Fournir une occasion à la population de pratiquer les activités d’antan, c’est l’objectif d’un atelier proposé gratuitement sur une place de Miréréni par les Ceméa en partenariat avec la communauté de communes de Tsingoni. Enfants et parents bienvenus.
Dans le quartier populaire de Miréréni, une petite placette s’est transformée, le temps d’une matinée, en espace de transmission et de partage autour des traditions mahoraises. Une initiative pensée pour raviver des pratiques qui tendent à disparaître.
Une installation matinale au cœur du quartier

Amina Said, animatrice jeunesse de la commune de Tsingoni et ses collègues venus des Ceméa de Combani tous proches se sont levés de bonne heure ce matin du 8 avril pour investir une petite placette dans le quartier populaire de Miréréni.
Terrain de jeu délimité et matériel de dessin pour les enfants, natte disposée sous un chapiteau pour accueillir les adultes, un espace pour accueillir les familles est en place depuis 9 heures ce matin. « Nous avons l’habitude de proposer des ateliers gratuits de jeux pour enfants dans le secteur depuis un moment, explique Amina, mais ce matin, c’est une grande première, l’idée c’est d’inviter aussi les mamans accompagnatrices à retrouver des activités traditionnelles sur l’île qui sont malheureusement en train de se perdre ».
Le retour des gestes traditionnels : 100% made in Mayotte

Sur la grande natte, Faliza, pieds nus, transmet aux jeunes présents la science du tressage de feuilles de palmiers. Sous leurs doigts d’abord malhabiles puis de plus en plus experts naissent des objets du quotidien 100 % made in Mayotte : éventails, paniers, nattes et serre-têtes.
Un peu plus tard dans la matinée, à la remorque de leurs enfants qui se sont emparés des ballons, des feuilles et des crayons de couleur, un groupe de mères de famille retrouve des gestes déjà pratiqués dans leur jeunesse. L’une écrase du bois de santal avec un peu d’eau pour obtenir le masque traditionnel qui embellit les peaux noires. « On a remplacé le support en corail par une pierre car je crois que maintenant c’est interdit », précise l’animatrice.
Une transmission intergénérationnelle encouragée

Juste à côté, cinq ou six jeunes femmes décorent leurs mains et leurs bras à l’aide de la pâte de henné mise à leur disposition. « La dernière fois que j’ai fait ça, c’était dans un mariage », s’amuse l’une d’elles en shimaoré.
« Pour une première fois, je suis contente, se félicite Amina, d’autant qu’on n’avait pas fait tellement de publicité ». Elle compte sur le bouche-à-oreille et sur le choix d’une journée sans école pour la prochaine édition.
Philippe Miquel


