Dans un communiqué adressé au directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte, Étienne Billot, les représentants du personnel annoncent le dépôt d’un préavis de grève illimitée à compter de ce jeudi 27 août 2026.
Signé par la CFDT et la CGT, le texte fait état d’un « fonctionnement » que les représentants du personnel jugent marqué par un « mépris », l’intimidation et un manque de confiance. Ils dénoncent également ce qu’ils qualifient de « maltraitance institutionnelle » et estiment que plusieurs alertes lancées depuis la fin de l’année 2024 n’auraient pas reçu de réponse satisfaisante.
L’intersyndicale met notamment en cause la gestion budgétaire et la gestion des ressources humaines depuis 2025. Elle affirme que cette situation aurait eu des conséquences sur les conditions de travail des agents.
Parmi les revendications figure le départ du secrétaire général de l’ARS Mayotte, Jean-Marc Dolais, dont la gestion est contestée par les représentants du personnel. Ceux-ci estiment que la « fracture » entre les agents et le secrétaire général est désormais irréparable et présentent son départ comme une condition pour rétablir la sérénité au sein de l’agence.
Emplois, égalité de traitement et indexation au cœur des revendications
Le préavis porte également sur les moyens humains et matériels de l’ARS. La CFDT et la CGT évoquent un gel des postes, une surcharge de travail, un manque de moyens ainsi que des conditions de sécurité jugées insuffisantes.
Les représentants du personnel demandent une amélioration de la qualité de vie au travail, qui devra selon eux être négociée avec le comité compétent en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail. Ils réclament aussi que l’agence dispose des moyens, notamment humains, nécessaires à l’exercice de ses missions.
Autre revendication avancée : l’égalité de traitement entre les agents, notamment en matière de contrats, de rémunérations, d’opportunités professionnelles, de droits et de conditions de travail. L’intersyndicale demande davantage de transparence et un dialogue social qu’elle souhaite voir « apaisé et constructif ». Enfin, les syndicats demandent une revalorisation du taux d’indexation, invoquant l’attractivité du territoire, le coût de la vie et les conditions de travail à Mayotte.
L’intersyndicale indique qu’elle se réserve la possibilité de préciser, compléter ou actualiser ses revendications au cours du mouvement en fonction de l’évolution de la situation et des négociations. Elle affirme néanmoins rester ouverte au dialogue et appelle la direction à prendre rapidement des mesures susceptibles de mettre fin au conflit.
Mathilde Hangard



