Ce lundi 10 octobre, Hawa Mayotte et la CADEMA signaient la première convention de surveillance de la qualité de l'air intérieur, portant sur 48 établissements scolaires publics de la Communauté d'agglomération. Une première à Mayotte, qui vient pourtant répondre à une obligation légale datée du 12 juillet 2010.

Hawa Mayotte et la CADEMA s’associent pour améliorer la qualité de l’air dans les écoles

Ce lundi 10 octobre, Hawa Mayotte et la CADEMA signaient la première convention de surveillance de la qualité de l'air intérieur, portant sur 48 établissements scolaires publics de la Communauté d'agglomération. Une première à Mayotte, qui vient pourtant répondre à une obligation légale datée du 12 juillet 2010.

C’est une première dans les salles de classe de Mayotte, puisque 144 d’entre elles parmi 48 établissements de la CADEMA se verront bientôt dotées de capteurs, et feront l’objet de prélèvement. L’objectif ? Tester l’air ambiant pour y détecter la présence de trois polluants : le CO2, le Benzène et le Formaldéhyde. 432 échantillons seront prélevés, au cours de deux années de campagne de mesure. C’est là le sujet de la convention signée entre Hawa Mayotte et la Communauté d’agglomération Dembéni Mamoudzou ce lundi. Et ce, avec deux objectifs distincts.
Le premier s’inscrit dans la lignée de la volonté de la CADEMA de répondre à l’un des objectifs fixés par son Plan Climat Air Energie Territoire (PCAET). Celui-ci vise ainsi à garantir une bonne qualité de l’air à Mayotte, à l’intérieur comme à l’extérieur des bâtiments publics de la Communauté d’agglomération.
Le second objectif relève d’une mise en conformité légale. Depuis la loi du 12 juillet 2010, il est désormais obligatoire de surveiller périodiquement la qualité de l’air dans certains établissements recevant du public, tout particulièrement ceux accueillant des populations sensibles ou exposées sur de longues périodes comme les écoles maternelles et élémentaires.

De gauche a droite : Faiz Abdallah, Chamsia Mohamed, Mounyia Mboiboi, et Nils Paragot

Une conformisation bien tardive, face à une problématique rarement prioritaire dans les politiques publiques. Comme l’explique Bruno Brouard Foster, directeur de Hawa Mayotte, « avant 2015, la question de la qualité de l’air était peu connue, d’autant plus dans les politiques publiques ».
Mieux vaut tard que jamais donc, pour cette convention qui aura de plus eut le mérite de mettre en lumière le manque de conformité des autres établissements de l’île. Un élément déclencheur pour les autres intercommunalités ? A noter toutefois que face au manque récurrent de salles de classe et leurs aménagements parfois spartiates sur le territoire, il semble compréhensible que la problématique de l’air ne s’impose, à Mayotte, pas en priorité.
Pourtant, sur le plan sanitaire, la question reste fondamentale. Hawa Mayotte et la CADEMA rappellent que « la qualité de l’air que nous respirons peut avoir des effets sur la santé et le bien-être, depuis la simple gêne (olfactive, somnolence, irritation des yeux et de la peau) jusqu’à l’apparition ou l’aggravation de pathologies aigues ou chroniques : allergie respiratoire, asthme, cancer, intoxication mortelle ou invalidante, etc. ».
Dans son rapport de 2021, Santé Publique France conclut « que la mortalité liée à la pollution de l’air ambiant reste un risque conséquent en France avec 40 000 décès attribuables chaque année aux particules fines (PM2,5) ». Des chiffres qui, l’air de rien, font réfléchir.

Mathieu Janvier

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

« Des difficultés de gestion » : la Chambre régionale des comptes pointe les fragilités du GIPEAM

Créé en 2021 pour répondre à la crise des fonds européens à Mayotte, le GIPEAM a repris une large part de leur gestion. Dans son rapport d'observations définitives, la Chambre régionale des comptes relève des difficultés dans son organisation, ses ressources humaines et son installation à Tsingoni.

Le Tour de Mayotte en pirogue s’est achèvé à M’tsangamouji après 140 km de pagaie

Pendant quatre jours, quatre moniteurs ont parcouru 140 kilomètres autour de Mayotte à la seule force des bras. De Bandraboua à M'tsangamouji, en passant par Bandrélé et Bouéni, cette première édition du Tour de Mayotte en pirogue a mêlé défi sportif, transmission culturelle et sensibilisation des jeunes au monde maritime.

Le Parlement européen valide une exemption au MACF pour les Outre-mer

Le Parlement européen a largement approuvé, ce 15 septembre...

« Il n’y a pas de blocage de conteneurs »: au port de Longoni, les dockers dénoncent l’emploi d’intérimaires

Des rumeurs faisant état de conteneurs bloqués et de navires immobilisés au mouillage circulaient ce mardi 15 septembre, matin à Mayotte. Le syndicat SGTPM-CGT dément tout blocage, mais dénonce un incident impliquant des intérimaires lors du déchargement de 600 véhicules.