La lutte contre l’illettrisme passe aussi par la formation professionnelle

À l’occasion des treizièmes Journées nationales d’action contre l’illettrisme (JNAI), organisées par l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), AKTO rappelle l’importance de renforcer la maîtrise des savoirs de base dans les entreprises. L’opérateur de compétences, qui accompagne les entreprises et les salariés de 21 branches professionnelles, fait de cet enjeu l’un des axes prioritaires de sa stratégie pour les trois prochaines années.

Lecture, écriture, compréhension des consignes ou encore utilisation des outils numériques : les difficultés liées aux savoirs de base peuvent avoir des conséquences directes sur la vie professionnelle. Notamment compliquer l’accès à la formation, la sécurité au travail, la mobilité professionnelle ou encore l’autonomie des employés.

Un enjeu pour les entreprises et les salariés

L’illettrisme peut aussi avoir des répercussions sur la maîtrise du numérique.

Les analyses réalisées par AKTO en 2025 montrent que près d’une entreprise sur cinq dans les secteurs des services déclare compter des salariés confrontés à des difficultés ou en situation d’illettrisme.

Face à ces situations, plusieurs solutions peuvent être proposées aux entreprises et aux employés : formations en français, remise à niveau ou encore démarches d’acquisition du certificat CléA. L’objectif est de permettre aux personnes concernées de consolider leurs compétences et de sécuriser leur parcours professionnel.

Pour la structure, l’enjeu est donc à la fois social et économique. Dans des secteurs qui connaissent des besoins importants de recrutement, renforcer les compétences de base peut faciliter l’intégration dans l’entreprise et permettre aux salariés d’évoluer.

L’opérateur de compétences a ainsi inscrit la maîtrise des savoirs de base parmi les sept axes de sa stratégie à trois ans, avec notamment un objectif d’augmentation de 10 % du nombre de stagiaires dans le cadre de sa convention d’objectifs et de moyens 2026-2028.

« La lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme est l’une de nos priorités pour les 3 années à venir. Celle-ci constitue l’une des conditions essentielles d’accès à une qualification et à une insertion durable », souligne Jean Hédou, président d’AKTO. 

Plus de 60 événements organisés pour les JNAI

Cette année, plus de 60 événements labellisés ont été organisés par AKTO à partir du 8 septembre, en lien avec différents partenaires, parmi lesquels les Missions Locales, ou encore les Écoles de la deuxième chance. Rencontres avec les entreprises, actions auprès des CFA et des organismes de formation, ateliers de sensibilisation ou encore temps d’échange avec les partenaires : ces initiatives doivent permettre de mieux faire connaître  les solutions qui existent.

Cette mobilisation concerne également les territoires ultramarins. AKTO souligne que les adultes qui y résident sont, en moyenne, 2,5 fois plus nombreux à rencontrer des difficultés avec la lecture et l’écriture que les adultes vivant dans l’Hexagone. Les écarts sont notamment importants à La Réunion, en Guadeloupe et en Martinique.

Pour pallier cela, 13 événements AKTO labellisés JNAI sont ainsi organisés spécifiquement dans  les territoires ultramarins.  Une dynamique qui s’inscrit dans un travail de plusieurs années. Entre 2023 et 2025, AKTO indique avoir déployé 8.500 actions de formation aux savoirs de base, avec notamment 3.319 parcours de formation mis en place.

Des difficultés qui touchent une large partie de la population

À Mayotte, les difficultés face à l’écrit compliquent aussi les apprentissages scolaires. CR : Insee Mayotte.

La question prend une dimension particulière à Mayotte, où les difficultés avec la maîtrise de l’écrit en français sont particulièrement importantes. Selon les chiffres réunis par l’ANLCI et repris dans les données consacrées au territoire, près de six adultes sur dix, soit environ 58 %, rencontreraient d’importantes difficultés avec les compétences de base à l’écrit ou en lecture en français.

Parmi les plus touchées, les femmes : 63 % d’entre elles rencontreraient des difficultés à l’écrit, contre 58 % des hommes, selon l’INSEE. En 2022, chez les jeunes adultes, environ 47 % des 18-24 ans étaient en grande difficulté avec l’écriture. Ces chiffres doivent toutefois être replacés dans le contexte linguistique particulier de l’île. Le français est la langue de l’école et de l’administration, mais le shimaoré et le kibushi restent plus importants dans la vie quotidienne.

La formation comme levier

Pour les jeunes comme pour les adultes, ces difficultés peuvent constituer un frein dans l’accès à la formation, à l’emploi, mais aussi dans les démarches administratives et la vie professionnelle. À Mayotte comme dans les autres territoires ultramarins, la formation devient  donc l’un des leviers permettant de renforcer les compétences, de sécuriser les parcours et de favoriser l’autonomie. Pour rappel, AKTO à Mayotte est l’unique organisme Opérateur de Compétences (OPCO) du territoire depuis 2021.

« Les services et certaines branches professionnelles, emploient de nombreux salariés qui rencontrent des difficultés à maîtriser certaines compétences de base. Favoriser l’accès aux savoirs de base, c’est répondre à deux enjeux à la fois : permettre aux entreprises de proposer des emplois durables et donner  les meilleures chances aux salariés pour évoluer  », souligne Laurent Barthélémy, vice-président d’AKTO.

Shanyce MATHIAS ALI.

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