Changer radicalement de doctrine et substituer aux traditionnelles logiques d’assistance une véritable stratégie d’investissement productif. C’était le mot d’ordre martelé lors de la première édition de Choose Outre-Mer, grand raout économique articulé autour de stands territoriaux, de tables rondes thématiques, de rencontres d’affaires et de job-dating simultanés. Au total, une centaine de projets d’envergure ont été mis sur les rails à travers les bassins océaniques, totalisant près de six milliards d’euros mobilisés dans des filières d’avenir telles que la transition énergétique, les infrastructures, la décarbonation, l’économie bleue ou le numérique.
Pour le département mahorais, particulièrement éprouvé par les crises climatiques et les retards structurels, ce sommet débouche sur des investissements très attendus. Le groupe réunionnais Océinde s’engage ainsi à injecter 6,2 millions d’euros pour la reconstruction de l’usine de peintures et de revêtements Mauvilac, un signal fort pour le tissu productif local. En matière de transition écologique et d’insertion, la structure Habit’Âme mobilise 1,5 million d’euros pour ouvrir une école de production couplée à une unité de pyrolyse plastique. Sur le front crucial de la ressource hydrique, le programme IEE Mayotte, porté par l’opérateur Kumulus Water, prévoit quant à lui 4,3 millions d’euros d’investissements pour déployer des solutions de production d’eau alternative.
Cette dynamique locale s’inscrit au sein d’un train de projets majeurs répartis sur l’ensemble des géographies ultramarines, à l’image des 250 millions d’euros débloqués par IDEX en Guyane pour une unité de valorisation énergétique, des 100 millions d’euros engagés par Albioma en Guadeloupe pour un four à combustibles solides, ou encore des 43 millions d’euros injectés à La Réunion par la biotech Torskal pour concevoir des nanoparticules d’or destinées au traitement du cancer.
Fonds à impact Outre-mer One
Au-delà des promesses sectorielles, l’événement a formalisé quatre dispositifs structurants pour consolider le tissu d’entreprises. Le fonds à impact Outre-mer One a finalisé son premier tour de table à 34 millions d’euros, dépassant sa cible initiale en attendant d’atteindre 50 millions d’euros pour financer des opérations utiles au développement insulaire. Dans le même temps, Bpifrance a officialisé le lancement de son Accélérateur Croissance, un programme spécifiquement calibré pour accompagner quinze PME mahoraises dans la structuration de leur modèle d’affaires, leurs investissements et leurs embauches. Deux partenariats stratégiques ont complété ces annonces : l’un avec France Travail pour fluidifier les recrutements et monter en compétences, l’autre avec Business France pour ouvrir aux producteurs ultramarins les marchés d’export régionaux et internationaux.
Le volet humain n’a pas été occulté, puisque les sessions de recrutement organisées en duplex à Paris et dans cinq territoires ont mobilisé plus de 2 000 postulants face à un millier d’offres à pourvoir. Désormais institué comme un rendez-vous annuel qui fera étape en Nouvelle-Calédonie début 2027, Choose Outre-Mer entend installer durablement ce changement d’échelle. Pour la ministre Naïma Moutchou, l’enjeu consiste à regarder enfin la valeur réelle que créent ces territoires pour transformer les promesses financières en réalités tangibles pour les Mahorais.


