Les autorités de l’archipel ont annoncé une mesure visant à interdire le port et l’usage du téléphone portable par les élèves en milieu scolaire. La porte-parole du Gouvernement, Fatima Ahamada, a fait part d’une proposition soumise au conseil des ministres qui a eu lieu le mercredi 18 février.
Une implication de tous les acteurs
« Le ministre de l’Éducation a soumis au Conseil un projet d’interdiction du port et de l’utilisation des téléphones portables par les élèves dans les établissements scolaires. Cette initiative fait suite à plusieurs constats relevés sur le terrain, mettant en lumière des dérives préoccupantes, en décalage avec nos valeurs sociales et culturelles », a-t-elle souligné, citée par le site d’informations de Beit-salam. « Le Conseil n’a pas exprimé d’objection. Toutefois, il a été clairement indiqué que la réussite d’une telle mesure repose d’abord sur l’implication des chefs d’établissement et des parents d’élèves. La protection et l’encadrement de la jeunesse sont une responsabilité partagée », a-t-elle encore ajouté.

Contacté ce dimanche 22 février, le ministre de l’Education nationale, Bacar Mvoulana, dit travailler avec ses services techniques suite aux instructions émises par le chef de l’Etat, Azali Assoumani, qui a recommandé « de larges consultations avec les acteurs pour une meilleure compréhension et une meilleure appropriation de la mesures ». Le ministre affirme que le pays n’aura pas besoin d’un texte de loi, soulignant « qu’une loi sur l’orientation de l’Education nationale » est déjà en vigueur et prévoit des mesures d’encadrement qui peuvent être prises pour garantir « un environnement éducatif sain ». Il parle ainsi « d’un arrêté ministériel » en cours de rédaction en collaboration avec « les directeurs des établissements d’enseignement, les associations des parents d’élèves, la coordination des écoles privées et les syndicats des élèves et des étudiants ».
Le ministre est revenu sur « les raisons » ayant motivé cette mesure. Il s’agit, selon lui, de garantir « une meilleure concentration et réussite scolaire » et « une réduction des distractions et tricheries » mais surtout assurer « une protection contre les contenus inappropriés, la prévention du harcèlement et de la dépendance numérique, une promotion des interactions sociales réelles et du respect de l’amélioration d’un environnement éducatif sain ».
185.297 élèves en 2025
Le pays connait une multiplication des cas de fraudes par « des moyens numériques » par des candidats lors des sessions d’examens. Mais, au ministère de l’Education nationale, ce sont les contenus jugés « inappropriés » qui ont alarmé les autorités éducatives qui ne souhaitent pas que l’école devienne une oasis de perversion silencieuse de la jeunesse à cause du téléphone portable.
L’archipel connait une évolution spectaculaire des effectifs des élèves ces 20 dernières années, passant « de 127.692 en l’an 2000 à 185.297 en 2025 », selon des statistiques fournies par la Direction générale de la planification, des études et des projets du ministère de l’Education nationale. Plus de 60% des élèves comoriens poursuivent leur scolarité dans le privé. Le pays enregistre chaque année un taux d’échec au baccalauréat de près de 70%. Reste à savoir si l’interdiction du téléphone portable à l’école aura un impact sur les performances scolaires des élèves et la courbe des taux de réussite aux examens.
A.S.Kemba


