Suite à une montée des violences sur le territoire, mercredi 14 février, une cellule d’écoute psychologique a été activée par le Centre Hospitalier de Mayotte (CHM). Depuis, les appels n'ont fait que pleuvoir, contraignant de limiter, dans un premier temps, la cellule d'écoute, à un certain public, à commencer par le personnel hospitalier et libéral. 

Succès de la cellule d’écoute psychologique : les soignants ont aussi besoin d’être écoutés

Suite à une montée des violences sur le territoire, mercredi 14 février, une cellule d’écoute psychologique a été activée par le Centre Hospitalier de Mayotte (CHM). Depuis, les appels n'ont fait que pleuvoir, contraignant de limiter, dans un premier temps, la cellule d'écoute, à un certain public, à commencer par le personnel hospitalier et libéral. 

A l’instar de ce qui avait été mis en place en 2018 lors de la crise sismique, l’objectif annoncé par la Direction du CHM était permettre à toute personne, dans le contexte actuel, particulièrement anxiogène, de pouvoir s’exprimer et de bénéficier d’une écoute psychologique, disponible, 7j/7, de 8h à 20h, en français, shimaoré et kibushi, à ce numéro 02.69.66.58.25. 

Cependant, depuis 24h, la cellule d’écoute a reçu un nombre considérable d’appels, contraignant le CHM de réserver, dans un premier temps, cette ligne d’appels aux personnels hospitaliers et libéraux.

En effet, il n’est pas étonnant qu’en raison d’une actualité particulièrement complexe et violente ces dernières semaines, que de nombreuses personnes aient souhaité s’exprimer et bénéficier d’un soutien psychologique. 

Mais il était également prévisible que les personnels hospitaliers et libéraux soient les premiers concernés par ce besoin d’écoute et de soutien psychologique dans ce contexte.

Les soignants, rappelons-le, ont pris de plein fouet la crise sécuritaire, où les véhicules de secours avaient été caillassés, où les professionnels de santé avaient été agressés à de trop nombreuses reprises, rendant impossible certaines interventions, ou lors de la crise sociale, où trop souvent encore, les personnels hospitaliers et libéraux ont été obligés d’insister à chaque barrage pour aller travailler ou rejoindre leur domicile, la plupart du temps en vain. « C’est invivable » déplorait une soignante, deux semaines plus tôt. 

A propos de la cellule d’écoute psychologique, un soignant nous a confié : « On peut écouter les gens mais à un moment, on a nous-même besoin d’être écoutés. » Et on ne peut que le comprendre et l’écrire…

Mathilde Hangard

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