Perdu au milieu de la brousse, camouflé par un décor végétal, se trouve le site archéologique d’Ironi Bé. Découvert à la fin du XIXe siècle par une équipe d’archéologues américains, Stéphane Pradines a décidé de reprendre les fouilles en 2012 pour approfondir les recherches.

Pendant quatre ans, avec son équipe, ils ont traqué les traces d’anciennes civilisations. Les vestiges les plus anciens datent du IXe et XIIe siècle, période à laquelle les premiers hommes ont investi l’île aux Parfums. Les travaux de Stéphane Pradines démontrent que Mayotte était alors une plaque tournante du commerce entre l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient.
Durant trois siècles, l’île était un point géostratégique des échanges mondiaux. À Ironi Bé, on trouve encore des fragments de pierres tombales ou des céramiques importées des pays arabes. Ce gisement est l’un des plus vastes et des plus riches d’Afrique de l’Est : une véritable mine d’or pour un archéologue comme Stéphane Pradines.
Malheureusement, depuis la fin des opérations en 2016, le lieu est en piteux état, jonché de carcasses de voitures. La zone est aujourd’hui un terrain privé servant de garage à ciel ouvert. Malgré la protection du site et la législation française en matière d’archéologie,
Stéphane Pradines fustige l’inaction des pouvoirs publics. « Ce qu’on a sous nos pieds, ce sont les débuts de l’Islam et du commerce à Mayotte. Il faut sauver ce site ! ».
Léo VIGNAL


