Le forum de l’emploi sportif a porté une initiative lumineuse pour créer un espace de dialogue et améliorer la mise en œuvre des politiques sportives à Mayotte.

Forum de l’emploi sportif : le sport, une autre réponse à la violence 

Le forum de l’emploi sportif a porté une initiative lumineuse pour créer un espace de dialogue et améliorer la mise en œuvre des politiques sportives à Mayotte.

Au lycée des Lumières, de nombreuses personnalités étaient présentes ce vendredi, afin de promouvoir le développement des politiques publiques dans le sport, favoriser la formation et l’insertion des jeunes dans le secteur sportif à Mayotte. 

À travers les discours et les échanges suscités, c’est tout un panel d’atouts à l’égard du sport qu’ont dressé les personnalités politiques, publiques, associatives, éducatives et économiques, comme une forme de réponse aux violences actuelles et à l’avenir d’une jeunesse, parfois « abandonnée ».

Le sport, un vecteur de valeurs 

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Toiyifou Ridjali lors du discours d’ouverture du forum de l’emploi sportif

 Dès l’ouverture de ce forum, l’adjoint au maire de Mamoudzou en charge de l’excellence sportive, Toiyifou Ridjali, a souligné l’importance du sport comme vecteur de valeurs : « Le sport transcende les frontières, les cultures, les générations (…) à travers les valeurs qu’il inculque, telles que le travail d’équipe, la discipline, le dépassement de soi, le respect de l’autre et la résilience. » 

 

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Pour le préfet de Mayotte,  « le sport c’est pas ce qui va arriver, c’est ce que nous allons faire ensemble »

Pour le Préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, le sport est également important en ce qu’il éduque aux règles du vivre-ensemble : « Le sport représente des enjeux importants. On le pratique en équipe, on donne des rôles, on apprécie le collectif (…) mais le sport obéit aussi à des règles. Ce respect est très important dans la pratique sportive, qu’elle soit individuelle ou collective. » 

Le sport, une source d’épanouissement professionnel

Pour Habib Ben Chadouli, Président de l’association profession sport et loisirs (PSL), ce forum, organisé pour la deuxième fois après plus de sept ans, s’adressait surtout aux jeunes de Mayotte : « Les enjeux concernent aussi le chômage car la population de Mayotte est très jeune. Cette jeunesse est souvent abandonnée et en recherche d’emploi. Les jeunes qui ont entre 16 et 34 ans, représentent 60% de la population qui n’a ni formation ni emploi. » 

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Le lycée des Lumières à Kawéni a accueilli vendredi 19 avril la deuxième édition du forum de l’emploi sportif

Pour impulser cette dynamique, Habib Ben Chadouli a plaidé pour une collaboration étroite entre les communes et les associations afin de mettre en œuvre des politiques sportives efficaces pour lutter contre le chômage des jeunes. À ce sujet, Zouhourya Mouayad Ben, 4ème vice-présidente du conseil départemental de Mayotte, en charge des sports, de la culture et de la jeunesse, a salué les 50 jeunes présents dans l’hémicycle engagés dans un service civique et a affirmé que plusieurs projets étaient en cours pour développer les infrastructures sportives à Mayotte.

Mais alors que ce forum s’est tenu un jour où de nouvelles violences éclataient sur la commune de Koungou, les échanges ont convergé vers un même cap : celui du sport, comme échappatoire à la violence. En effet, le Recteur a rappelé que les valeurs attribuées au sport étaient liées aux époques et que le sport était un reflet de la société : « Ce qui se passent dans le sport, c’est ce qui se passe dans la société. »  

Le sport, un révélateur des potentiels de chacun, en dehors de toute exigence scolaire

D’après le Recteur de Mayotte, Jacques Mikulovic, « ce n’est pas la performance sportive qui est intéressante mais l’attitude qu’on va adopter à la tâche (…) L’essentiel n’est pas toujours de savoir si un élève est bon dans un sport, mais surtout de savoir s’il a le potentiel pour réussir (…) Est-ce qu’il est déterminé, est-ce qu’il est courageux… c’est ça le révélateur de potentialité, non pas la réussite mais l’attitude qu’il va adopter. »

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Jacques Mikulovic a décrit le sport, comme un révélateur des potentiels de chacun, en dehors de toute exigence scolaire.

Pour encourager des jeunes qui n’auraient pas ou peu de compétences ou pas suffisamment de bonnes notes, Habib Ben Chadouli a été formel : « N’importe quel jeune peut s’adresser à l’association PSL, peu importe ses compétences,  peu importante le bilan qu’il fait de lui-même sur ses compétences, nous sommes-là pour l’intégrer dans un programme de formation. »

Pour lui, si « la violence n’a pas d’excuse », elle reflète surtout « un problème interne à la société car nous n’avons pas réussi, nous n’avons pas trouvé les réponses aux problématiques que nous posent ces jeunes (…) Le sport est une réponse, nous ne pouvons pas échouer, car nous en paierons tous le prix. »

Le sport, comme échappatoire aux violences 

Les échanges lors des tables-rondes de ce forum ont révélé que le sport pouvait jouer un rôle crucial dans l’offre de perspectives à des jeunes en situation de vulnérabilité.

D’après Jacques Mikulovic, le sport peut constituer un gage solide de vivre-ensemble à condition qu’il soit encadré : « À travers le sport, la violence, même symbolique est maîtrisée et canalisée car elle obéit à des règles. » Mais si la pratique sportive veut être durable, voire professionnelle, elle doit « s’inscrire dans un projet éducatif plus large, tel qu’un projet de formation ou d’emploi » pour reprendre les mots du Recteur.

La pratique sportive peut favoriser la création de liens entre les jeunes, même de différents villages et communautés. Aussi, le secteur sportif offre une variété d’emplois accessibles à ceux qui ont une passion pour le sport et une volonté d’apprendre. Pour reprendre l’expression de Toiyifou Ridjali, « nous devons encourager à faire du sport un moteur de changement dans la société. »

S’il apparaît essentiel que le sport soit encadré par des professionnels, il peut offrir des perspectives d’avenir positives, en éloignant des jeunes, même le temps d’un match, d’environnements difficiles. Ces aspects sont d’autant plus essentiels que sur ce petit département, une personne sur deux a moins de 18 ans.

Mathilde Hangard

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