C’est un fait-divers qui a marqué la campagne électorale des Municipales 2020 à Mayotte. En marge d’un meeting, le soir du dimanche 2 février 2020, le candidat Midiar Boinaïdi Djadjou s’était fait violemment agresser à Dembéni. Outre la boule de pétanque reçue dans le dos, il avait été lynché à coups de pied et de chombos. Après une évacuation vers La Réunion, son état de santé avait nécessité 90 jours d’ITT (interruption temporaire de travail) et le placement dans un coma artificiel.
Encore marqué physiquement par cet épisode, celui-ci est venu témoigner une nouvelle fois devant la cour d’assises de Mayotte, ce vendredi. Car si un premier jugement en septembre 2024 avait débouché sur la condamnation de onze personnes, avec des peines allant de 5 à 18 ans de réclusion criminelle, deux ans plus tard, sept accusés ont fait le choix d’être rejugés. Trois n’ont pas contesté la première décision, un autre est décédé en détention en novembre 2025 à l’âge de 20 ans. Tous avaient en commun d’être impliqués à l’époque dans les affrontements entre bandes de Tsararano et Dembéni. Venus venger l’un des leurs, ils s’en étaient pris à plusieurs habitants rencontrés dans le deuxième village, s’acharnant davantage sur Miniar Boinaïdi Djadjou, peu après sa réunion publique. Ils avaient également commis des vols et dégradé des équipements publics.
Des peines allant jusqu’à 18 ans de réclusion

Espérant une sanction moins sévère, les sept jeunes hommes âgés aujourd’hui de 23 à 28 ans ont chacun essayé de minimiser leurs rôles, ce soir de février 2020. Au cours de la violente agression et des nombreuses exactions du groupe, difficile en effet d’attribuer à l’un ou à un autre la paternité des coups. Deux des accusés faisaient toutefois figure de leaders et avaient été plus lourdement condamnés en première instance (18 ans de prison chacun). En appel, ils héritent de la même peine, ce mercredi après-midi, à l’issue de six jours d’audience. Quatre autres écopent de sanctions moins sévères (9 à 16 ans de prison). Les deux majeurs sont également condamnés à des interdictions définitives de territoire français (IDTF).
Le septième, le seul qui n’est pas reconnu coupable de la tentative de meurtre sur l’homme politique, est condamné à trois ans de prison pour les autres agressions de ce soir-là.
Alexis Duclos


