Global OTEC va accompagner le gouvernement des Bahamas dans un projet de développement d’une usine ETM (énergie thermique des mers ou OTEC en anglais). Cette technologie repose sur l’exploitation de la différence de température entre l’eau chaude en surface et l’eau froide en profondeur pour produire de l’électricité. Cette différence permet de vaporiser ou liquéfier certains fluides, générant une détente transformée en électricité par un turboalternateur. L’ETM est une énergie décarbonée, illimitée, gratuite, inaliénable et surtout non intermittente.
Dans ce projet, Global OTEC intervient en tant que partenaire technique principal aux côtés de la Plataforma Oceánica de Canarias (PLOCAN), avec un financement de l’Union européenne via Expertise France et le programme Euroclima, dans le cadre de l’agenda d’investissement « Global Gateway ».
Diminuer la dépendance aux énergies fossiles
Selon Global OTEC, plus de 90 % de l’électricité aux Bahamas est produite à partir de diesel et de fioul lourd importés, exposant ainsi les ménages et les entreprises à la volatilité des prix internationaux des combustibles et à des tarifs d’électricité élevés.

Une étude a été sollicitée par le gouvernement des Bahamas afin de fournir une base factuelle permettant de décider s’il convient ou non de poursuivre ce projet jusqu’à sa mise en œuvre. Cette étude a pour but d’évaluer l’intégration, et les solutions telles que le dessalement par osmose inverse*, tout en examinant les aspects environnementaux et sociaux, indique le site Offshore Energy.
Ce projet s’appuie ainsi sur une campagne de mesure de la température et de la salinité à l’aide d’un planeur sous-marin autonome. Celui-ci a relevé des profils de la surface jusqu’à 900 mètres de profondeur et a confirmé l’existence d’un gradient thermique important dans la colonne d’eau, a fait savoir l’entreprise britannique.
« Toutes les technologies renouvelables permettent de produire de l’électricité, mais une seule d’entre elles génère également, en tant que sous-produit, une ressource précieuse : de l’eau potable et une capacité de refroidissement. C’est ce qui distingue l’ETM (Énergie Thermique des Mers) des autres technologies dans le contexte des îles tropicales. Aux Bahamas, nous disposons d’une ressource thermique considérable, d’une connectivité sous-marine et d’un gouvernement prêt à jeter les bases du projet grâce à des études approfondies. Notre mission, au cours de l’année à venir, consiste à déterminer — sur la base de données réelles et d’études d’ingénierie — si un site donné peut accueillir une installation pionnière pour la région des Caraïbes », a déclaré Dan Grech, fondateur et PDG de Global OTEC, au site Offshore Energy.
Un projet envisageable à Mayotte

En 2012, l’ADEME avait identifié une zone au large de Petite-Terre comme propice à l’implantation d’une centrale ETM offshore. Flottant à plusieurs kilomètres au large, elle ne requiert aucune emprise foncière et reste immunisée aux tsunamis et à la subsidence. Le tuyau de pompage des eaux profondes peut être fixé à la barge et décroché en cas de cyclone, garantissant la résilience du dispositif. À l’heure où l’usine de Petite-Terre doit être délocalisée car la falaise est sapée par la mer, une usine offshore puiserait une eau idéale pour le dessalement…
*L’osmose inverse est un procédé de purification de l’eau contenant des matières en solution par un système de filtrage très fin qui ne laisse passer que les molécules d’eau. L’osmose inverse s’avère efficace pour la désalinisation.


