senneurs et huit palangriers européens à obtenir une licence pour pêcher dans les eaux seychelloises. Le protocole repose sur une référence annuelle de 55.000 tonnes de thon et d’autres espèces migratrices.

En échange, les recettes atteindront 10,28 millions d’euros, contre 9,575 millions auparavant, soit une hausse de 705.000 euros chaque année par rapport au précédent protocole.
L’Union européenne versera également 3 millions d’euros par an pour soutenir la filière, notamment à travers la recherche, le suivi et la surveillance des activités maritimes.
Le gouvernement seychellois entend renforcer la place de Port Victoria comme principal hub thonier de l’océan Indien, avec des retombées attendues pour la manutention, le ravitaillement et les autres services liés à l’activité thonière.
Le précédent protocole avait expiré en février. Depuis, les navires européens pouvaient continuer à opérer en haute mer, mais n’étaient plus autorisés à pêcher dans la ZEE seychelloise.
À Maurice, une ministre démissionne après l’arrestation de son mari
À Maurice, l’affaire de trafic présumé de drogue entre La Réunion et l’île sœur a pris une dimension politique. Véronique Leu-Govind, alors ministre déléguée au ministère des Arts et de la Culture, a démissionné le 2 août, quelques jours après l’arrestation de son époux, Gulshan Govind. Elle a également quitté la présidence des Nouveaux Démocrates.
Gulshan Govind avait été arrêté le 31 juillet par l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) dans le cadre de l’enquête sur les 150 kilos de zamal saisis par la gendarmerie à l’embouchure de la Rivière du Mât, à La Réunion, qui auraient été destinés à Maurice. Une perquisition à son domicile avait également permis de découvrir quatre plants de cannabis et de la méthadone.
Dans les milieux proches de l’élue, on indique que le couple vivait séparé depuis un moment, Véronique Leu-Govind vit aux côtés de sa mère et qu’elle a déjà réclamé le divorce. L’enquête se poursuit.
Joséphine Puig


