À l’occasion des Journées européennes de l’archéologie, des élèves du collège Bouéni M’titi découvrent depuis mercredi 10 juin les coulisses de cette discipline et transmettent à leur tour ce qu’ils ont appris autour du patrimoine et de l’histoire de Mayotte.

L’archéologie comme porte d’entrée vers l’histoire de Mayotte pour les collégiens

À l’occasion des Journées européennes de l’archéologie, des élèves du collège Bouéni M’titi découvrent depuis mercredi 10 juin les coulisses de cette discipline et transmettent à leur tour ce qu’ils ont appris autour du patrimoine et de l’histoire de Mayotte.

Cette fois, ce ne sont pas des archéologues ou des médiateurs qui expliquent l’histoire : ce sont des élèves qui prennent la parole devant leurs camarades. Pendant plusieurs jours, des collégiens formés par le Musée de Mayotte (MuMa) ont appris à présenter des ateliers autour de l’archéologie, une manière pour eux de découvrir un métier mais aussi de mieux comprendre l’histoire du territoire où ils vivent.

Des élèves au cœur de la transmission

Les élèves se sont servis de différents objets anciens pour retracer l’histoire des civilisations de l’île. Léo Vignal / JDM.

Pour Urchelin Onhima, professeur d’histoire-géographie au collège Bouéni M’Titi, l’objectif de cette initiative est avant tout de faire découvrir aux jeunes une autre façon de regarder l’histoire, ainsi que de nouveaux métiers. « L’idée, c’est de présenter le métier de l’archéologie aux élèves, et aussi de leur montrer qu’il existe aussi d’autres perspectives pour les études supérieures », explique-t-il.

Mais derrière cette découverte professionnelle, il y’a également une volonté de transmettre une histoire locale. Les ateliers s’appuient sur des éléments liés aux recherches menées à Mayotte, comme l’étude des céramiques, les techniques d’identification des objets ou encore les méthodes utilisées lors des fouilles.

« L’histoire est une longue rédaction et dans cette longue rédaction il y a plusieurs disciplines qui s’ajoutent, dont l’archéologie », souligne l’enseignant. Faire participer les élèves permet donc de leur montrer que le passé ne se trouve pas uniquement dans les livres : il existe aussi dans les traces laissées par les populations qui ont vécu avant eux.

Le musée entre transmission et contraintes

Nathalie Vlody, chargée du développement des publics et de l’animation du patrimoine culturel immatériel au Musée de Mayotte, insiste sur l’importance de ce travail auprès des jeunes. « Nous sommes dans la transmission et nous avons fait un choix assumé de viser  les publics scolaires, parce que demain ce sont eux qui vont transmettre. Ce sont eux plus tard qui vont s’occuper du MuMa ».

Le Musée de Mayotte est fermé depuis 2020 pour travaux. Shanyce Mathias / JDM.

Elle replace aussi ce travail dans un contexte particulier pour l’établissement. Le MuMa ne peut pas accueillir le public dans ses espaces habituels depuis quelques années, ce qui oblige les équipes à adapter leurs actions. L’objectif affiché reste néanmoins une réouverture à l’horizon 2028, en attendant les équipes continuent de maintenir une présence sur le terrain.

En effet, dans cette période, le musée ne s’arrête pas pour autant. Des actions sont toujours menées auprès des plus jeunes, avec des interventions, des ateliers et des partenariats avec les établissements scolaires. L’idée est de continuer à faciliter l’accès à  l’histoire et au patrimoine de Mayotte malgré l’absence d’accueil dans les locaux traditionnels et le manque de ressources humaines.

« Si on ne partage pas notre histoire avec nos enfants, celle-ci va s’éteindre. Mayotte est une petite île, mais elle est très riche historiquement, avec plusieurs civilisations qui l’ont façonnée », rappelle Nathalie Vlody. Selon elle, il est essentiel de donner aux jeunes les clés pour comprendre d’où ils viennent et leur permettre de devenir à leur tour des acteurs de la transmission.

Des élèves qui découvrent leur propre histoire

Les jeunes ont montré de l’intérêt pour les différentes activités.

Les élèves qui participent au projet semblent eux aussi mesurer l’importance de cette découverte. Pour l’une d’entre eux, qui souhaite travailler plus tard dans un musée, cette expérience est une première approche du métier. « Cette formation d’une semaine avec l’archéologue était passionnante. Le fait d’avoir animé les ateliers c’est un peu un premier pas dans le métier de médiateur culturel de musée », confie-t-elle.

Un sentiment partagé par son camarade, qui dit avoir découvert une richesse historique qu’il ne connaissait pas, à travers les différents ateliers. « On ne savait même pas qu’il y avait un musée ici à Mayotte, ou qu’à Dzaoudzi il y avait des sites historiques », témoigne-t-il.

Pour ces collégiens, l’archéologie devient alors une porte d’entrée vers une meilleure connaissance de leur propre territoire. Plusieurs évoquent aussi l’envie de voir davantage l’histoire de Mayotte abordée à l’école et d’avoir un lieu permettant de mieux conserver et partager cette mémoire.

Une ouverture pour  le grand public à Dzaoudzi

En attendant, les Journées européennes de l’archéologie se poursuivent ce week-end avec une ouverture au grand public samedi et dimanche dans les jardins de la résidence des gouverneurs à Dzaoudzi. Les visiteurs pourront retrouver les ateliers animés par les élèves, accompagnés par les médiateurs du musée, ainsi qu’une conférence proposée par Maxime Moulin, régisseur au Musée de Mayotte, autour des méthodes de l’archéologie, des fouilles et de l’évolution des fortifications à travers le temps.

Shanyce MATHIAS ALI.

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