À Mayotte, la fin du Ramadan ne se résume pas à une date sur le calendrier, elle se prépare dans les maisons, dans les magasins et surtout dans les foires qui se remplissent à mesure que le jour approche, entre achats de dernière minute et organisation des repas.
Dans de nombreux foyers, les journées sont désormais rythmées par le ménage, la préparation de pâtisseries et parfois même quelques travaux pour remettre les intérieurs à neuf, parce que la fête de l’Aïd est associée à l’idée de renouveau, avec des maisons propres, des pièces réorganisées ainsi qu’une envie de marquer le passage à cette fête importante.
Des maisons prêtes pour marquer le renouveau
Les achats occupent aussi une place centrale dans ces derniers jours et pour beaucoup, impossible de faire l’impasse sur de nouveaux vêtements ou du linge de maison, que ce soit des draps, des rideaux ou encore des nappes, chacun cherchent à être prêt pour accueillir la famille et les invités dans les meilleures conditions. Les foires du Ramadan deviennent alors des lieux incontournables, où l’on vient autant pour acheter que pour comparer les prix ou simplement voir ce qui est proposé.

Comme chaque année, ces marchés s’installent un peu partout dans les communes avec des stands remplis de vêtements, de bijoux, de produits cosmétiques, ou encore de tissus dans une ambiance à la fois animée et parfois un peu tendue à l’approche du jour J. Sur l’île la plus connue reste celle de « Majicavo Dubai » attirant des habitants venus de différents secteurs.
En Petite-Terre, la foire de l’Aïd de la mairie de Labattoir accueille aussi beaucoup de visiteurs. Sur place, les allées ne désemplissent pas, et beaucoup en profitent pour venir en famille, se promener et finaliser leurs achats. « J’ai pris des congés, car il reste que deux jours à peu près avant l’Aïd, il faut encore que je fasse mes samoussas ce soir. Je suis venue à la foire pour voir si je pouvais trouver une nappe pour ma table », explique Hassanat habitante de Labattoir.
Des journées longues pour les commerçants

Du côté des commerçants, cette période est aussi très attendue, même si elle demande beaucoup d’énergie et de longues journées de travail. Certaines vendeuses arrivent dès le début de la matinée et restent jusqu’à minuit. La veille de la fête, les horaires s’allongent encore avec des stands ouverts jusqu’à 1 heure, voire 2 heures du matin, pour faire face aux nombreux clients qui viennent acheter à la dernière minute. « C’est vraiment une période très importante pour nous les commerçants. Depuis hier soir, on commence vraiment à avoir beaucoup de monde. Et jeudi soir, si on voit la lune, il y aura encore plus de gens pour les achats de dernière minute », raconte une vendeuse.
Pour d’autres, le contexte est un peu plus compliqué. « On essaye de s’en sortir, beaucoup de gens préfèrent commander depuis la France, mais on arrive quand même à avoir un certain public », confie, une Mahoraise, commerçante depuis plus de 6 ans.
Se faire plaisir pour la fête
Malgré tout, les visiteurs continuent de se déplacer, parfois avec l’envie de se faire plaisir sans compter. « Il y en a qui disent que la foire c’est devenu cher, mais moi je me dis que l’Aïd c’est notre fête, c’est le moment où on doit vraiment mettre le paquet. Pour la fête, je dépense sans compter parce que je dois me faire plaisir et faire plaisir à mon entourage », explique une habitante de la commune.

Au-delà des achats, les cuisines s’activent aussi dans les foyers, avec la préparation des pâtisseries qui seront servies après la prière de l’Aïd, lorsque les proches viendront échanger les vœux et partager un moment ensemble. Les samoussas, incontournables sur les tables, font partie des préparations qui demandent du temps, ce qui pousse certains à s’y prendre en avance, d’autant plus que des ruptures de stock peuvent parfois compliquer les choses, notamment pour des produits comme la farine, les œufs ou encore les feuilles utilisées pour le pliage.
Sous la chaleur et malgré la fatigue liée au jeûne, l’ambiance reste bien présente dans les foires de l’île, où les allées continuent de se remplir à mesure que la fin du Ramadan approche. En effet, chacun essaye de boucler ses préparatifs à temps, dans une atmosphère d’excitation et d’attente de cette fête très importante pour la communauté musulmane mahoraise.


