Dans l’amphithéâtre du lycée des Lumières, ce mercredi 3 juin en début d’après-midi, les noms s’enchaînent et les applaudissements aussi. Sur le podium, les médailles remises autour du cou et les diplômes viennent récompenser des heures de travail, de recherche, de démonstration, d’échecs et surtout de rebondissements.
Cette année, les Olympiades nationales de mathématiques ont mobilisé 426 lycéens mahorais. Un chiffre record qui raconte à quel point les sciences occupent une place croissante dans les établissements et combien l’investissement des enseignants qui les accompagnent est tout aussi endurant.
Plus de 60 % de filles parmi les participants

Premier constat lors de cette cérémonie pour l’édition 2026 : la forte présence de filles. Sur l’ensemble des candidats ayant effectivement participé aux épreuves, 261 étaient des filles, soit 61,3 % des effectifs. Dans une discipline encore largement masculine dans de nombreuses filières d’enseignement supérieur, cette proportion retient l’attention et traduit une évolution progressive des représentations autour des sciences et des mathématiques dans les lycées mahorais.
L’ensemble des établissements de l’académie a participé à cette édition. Parmi les candidats, 284 suivaient la « spécialité mathématiques » en voie générale tandis que 142 étaient inscrits en voie générale sans spécialité mathématiques ou dans la voie technologique. Organisées le 18 mars dernier, les Olympiades reposaient sur un double format : une épreuve collective de deux heures réalisée par équipes mixtes, puis une épreuve individuelle nationale. Un format créé pour encourager à la fois le travail d’équipe, mais aussi la capacité à résoudre seul des problèmes complexes.
Les lycées des Lumières et de Dembéni en tête des classements
Les résultats reflètent la diversité des profils et des établissements engagés dans la compétition. Dans la catégorie « spécialité mathématiques », le lycée des Lumières décroche la médaille d’or académique lors de l’épreuve par équipes. Le LPO de Sada complète le podium avec les médailles d’argent et de bronze.
Dans la catégorie regroupant les élèves de voie générale sans spécialité mathématiques et ceux de la voie technologique, le LPO de Dembéni domine le classement avec la médaille d’or et la médaille de bronze. Le lycée des Lumières obtient la deuxième place.
Et les performances individuelles des élèves confirment cette répartition sur l’île. Dans le domaine des mathématiques, Housmane Abassi, élève du lycée de Kawéni, obtient la première place académique devant Margault Landre de la Saugerie, du lycée des Lumières, et Florence Andriananjara, également scolarisée à Kawéni. Dans la catégorie voie générale et technologique, Farhiyat Plaideau, du LPO de Dembéni, arrive en tête du classement. Toiouiya Moussa Djoumbe décroche l’argent tandis qu’Ankilati Bacar et Asna Abdallah se partagent la troisième place.
Une cérémonie élargie aux géosciences et à la biologie

La remise des prix marque également une évolution dans la manière dont l’académie valorise les disciplines scientifiques. Pour la première fois, les lauréats des Olympiades de mathématiques ont été réunis avec les élèves distingués en géosciences et dans les concours de biologie. Une façon d’inscrire les mathématiques dans un ensemble plus large et de mettre en avant la diversité des parcours scientifiques.
L’académie a également choisi de récompenser la persévérance de certains élèves, en dehors de résultats mais pour leur endurance scolaire. Des élèves issus des lycées Tani Malandi, du Nord, Younoussa Bamana, de Sada, de Dembéni, de Bandrélé, Gustave-Eiffel de Kahani et de Petite-Terre ont reçu une distinction spécifique, signe que la compétition ne récompense pas seulement les meilleurs résultats mais aussi l’engagement dans la durée.
Au moment où les filières scientifiques cherchent à attirer davantage de jeunes talents, ces chiffres offrent un indicateur encourageant. Les sciences semblent gagner du terrain dans les lycées de l’île, mais surtout les filles les dominent.
Victor Diwisch


