Réunis ce jeudi avec certains maires des 17 communes de l'île, les élus et les services de l'Assemblée de Mayotte ont présenté les dispositifs sociaux existants afin de renforcer le travail entre les collectivités et d'améliorer l'accompagnement des habitants.

L’Assemblée de Mayotte et les communes veulent mieux coordonner leurs actions sociales

Réunis ce jeudi avec certains maires des 17 communes de l'île, les élus et les services de l'Assemblée de Mayotte ont présenté les dispositifs sociaux existants afin de renforcer le travail entre les collectivités et d'améliorer l'accompagnement des habitants.

Comment mieux accompagner les Mahorais face aux difficultés sociales, au vieillissement de la population, au handicap ou encore aux questions de santé ? C’est autour de ces enjeux que s’est tenue une rencontre entre l’Assemblée de Mayotte, les maires, les Centres communaux d’action sociale (CCAS), la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et plusieurs acteurs du secteur social.

Pour Madi Moussa Velou, 7e Vice-président de l’Assemblée de Mayotte chargé des Solidarités, de l’Action sociale et de la Santé, cette rencontre répond à un constat. Selon lui, une partie des actions portées par l’Assemblée reste encore mal connue des élus communaux, alors même qu’elles peuvent être mobilisées au profit des habitants.

« Il était primordial pour nous de passer un peu de temps avec les nouveaux élus pour leur présenter toutes nos actions sociales, santé et solidarité. Derrière ces actions, il y a aussi des financements. L’objectif est de mieux travailler ensemble dans les mois et les années à venir », explique-t-il.

Une convention renouvelée 

La réunion était présidée par Madi Moussa Velou, 7e Vice-président de l’Assemblée de Mayotte chargé des Solidarités, de l’Action sociale et de la Santé.

Cette rencontre a également été marquée par le renouvellement de la convention réunissant l’Assemblée de Mayotte, les communes, leurs CCAS, et la MDPH. Ce partenariat, mis en place il y a trois ans, prévoit notamment un soutien financier annuel de 68.000 euros pour chaque CCAS, en dehors des appels à projets. Madi Moussa Velou estime que cette convention permettra aux communes de mieux mobiliser les dispositifs existants et d’être davantage accompagnées dans leurs actions de proximité.

La MDPH a, de son côté, présenté sa stratégie d’« aller-vers » destinée à toucher les personnes qui rencontrent des difficultés pour se déplacer jusqu’à ses services. Cette démarche passe par des antennes de proximité, déjà ouvertes à Dembéni et bientôt en Petite-Terre, des permanences dans plusieurs communes, la participation à des forums locaux ainsi que des bus itinérants qui sillonnent le nord de l’île chaque mardi et le sud chaque jeudi.

L’objectif est de lutter contre le non-recours aux droits, d’aider les usagers à constituer des dossiers complets et de faciliter leur orientation. Aujourd’hui, la structure suit 10.802 bénéficiaires et vise 25.000 personnes accompagnées d’ici l’année prochaine.

Un meilleur suivi des dossiers 

Au-delà des présentations, les échanges ont aussi permis aux représentants des communes de faire remonter leurs difficultés. Directeur du CCAS de Bouéni, Ibn Dayel retient surtout l’intérêt d’avoir désormais des interlocuteurs clairement identifiés au sein des services départementaux. « Maintenant, on a les coordonnées de l’ensemble des services avec qui on va travailler. Ça va nous permettre d’être réellement en contact avec eux et de défendre nos dossiers directement auprès des personnes concernées », indique-t-il.

Selon lui, le principal frein reste le suivi des dossiers. Les centres accompagnent les habitants dans leurs démarches administratives, mais ne sont pas chargés de leur instruction. Une fois les dossiers transmis, ils peinent souvent à obtenir des informations sur leur avancement, alors que les administrés continuent de les solliciter.

Hanima « Roukia Lahadji » Ibrahima, maire de Chirongui.

Même constat du côté d’Hanima « Roukia Lahadji » Ibrahima, maire de Chirongui, qui estime que cette journée lui a permis de découvrir plusieurs dispositifs dont elle n’avait pas connaissance. « Je sors vraiment enrichie, mais surtout avec une force d’action avec mes équipes pour pouvoir porter des projets au profit de nos populations en situation de handicap, de vieillesse, mais aussi de précarité », se réjouit-t-elle.

Autre sujet largement abordé pendant les échanges : les délais de traitement des dossiers. Si les communes reconnaissent des progrès, elles estiment que les habitants attendent encore trop longtemps avant d’obtenir une réponse. Roukia Lahadji rappelle toutefois que la situation s’améliore.

« La MDPH a reconnu que nous étions à 24 mois auparavant. Nous sommes aujourd’hui à cinq mois. Nous ne sommes pas encore au délai national de quatre mois, mais nous nous en rapprochons. Nous devons tous réduire nos délais, le Département comme les communes, parce que c’est aussi une question de confiance envers le service public », affirme-t-elle.

Un premier chantier : rompre l’isolement

La maire de Chirongui souhaite également développer des projets pour lutter contre l’isolement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap dans sa commune. L’élue évoque notamment le projet des petites unités de vie, qu’elle considère comme une réponse concrète pour les personnes âgées ou en situation d’handicap isolées. Elle insiste également sur la nécessité de renforcer les moyens humains des collectivités afin de mieux répondre aux différents appels à projets et dispositifs existants.

« Nous devons nous renforcer en ingénierie au niveau de nos villes et en particulier nos CCAS pour que nous puissions répondre aux appels à projets. Nous devons vraiment être des couteaux suisses, pour cela, il faut de la polyvalence », conclut-elle.

Shanyce MATHIAS ALI.

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