Les réponses aux mobilisations sociales dans les Outre-mer passent désormais par plusieurs dossiers économiques et sociaux. Dans un communiqué publié le 23 octobre, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, revient sur les mesures envisagées pour lutter contre la vie chère, améliorer l’accès à l’eau, soutenir les entreprises et répondre aux difficultés des établissements scolaires. L’exécutif affiche sa volonté d’accélérer les chantiers en cours. Cependant, Naïma Moutchou, le reconnaît elle-même, les habitants attendent désormais des avancées concrètes.
Des mobilisations sur fond de difficultés persistantes

La vie chère, les difficultés d’accès à l’eau, les prix des carburants ou encore l’état des infrastructures scolaires figurent parmi les sujets abordés par le Gouvernement dans son communiqué consacré aux mobilisations dans les Outre-mer. Autant de questions qui renvoient à des préoccupations économiques et sociales concrètes pour les habitants. Le communiqué présente les réponses que l’État entend apporter à ces enjeux. Naïma Moutchou insiste sur la nécessité de tenir compte des « particularités » de chaque territoire et de poursuivre les échanges avec les élus locaux et les parlementaires.
Le communiqué évoque également les dégradations survenues dans le contexte des mobilisations sociales, notamment celles du 17 octobre 2026, ainsi que les dispositifs prévus pour accompagner les entreprises touchées. L’État annonce des mesures relatives à l’activité partielle, aux cotisations sociales et aux échéances fiscales, mais aussi des aides d’urgence et des prêts à taux zéro pouvant atteindre 50.000 euros. Selon le ministère, ces dispositifs doivent faciliter la reprise d’activité des professionnels concernés et contribuer à préserver les emplois.
Les établissements scolaires figurent également parmi les dossiers suivis. À La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, le ministère indique travailler avec les collectivités et les services concernés afin d’identifier les interventions urgentes, les besoins de rénovation et les obstacles à lever. À Mayotte, où l’État est directement responsable des constructions scolaires, un suivi des projets est organisé commune par commune.
Vie chère, eau, carburants… Plusieurs dossiers sur la table

La lutte contre la vie chère occupe une place importante dans les mesures présentées. Le ministère indique que des échanges avaient été engagés avec les parlementaires ultramarins dès le mois de septembre dernier, avant les dernières mobilisations.
Les discussions portent notamment sur un texte déjà adopté par le Sénat, qui doit être examiné à l’Assemblée nationale, ainsi que sur d’éventuelles mesures complémentaires. Parmi les sujets évoqués figurent les prix des produits de consommation courante, les billets d’avion, les tarifs bancaires, les frais d’approche, la transparence des marchés et la concurrence. L’objectif affiché est d’agir sur les mécanismes qui contribuent aux écarts de prix avec l’Hexagone. En revanche, le communiqué ne précise ni les effets attendus de ces dispositions sur le budget des ménages, ni le calendrier détaillé de leur mise en œuvre.
Sur les carburants, le Gouvernement annonce que les territoires ultramarins doivent pouvoir bénéficier, à compter du 1er novembre prochain, de l’effort national de baisse des prix du gazole à la pompe, grâce à la mobilisation des stocks stratégiques. Le ministère souligne néanmoins la nécessité de tenir compte des particularités des circuits d’approvisionnement et des mécanismes locaux de fixation des prix.
L’accès à l’eau figure également parmi les dossiers mis en avant. En Guadeloupe, les travaux portent sur les défaillances des réseaux, les investissements nécessaires et le fonctionnement du service public de l’eau. À Mayotte, l’État poursuit son « Plan Eau ». Le document mentionne notamment le projet de nouvelle usine de dessalement d’Ironi Bé (malgré l’interruption du chantier), le renforcement des capacités de stockage et de production d’eau, ainsi que la rénovation du réseau existant. Le communiqué fait également état du déploiement de cuves dans les établissements scolaires, de la préparation de l’équipement de 13.000 foyers vulnérables et de la mobilisation de jeunes du régiment du service militaire adapté (RSMA) pour rechercher et réparer les fuites.
En Guyane, l’accent est mis sur l’accès à une eau potable sûre et régulière dans les communes isolées. Le ministère prévoit de poursuivre l’accompagnement des collectivités pour développer des équipements adaptés aux contraintes du territoire.
Des engagements dont la mise en œuvre reste à suivre

Pour coordonner ces différents chantiers, Naïma Moutchou annonce la poursuite des échanges avec les élus locaux, les parlementaires et les services de l’État. Ces discussions doivent permettre de préciser les actions à engager et leur calendrier. La ministre entend également éviter que la réponse gouvernementale se limite à une succession d’annonces. « Je ne veux pas répondre aux difficultés par une accumulation d’annonces », déclare-t-elle, en ajoutant que « les Ultramarins attendent des résultats et ils ont raison ».
Sur les lycées, les prix, l’eau et les carburants, l’enjeu est désormais de déterminer les moyens nécessaires, les échéances et les effets attendus pour les populations concernées, car sur certains volets, comme la crise de l’eau, la situation continue de se dégrader. Les annonces devront donc se traduire concrètement pour répondre à l’urgence. Naïma Moutchou le reconnaît elle-même, « c’est sur les résultats que notre action devra être jugée ».
Mathilde Hangard


