En séance, à l’occasion des questions orales posées au Gouvernement, le sénateur Saïd Omar Oili a interpellé le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace sur les moyens humains déployés suite à l'émergence du volcan Fani Maoré en 2018.

Bientôt des scientifiques à Mayotte pour surveiller en temps réel Fani Maoré ?

En séance, à l’occasion des questions orales posées au Gouvernement, le sénateur Saïd Omar Oili a interpellé le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace sur les moyens humains déployés suite à l'émergence du volcan Fani Maoré en 2018.

Le sénateur a demandé au ministre Philippe Baptiste quels étaient les moyens humains engagés pour la recherche scientifique et la surveillance du volcan sous-marin, et plus particulièrement le nombre de postes, leurs missions et leurs affectations. Il l’a par ailleurs interrogé sur les investissements de surveillance en mer et en temps réel avec le projet MARMOR (Marine Advanced geophysical Research equipment and Mayotte multidisciplinary Observatory for research and Response)*.

Le sénateur a demandé au ministre Philippe Baptiste quels étaient les moyens humains engagés pour la recherche scientifique et la surveillance du volcan sous-marin. (capture d’écran séance Sénat)

En effet dans la loi du 11 août 2025 pour la refondation de Mayotte, l’État s’est engagé à soutenir les campagnes scientifiques ainsi que les outils de surveillance de Fani Maoré. « Nous souhaitons savoir quels moyens à Mayotte en personnels ? Nous demandons à avoir des gens sur place, à Mayotte, et que quand on a des questions à poser on puisse aller les voir », a insisté Saïd Omar Oili. Car à l’heure actuelle la surveillance du volcan est faite depuis La Réunion, notamment à travers le REVOSIMA (réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte).

 

Douze personnes en 2026 pour assurer la surveillance sismo-volcanique de Mayotte

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, Philippe Baptiste. (capture d’écran séance Sénat)

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, Philippe Baptiste, a assuré que « tous les moyens du ministère sont mobilisés pour assurer une surveillance et une analyse scientifique de l’activité du volcan ». En effet, outre le REVOSIMA, d’autres structures scientifiques comme l’IPGP (Institut de Physique du Globe de Paris), le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) ou encore l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) assurent cette surveillance.

Ainsi, entre 2019 et 2021, 1 million d’euros par an ont été affectés afin de financer du personnel pour effectuer cette surveillance. « En 2026, ce sont 12 personnes qui sont chargées d’assurer la veille et cette surveillance sismo-volcanique », a indiqué le ministre. Quant au REVOSIMA, co financé par les ministères de l’Écologie et des Outre-mer, il aurait bénéficier entre 2019 et 2024 d’un budget allant de 2,5 à 3,9 millions d’euros.

15 millions d’euros sur 8 ans pour le projet MARMOR

L’objectif du projet MARMOR est de progresser dans l’étude de la déformation du sol, de la sismicité, des tsunamis, du volcanisme et de plusieurs problèmes environnementaux dans les zones océaniques et côtières, en étendant les capacités d’observation terrestres au domaine marin. Il a ainsi un double objectif : d’une part structurer la communauté scientifique française, en fournissant à l’Infrastructure de Recherche Epos-France (ex Résif) les équipements nécessaires pour conduire des recherches d’excellence utilisant les outils de la sismologie et de la géodésie sous-marines.

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Ce planeur sous-marin de haute technologie est destiné à acquérir des données hydrologiques et acoustiques, dans le cadre de la surveillance du volcan Fani Maoré.

D’autre part, mettre en place une infrastructure d’observation sous-marine à Mayotte pour assurer les impératifs de surveillance sismologique continue, en temps réel 24/7, et conduire des recherches multidisciplinaires sur les phénomènes associés à la crise sismo-volcanique en cours. L’association entre le REVOSIMA, l’IPGP, le BRGM et l’IFREMER, validée fin 2025 et financée par l’Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre du projet MARMOR, va bénéficier d’un budget de 15 millions d’euros sur 8 ans afin de renforcer la capacité de surveillance en continue et en temps réel de l’activité sismo-volcanique de l’île.

 

 

B.J.

*Equipement géophysique de recherche marine avancée et observatoire multidisciplinaire pour la recherche et la surveillance à Mayotte

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