La vie chère s’est invitée à l’Assemblée nationale mercredi 28 octobre, lors des questions au Gouvernement, avec une question directe du député socialiste de La Réunion, Philippe Naillet, à la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou. Adopté par le Sénat il y a déjà un an, le texte n’a toujours pas été examiné à l’Assemblée nationale, une situation qui suscite des inquiétudes chez les députés ultramarins alors que le calendrier parlementaire se resserre.
« Sur quel calendrier pouvez-vous vous engager devant la représentation nationale pour garantir l’inscription à l’ordre du jour du projet de loi avant la fin de la session parlementaire ? Et qu’attendez-vous de ce texte ? », a-t-il demandé.
La crainte est surtout de voir le projet de loi repoussé faute de temps pour l’examiner avant la fin des travaux parlementaires fixée au 28 février prochain, en raison de la campagne présidentielle et des élections prévues les 18 avril et 2 mai 2027. Pour le député, l’urgence est réelle et les populations ultramarines attendent désormais des mesures concrètes.
Naïma Moutchou veut renforcer le texte avant son examen

En réponse, la ministre des Outre-mer défend une méthode de travail destinée à consolider le projet de loi avant son passage devant les députés. Dans un communiqué, elle reconnaît que la vie chère constitue l’une des principales préoccupations des habitants des territoires ultramarins et comprend la nécessité d’obtenir des résultats concrets sur les prix.
Naïma Moutchou explique avoir proposé à la délégation Outre-mer de l’Assemblée nationale de lui transmettre des propositions d’amendements afin d’aller plus loin dans le dispositif initial et de renforcer sa solidité juridique. « Je ne veux pas de texte déceptif. Je veux un texte qui entre en vigueur, qui produise des résultats sur le prix des produits pour nos compatriotes », affirme-t-elle dans son communiqué.
Les tarifs bancaires, au coût des billets d’avions, en passant par le bouclier qualité-prix, les frais d’approche, les billets d’avion, le bouclier qualité-prix, la concurrence et la transparence des prix. Sur ces différents sujets, la ministre assure qu’aucune piste n’est écartée : « aucun sujet n’est tabou », écrit-elle, en précisant que les réunions de travail doivent justement permettre de renforcer le projet de loi avant son examen.
L’objectif, selon elle, est de construire un texte suffisamment solide sur le plan juridique pour produire des effets réels sur les prix, plutôt que de multiplier les annonces sans garantie de résultats.
En attendant, toujours pas de date précise pour l’inscription du projet de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, mais Naïma Moutchou assure que « le Gouvernement prendra sa part » si le travail collectif permet de renforcer le texte. « Il y aura un calendrier parlementaire qui permette de voter définitivement ce texte avant la fin des travaux », promet la ministre des Outre-mer.
Une promesse, mais encore des étapes à franchir

Sur le réseau social X, la ministre a repris le même engagement, en rappelant le poids des prix dans le quotidien des familles ultramarines. « La vie chère dans les Outre-mer, ce sont des prix qui pèsent chaque jour sur le budget des familles. Et je sais combien les attentes sont fortes ».
Pour les populations ultramarines, l’enjeu est désormais de savoir quand ces engagements se traduiront dans le calendrier parlementaire, puis en mesures concrètes. Mais le projet de loi semble devoir franchir encore plusieurs étapes avant de pouvoir entrer en vigueur.
À mesure que l’échéance approche, une question reste en suspend : les discussions en cours permettront-elles d’aboutir à un texte adopté à temps, avec des mesures capables de répondre aux difficultés quotidiennes des habitants d’Outre-mer ?
Shanyce MATHIAS ALI.


