Ils vont quitter Mayotte ce dimanche 16 août avec leurs propres expériences et reviendront le 27 août de Madagascar avec celles des autres. Trois jeunes de l’association Horizon vont participer au Village « Copain du Monde », au total, ils seront 70 enfants et adolescents, venus de Madagascar, de La Réunion et de France métropolitaine.
« C’est une colonie de vacances pour les jeunes qui a pour but de ne pas être uniquement un moment ludique, même si ça l’est aussi, mais également un moment d’éducation à la solidarité internationale et à la découverte d’autres cultures », explique Alexis Werestchack, chargé de mission en Volontariat de Solidarité Internationale auprès du Fifanampiana Malagasy.
Des jeunes Mahorais déjà engagés

La délégation mahoraise a été constituée avec l’association Horizon, partenaire du Secours populaire français. Les trois jeunes ont notamment été choisis pour leur implication dans les activités de l’association, qui agit à Mayotte dans les domaines de la jeunesse, de la formation et de l’environnement. « Ils savent déjà plein de choses, c’est déjà des jeunes qui ont fait des actions pour l’environnement à Mayotte. Donc ils arrivent déjà avec une expérience », raconte-t-il.
Pour lui, l’intérêt est aussi qu’ils puissent repartir avec une meilleure compréhension des problématiques rencontrées à Madagascar, notamment sur les questions environnementales et sociales. Le Village est organisé par le Secours populaire français et son partenaire malgache, le Fifanampiana Malagasy, avec lequel l’organisation travaille depuis plus de trente ans autour de l’éducation, de l’accès aux loisirs, de la santé et des activités génératrices de revenus.
Plusieurs activités sont prévues, avec notamment une marche verte, des ateliers de recyclage et la visite d’un parc naturel où les jeunes pourront observer des lémuriens et échanger autour de la protection de cette espèce endémique de Madagascar. Ils participeront également à des activités plus classiques, comme des randonnées ou de la pirogue. Des temps consacrés aux échanges entre les différentes délégations sont aussi prévus.
Des enjeux communs au cœur des échanges
Plusieurs thématiques seront abordées pendant le Village, avec une place particulière accordée à la protection de l’environnement. C’est d’ailleurs le groupe de jeunes « Copain du Monde » de Madagascar qui a choisi ce sujet. Ils ont souhaité travailler sur une question qui les concerne directement. Car, à Madagascar, la déforestation, la culture sur brûlis ou encore la production de charbon de bois font partie des enjeux auxquels ils sont confrontés.

À Mayotte, La Réunion et en Hexagone, l’environnement fait aussi partie des sujets qui concernent directement les jeunes. L’idée est donc de partir de cette préoccupation commune pour partager les expériences et confronter les réalités des différents territoires. « Je pense qu’avec ce qu’on traverse, il y’a de plus en plus de cyclones, Mayotte est touchée, Madagascar aussi et même La Réunion donc on doit travailler ensemble ».
Au-delà de l’environnement, la solidarité internationale occupera également une place importante pendant le séjour. Pour Alexis Werestchack, il est essentiel de rappeler que cette question ne concerne pas uniquement les grandes associations ou encore les gouvernements. « Il n’y a pas besoin d’être un spécialiste. Tout le monde peut apporter quelque chose, on a tous des compétences », estime-t-il.
Une dynamique qui doit continuer à Mayotte
L’initiative ne doit d’ailleurs pas s’arrêter au séjour de Madagascar. Une autre édition du Village « Copain du Monde » est prévue à Mayotte, autour de la fin du mois d’octobre. Cette fois-ci, l’association Horizon sera à la manœuvre, avec le soutien du Secours populaire français.
Des jeunes de Madagascar, de La Réunion et de France seront à nouveau invités. Mais le fonctionnement sera différent : les participants, âgés de 12 à 17 ans, auront pour mission de construire eux-mêmes un projet de solidarité pendant les dix jours de la rencontre. Ils préparent déjà cette expérience avec des échanges en visioconférence. Une fois sur place, ils disposeront d’un petit budget et devront décider ensemble de la thématique et du projet qu’ils souhaitent mettre en place.
« C’est vraiment important que ça soit les jeunes qui portent les choses, parce que dans quelques années ça va être eux les décideurs, ils sont les futurs adultes. Et aussi parce qu’ils ont des idées nouvelles, différentes de nous », explique Alexis Werestchack.
À plus long terme, les associations espèrent que ces rencontres pourront se multiplier et devenir un rendez-vous régulier dans l’océan Indien. Les Comores pourraient notamment rejoindre cette dynamique dans les prochaines années. Pour les organisateurs, l’idée est de permettre à toujours plus de jeunes de se rencontrer, de partager leurs expériences et de construire ensemble des projets qui dépassent les frontières de leurs territoires.
Shanyce MATHIAS ALI.


