Cinq étudiants de l’Université de Mayotte – Camille, Rissalatie, Sania, Mounayat et Khalida – ont eu la chance de monter les marches du prestigieux Festival de Cannes, vêtus de leurs plus belles tenues, à l’occasion d’un séjour d’une semaine, du 12 au 21 mai, pour participer à l’événement phare du cinéma mondial.

« Monter les marches c’était exceptionnel, d’habitude on voit ça derrière nos écrans ! », avoue Khalida, 19 ans, étudiante en première année de licence Sciences de la Vie.
Ce voyage a été rendu possible grâce au soutien de la Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) et du Service universitaire d’action culturelle (SUAC) de l’Université de Mayotte, en partenariat avec le Pavillon Afronova, une plateforme dédiée à la promotion du cinéma africain et des talents de la diaspora au sein du Festival de Cannes.
À travers cette immersion culturelle et professionnelle, les étudiants ont découvert le cinéma international au fil des projections officielles du Festival, tout en explorant les différents métiers de l’audiovisuel. Le programme leur a également permis de mieux appréhender l’écosystème du cinéma africain grâce aux rencontres, panels et masterclass organisés par le Pavillon Afronova.
Des rencontres inspirantes avec les professionnels

Une opportunité rare qui leur a permis d’échanger avec des professionnels venus du monde entier et assister à des conférences consacrées à la création cinématographique et aux évolutions du secteur.
« J’adore le monde du cinéma et la création de contenus. Cette semaine à Cannes a été incroyable », raconte Khalida,. « Nous avons participé à de nombreuses conférences au pavillon, dont une sur le cinéma guinéen que j’ai particulièrement appréciée, mais aussi sur le patrimoine cinématographique et l’arrivée de l’intelligence artificielle », nous a-t-elle confié, ce mercredi 20 mai, la veille du retour pour Mayotte.

« Mais ce que j’ai le plus aimé c’est les rencontres avec de nombreuses personnes, venues de différents pays. J’ai pu essayer une caméra avec l’aide d’un monsieur qui m’a montré son fonctionnement pendant plus de 30 minutes », poursuit-elle. « Cet évènement m’a montré qu’il fallait aller oser parler aux gens pour apprendre des choses et ne surtout pas hésiter ». Un sentiment partagé par Mounayat, 18 ans : « j’ai pu apprendre de nouvelles compétences, j’ai aussi interviewé un hispanophone ça m’a permis de pratiquer l’espagnol. Ce que je retiens de ce séjour c’est la bonne humeur et la diversité ».
Les étudiants ont également découvert les coulisses du cinéma et les nombreux métiers qui gravitent autour de la production audiovisuelle. « Nous avons échangé avec des acteurs, dont une actrice américaine, et nous nous sommes rendu compte que, même lorsqu’elle n’est pas devant la caméra, cela demande énormément de travail et de préparation », observe Khalida.
Un court-métrage sur la vie étudiante à Mayotte
De retour à Mayotte, les cinq étudiants comptent poursuivre leur projet de court-métrage, inspirés par cette semaine au plus près des professionnels du cinéma.

« On a pour but de faire un film qui représente les difficultés des étudiants à Mayotte à travers l’histoire d’une étudiante qui doit aller aux rattrapages », explique l’étudiante. « Entre une mère qui doute d’elle, les réveils très tôt pour prendre le bus scolaire ou les trajets en taxi jusqu’à l’université, nous voulons raconter cette réalité ».
Des contraintes qu’ils vivent eux-mêmes au quotidien. « Je voulais faire une fin plutôt triste dans laquelle l’étudiante n’y arrive pas, mais finalement on a décidé d’être positif », souligne l’étudiante. « Je pense que le cinéma est intéressant pour raconter les histoires de Mayotte, dont celles des jeunes. On a vu le film Koungou, il était intéressant pour parler de la délinquance, ça nous parle à nous les jeunes et ça fonctionne pour faire passer des messages ».
Les cinq étudiants réaliseront également un journal vidéo retraçant leurs rencontres, leurs découvertes et leurs impressions sur les films visionnés durant le Festival. En attendant, ils profitent de leurs derniers instants sur la Croisette, alors que le Festival de Cannes s’achèvera ce samedi 23 mai.
Victor Diwisch


