Près de deux ans après le passage du cyclone Chido, le marché du travail mahorais reste confronté à un défi de taille, celui de faire correspondre les compétences disponibles aux besoins du territoire. Vendredi 23 octobre 2026, au lycée des Lumières, à Kawéni, la deuxième édition du Salon Mayotte Recrute a réuni des employeurs, des institutions et des organismes de formation autour de cette problématique.
Plus de 40 exposants ont participé à ce rendez-vous organisé sur deux jours par l’association « Mayotte Recrute », présidée par Namoure Zidini. Selon les organisateurs, près 1.050 personnes s’étaient préinscrites, contre 34 exposants lors de la première édition, organisée avant le cyclone Chido.
Au-delà des secteurs, identifier les métiers qui recrutent

Du bâtiment et des travaux publics (BTP) à la santé, en passant par le social, la formation et l’énergie, plusieurs domaines d’activité sont représentés. Mais pour les organisateurs, l’enjeu ne consiste pas seulement à présenter les secteurs qui embauchent, mais à préciser les professions pour lesquelles les besoins sont les plus importants.
« Ce sont les métiers qui sont demandeurs à Mayotte, et non uniquement les secteurs », avait expliqué Namoure Zidini en présentant la démarche de l’association. Dans la santé, par exemple, les perspectives peuvent varier considérablement d’un poste à l’autre. Les besoins en sages-femmes et en infirmières ne signifient pas nécessairement que les candidats à des fonctions de brancardier, de secrétaire médicale ou d’aide-soignant trouveront aussi facilement un emploi.
Le Salon entend ainsi aider les visiteurs à mieux cerner les réalités du marché du travail et à construire leur orientation en connaissance de cause. La démarche s’adresse notamment aux jeunes encore hésitants sur leur avenir professionnel, mais aussi aux demandeurs d’emploi et aux personnes en reconversion professionnelle.
Nassim, 19 ans, est en BTS mais n’a pas encore arrêté son choix. « Je suis en BTS, mais je ne sais pas ce que je veux faire, pourquoi pas dans le tourisme ou la formation ou le sport, je ne sais pas trop », confie-t-il. Ancienne salariée dans le secteur des assurances, une femme d’une quarantaine d’années souhaite aujourd’hui se tourner vers un métier plus tourné vers les autres. « J’aimerais bien trouver une formation dans le social ou la santé, un métier plus humain », explique-t-elle à propos d’une idée qui lui trotte dans la tête depuis plusieurs mois.
Des rencontres directes avec les employeurs

Comme elle, certains visiteurs sont venus au Salon pour découvrir de nouvelles possibilités, s’informer sur les formations et échanger directement avec des professionnels afin de trouver leur voie. Dix conférences étaient organisées sur les deux journées, vendredi 23 et samedi 24 octobre. Le programme comprenait également, deux « job datings », conçus pour faciliter les premiers échanges entre candidats et entreprises.
Vendredi après-midi, un format sans CV a été organisé pour permettre aux participants de se présenter autrement que par leur parcours écrit. « Parfois c’est dur de mettre dans le CV tout ce qu’on veut, ou ce qu’on a fait, et c’est dur de se différencié des autres, du coup là on peut dire un peu qui on est, ce qu’on aime, ce qu’on sait faire », confie une jeune femme de 20 ans en recherche d’emploi.
La reconstruction, un défi qui dépasse uniquement le secteur du BTP

Le thème « Mayotte Recrute pour sa reconstruction » fait également sensiblement écho aux besoins du territoire depuis le passage du cyclone Chido. Si le BTP joue un rôle important dans la remise en état des infrastructures, le président de l’association Mayotte Recrute insiste aussi sur la nécessité de former des jeunes dans différents domaines, en fonction des besoins de l’île. L’objectif est de préparer l’avenir et de réduire la dépendance aux compétences venues de l’extérieur, comme dans le secteur de la santé, le social, la l’éducation, l’environnement ou encore l’énergie.
Le Salon entend ainsi rapprocher les candidats des entreprises, en leur permettant de découvrir des offres d’emploi, mais aussi des formations adaptées aux métiers recherchés. Les échanges peuvent également se poursuivre en ligne, sur la plateforme salon.mayotterecrute.fr, où les candidats peuvent consulter les offres et prendre directement contact avec les recruteurs.
Mathilde Hangard


