Le 31 juillet 2025 à Kwalé, un homme a été interpellé après des jets de pierres visant des policiers de la BAC lors d’une intervention. Jugé pour avoir participé à un attroupement avec le visage dissimulé, il a été condamné par le tribunal judiciaire de Mamoudzou.

Six mois de prison avec sursis pour avoir jeté des pierres sur les forces de l’ordre

Le 31 juillet 2025 à Kwalé, un homme a été interpellé après des jets de pierres visant des policiers de la BAC lors d’une intervention. Jugé pour avoir participé à un attroupement avec le visage dissimulé, il a été condamné par le tribunal judiciaire de Mamoudzou.

Le secteur de Tsoundzou et Kwalé est connu pour être régulièrement confronté à des blocages de routes, des barrages sauvages, des jets de pierres et des actions de bandes armées. Le 31 juillet 2025, une nouvelle intervention des forces de l’ordre s’est déroulée dans ce contexte tendu. Alors que la BAC tentait d’interpeller un individu qui leur avait échappé, celui-ci s’est réfugié dans les hauteurs de Kwalé, dans un secteur difficile d’accès.

Sur place, les forces de l’ordre essuient des jets de pierres lancées par plusieurs jeunes. Une partie du groupe prend la fuite, mais les policiers parviennent à interpeller un homme, Oultoufi H. dans un champ.

Une version contestée par les forces de l’ordre

Les forces de l’ordre vont l’identifier comme l’un des participants aux jets de projectiles. Il porte alors un t-shirt sur le visage, utilisé comme une cagoule. C’est notamment sur ce point que repose les faits qui lui sont reprochés : avoir participé avec une arme à un attroupement en dissimulant volontairement son visage pour ne pas être identifié.

Lors de sa garde à vue, le prévenu conteste pourtant les accusations. Il affirme qu’il se trouvait sur les lieux pour couper des bambous afin de fabriquer une clôture et nie avoir lancé des projectiles contre les policiers. Il reconnaît toutefois avoir eu le visage dissimulé avec un t-shirt.

Affrontements de jeunes, pierres à la main (Image d’illustration).

Une version qui ne correspond pas à celle présentée par les forces de l’ordre. L’une des victimes affirme avoir identifié le prévenu comme étant en train de jeter des pierres et indique qu’il en avait plusieurs. À cela s’ajoute, un refus de coopérer lors de son interpellation et du passage des menottes.

Oultoufi H., de nationalité comorienne, était arrivé des îles voisines illégalement en kwassa pendant le Ramadan de l’année dernière, tout seul sans sa famille. Et il n’était pas connu des services avant cette affaire. En situation irrégulière, il a été renvoyé dans son pays d’origine et n’était donc pas présent lors de l’audience.

Le parquet dénonce les violences urbaines

Pour la procureure tous les points sont contre l’accusé. (image d’illustration).

Pour la procureure, les déclarations du prévenu ne suffisent pas à remettre en cause les éléments apportés par les forces de l’ordre. Elle rappelle qu’ils font régulièrement face à un contexte de violences très présent sur tout le territoire et dans certaines zones très connues telles que le secteur de Tsoundzou et Kwalé, marqué par des altercations entre la police et des jeunes armés. « Les violences urbaines sont un fléau sur l’île », estime-t-elle à l’audience.

Le parquet a donc demandé six mois d’emprisonnement avec sursis simple, ainsi qu’une interdiction de porter une arme pendant cinq ans et une interdiction de séjour sur le territoire français.

Une peine de six mois avec sursis

Des réquisitions qui ont été suivies par le tribunal concernant la peine de prison. Statuant par défaut, il a reconnu le prévenu coupable des faits qui lui étaient reprochés et l’a condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis simple.

La décision prévoit aussi une interdiction de porter une arme pendant cinq ans et une interdiction de séjour sur le territoire français. Les policiers, qui s’étaient constitués partie civile, ont également obtenu gain de cause sur ce point.

Shanyce MATHIAS ALI.

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Les crédits pour Mayotte sanctuarisés dans le Projet de loi de Finances ?

En fin de semaine dernière, le Gouvernement a présenté en Conseil des ministres le Projet de loi de Finances 2027. Concernant le budget consacré aux Outre-mer, il s’élève à 3,7 milliards d'euros, contre 3,3 milliards l'an dernier, soit une hausse d’environ 10%. Mayotte devrait profiter de cette hausse.

En rose et en musique, les femmes de Petite-Terre passent au dépistage

À l’occasion d’Octobre Rose, le CCAS de Dzaoudzi-Labattoir a organisé ce mercredi 7 octobre une matinée consacrée à la prévention, au dépistage et à l’information autour du cancer du sein, mais aussi du diabète, des addictions au tabac, de la santé sexuelle ou encore de l’endométriose.

Le conte et les arts s’invitent dans les soins en santé mentale

À l’occasion de la Semaine d’information sur la santé mentale 2026, le Centre hospitalier de Mayotte a organisé ce mercredi 7 octobre un colloque consacré à la place des arts dans l’accompagnement en santé mentale, avec notamment des ateliers autour du conte.

Le Conseil municipal des jeunes de Mtsamboro distingué par l’ANACEJ

Lors d’une cérémonie organisée à Paris, l’Association Nationale Citoyenneté...