Yaël Braun-Pivet : Micro-tendu à l’issue de la première journée de visite

A l’issue de sa réunion avec les parents d’élèves à la MJC de M’gombani, Yaël Braun-Pivet a accepté de répondre à quelques questions plus globales sur les objectifs de sa visite dans le 101ème département.

Le JDM : C’est votre 2ème visite à Mayotte. Avez-vous pu constater des améliorations depuis la première ?

Yaël Braun-Pivet : Effectivement j’étais déjà venue à Mayotte en 2018 en tant que Présidente de la Commission des lois. Là, je viens d’arriver, donc difficile de dire si des choses ont évolué dans le bon ou le mauvais sens, je pourrai vous le dire dans 3 jours quand j’aurais fait l’ensemble de mes visites. Ce que je sais, c’est que la tension à Mayotte n’a pas décru, que certaines choses n’ont pas avancé. En 2018, on parlait déjà de la piste longue et je pense que le désenclavement de Mayotte est un axe extrêmement important. Or, on a peu avancé sur le sujet. En revanche, on a davantage avancé sur le port de Longoni. Je suis consciente qu’il y a encore beaucoup à faire, notamment sur les infrastructures routières. Le peu que j’en ai vu démontre que cela n’a pas beaucoup avancé. En revanche, en termes de législation, notamment sur la question du contrôle des naissances et la capacité à être régularisé lorsqu’on nait sur le territoire de Mayotte, il y a eu des évolutions. En 2018, nous avons adopté l’amendement du sénateur Thani qui prévoyait un séjour régulier d’au moins 3 mois d’un des deux parents sur le territoire de Mayotte pour pouvoir régulariser un enfant né sur le sol mahorais. Dans la loi immigration, nous avons rallongé ce délai qui est désormais passé à un an (…) C’est l’une des améliorations. Par ailleurs, depuis 2018, des établissements scolaires ont été construits. Des moyens sont mis, mais on voit bien que ça reste, et sera peut-être toujours insuffisant. Les problématiques de Mayotte sont globales et c’est ainsi que nous devons les appréhender.

Le JDM : Justement, votre visite contribuera-t-elle à mieux faire remonter les problématiques de Mayotte auprès du gouvernement ?

Y.B.P : Après ce déplacement, j’aurais évidemment des entretiens avec le ministre des Outre-mer et le Chef du Gouvernement pour expliquer, relater et suggérer. Il s’agit de prendre conscience des réalités, mais aussi d’esquisser des pistes de solution. Les élus en local ont des idées, le Conseil départemental a à nouveau proposé des suggestions, le Siom qui a réuni le Ministère des Outre-mer et tous les sujets ultramarins à l’été a aussi des dispositions pour Mayotte. Maintenant, il faut que tout cela puisse converger et qu’en accord avec le gouvernement, le parlement et les élus locaux, on arrive à adopter cette fameuse loi Mayotte qui nous permettra d’avoir des dispositifs législatifs qui correspondent aux besoins réels du territoire.

Le JDM : Qu’attendez-vous de l’entretien qui aura lieu demain ave les grands élus de Mayotte ?

Y.B.P : Ce dialogue avec les élus est indispensable et c’est l’une des raisons pour lesquelles je me déplace. Il est important de venir à leur rencontre sur leur territoire pour échanger. Nous pourrons discuter ensuite des dispositifs législatifs dont ils ont besoin, des dispositifs réglementaires, des investissements de l’Etat dont ils estiment devoir être rétributaires. Au-delà de cela, le dialogue est toujours libre, c’est donc aussi à eux de poser les sujets.

Propos recueillis par Nora Godeau

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