Depuis plusieurs jours, les habitants du bassin sud-ouest de l’océan Indien suivent avec attention l’évolution de Fytia. Cette tempête tropicale, qui s’est développée dans le canal du Mozambique, s’est intensifiée pour devenir un cyclone à l’approche des côtes malgaches dans la nuit de samedi à dimanche. Le système a déjà provoqué d’importantes inondations dans la région de Mahajanga, avant de traverser les terres malgaches, notamment à proximité de la capitale, et de poursuivre sa trajectoire vers le sud-est, en direction des Mascareignes et de La Réunion, où une influence reste envisagée en début de semaine.
Une reprise de l’activité cyclonique mi-février

À Mayotte, les dégâts sont restés limités lors du passage de Fytia, dans le sud loin des côtes. Les rafales ont toutefois atteint localement 60 à 70 km/h, provoquant l’arrachement de quelques tôles, empêchant les pêcheurs de prendre la mer et suscitant des craintes de crues de rivières. Au-delà de ses effets directs, Fytia illustre surtout des « conditions atmosphériques propices à la cyclogenèse sur le centre du canal du Mozambique et au nord des Mascareignes en cette fin de mois de janvier », souligne Floriane Ben Hassen, responsable de Météo-France Mayotte.
Météo-France rappelle que, selon la climatologie du bassin, les mois de janvier et février correspondent au cœur de la saison cyclonique, avec en moyenne plus de deux systèmes observés chaque mois. La saison 2025-2026 s’inscrit dans cette dynamique, après la persistance de Grant en début d’année, le passage du cyclone Dudzai en seconde décade de janvier, puis plus récemment l’impact de la tempête Ewetse sur le sud-ouest de Madagascar.
Dans ce contexte, Madagascar — en particulier sa côte ouest —, la moitié nord des côtes mozambicaines ainsi que les Grandes Mascareignes demeurent exposées à un risque accru d’influence, voire d’impact, d’un système dépressionnaire tropical au cours des deux prochaines semaines.
La première moitié du mois de février pourrait toutefois marquer une accalmie temporaire, jusqu’à la mi-février environ. Une reprise de l’activité cyclonique en seconde quinzaine est néanmoins suggérée par les prévisions actuelles, avec un niveau de confiance modéré et sans indications précises des zones les plus exposées, souligne Météo-France.
Mayotte : kashkazi moins établi et risque cyclonique atténué

À Mayotte, un changement progressif de régime météorologique est attendu en début de mois de février, avec un kashkazi moins établi et globalement moins perturbé. Le temps devrait être majoritairement ensoleillé jusqu’à la mi-février, ponctué de développements nuageux locaux en cours de journée. Ces nuages pourront occasionnellement générer de bons cumuls de pluie, mais de façon très localisée. Le risque orageux restera présent et fera l’objet d’un suivi dans les bulletins quotidiens. En fin de période, au début de la seconde quinzaine de février, la probabilité d’un retour d’un kashkazi légèrement plus actif est en hausse.
« Côté risque cyclonique, Mayotte devrait conserver un niveau de vigilance atténué sur la période », indique Météo-France. L’activité cyclonique envisagée devrait en effet se concentrer sur les parties centrales et sud du canal du Mozambique.
Fytia : un passage à « distance suffisante » de La Réunion

Concernant Fytia, le système a touché terre sur le nord-ouest de Madagascar en fin de nuit, à proximité du cap Amparafaka, près des localités de Maroalika et Soalala, non loin de Mahajanga. À son arrivée sur les terres, le cyclone était proche de son pic d’intensité, s’inscrivant parmi les phénomènes les plus puissants ayant affecté cette province depuis plusieurs décennies, comparable notamment au cyclone Belna en 2019, poursuit Météo France dans son bulletin d’activité cyclone quotidien.
En progressant à l’intérieur des terres malgaches, Fytia devrait s’affaiblir, avant de ressortir sur l’océan par la côte centre-est. Une trajectoire durablement orientée vers le sud-est reste privilégiée, avec une possible « ré intensification » au stade de forte tempête tropicale en mer. Le système pourrait alors circuler au large du sud-ouest des Mascareignes lundi, avant de s’éloigner progressivement vers le sud.
À La Réunion, une influence du système demeure probable jusqu’à mardi matin. Les scénarios actuels privilégient un passage à une distance suffisante pour que les conditions les plus dégradées restent en mer. Une influence modérée, notamment en termes de vent, de pluies et de houle, reste toutefois envisageable et continuera d’être affinée dans les prochains bulletins.


