Depuis 2018, Mayotte connaît une activité sismo-volcanique inédite, marquée par la découverte en 2019 d’un volcan sous-marin, Fani Maoré, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’est de l’île. Sept ans plus tard, l’activité demeure sous haute surveillance par le Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA).

Activité sismo-volcanique : stabilité apparente mais vigilance maintenue à Mayotte

Depuis 2018, Mayotte connaît une activité sismo-volcanique inédite, marquée par la découverte en 2019 d’un volcan sous-marin, Fani Maoré, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’est de l’île. Sept ans plus tard, l’activité demeure sous haute surveillance par le Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA).

En septembre 2025, 267 séismes volcano-tectoniques, 36 séismes longue période et un séisme très longue période ont été enregistrés, principalement entre 20 et 50 kilomètres de profondeur, à l’est de Petite-Terre. Ces secousses, pour la plupart de faible magnitude, n’ont pas été ressenties par la population. Le dernier séisme perceptible à terre remonte au 20 juin 2025, avec une magnitude de 3,5.

D’après le bulletin mensuel du REVOSIMA, aucune déformation du sol n’a été observée depuis fin 2020, signe d’une relative stabilité de la zone. L’éruption de Fani Maoré, qui avait débuté en 2018 et formé un édifice volcanique de plus de 800 mètres de hauteur sous la mer, ne montre plus d’évolution depuis fin 2020. Aucune nouvelle coulée de lave n’a été détectée lors des dernières campagnes océanographiques.

En revanche, l’activité sous-marine reste marquée par des émissions de fluides magmatiques, notamment du dioxyde de carbone liquide, toujours observées dans la zone du “Fer à Cheval”, au large de Mayotte. Ces dégazages témoignent d’une activité résiduelle du système volcanique et font l’objet d’une surveillance renforcée à l’aide de capteurs sous-marins et de campagnes océanographiques, comme la mission MAYOBS33 menée cet automne.

Les scientifiques rappellent qu’aucune hypothèse n’est pour l’instant écartée : la crise pourrait être définitivement terminée, mais une reprise de l’activité éruptive sur le même site ou ailleurs reste possible, compte tenu de la sismicité persistante et des émissions de gaz magmatiques.

Coordonné par l’IPGP et le BRGM, le réseau REVOSIMA continue de collecter et d’analyser une masse de données pour comprendre les processus à l’œuvre dans cette région encore mal connue de l’océan Indien. Un suivi de longue haleine, indispensable pour anticiper les évolutions d’un phénomène géologique sans précédent dans l’histoire de Mayotte.

Shanyce Mathias

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