Quelques mois après l’évacuation de 72 cases à la limite de Pamandzi et Dzaoudzi-Labattoir, des habitants alertent sur la multiplication des dépôts sauvages sur le site. Épaves, tôles, électroménager, ferraille et gravats s’y accumulent.

À La Vigie, après le décasage, les déchets prennent la place des habitations

Quelques mois après l’évacuation de 72 cases à la limite de Pamandzi et Dzaoudzi-Labattoir, des habitants alertent sur la multiplication des dépôts sauvages sur le site. Épaves, tôles, électroménager, ferraille et gravats s’y accumulent.

Il y a quelques mois, 72 habitations occupaient encore une partie du site de La Vigie, à la limite de Pamandzi et de Dzaoudzi-Labattoir. Depuis leur évacuation le 29 mai, le paysage a changé : une partie du secteur est occupée par des déchets.

Sur les réseaux sociaux, des habitants dénoncent ce qu’ils considèrent comme un abandon du site. « Quelques mois après le décasage, le constat est préoccupant : une partie du secteur de La Vigie est devenue une véritable décharge à ciel ouvert », peut-on notamment lire dans une publication Facebook consacrée à la situation.

Les déchets sont de plusieurs types :  épaves de voitures, électroménager, ferraille et autres détritus. Egalement des gravats qui seraient issus de chantiers réalisés ailleurs en Petite-Terre et qui auraient été déposés sur le secteur.

« Un espace libéré ne doit pas devenir le dépotoir du territoire », dénoncent les habitants à travers cette publication, alors que le sujet des dépôts sauvages reste un problème régulièrement rencontré sur l’île.

« Il y a des carcasses de voitures »

Monsieur M’colo, à l’initiative de la publication Facebook, habite dans les environs du site. Il dit passer aux abords de cette décharge improvisée au moins deux fois par jour et constate, selon lui, que la situation s’aggrave. « Il y a des carcasses de voitures, c’est dangereux parce qu’il y a des enfants qui jouent autour et ils peuvent se retrouver emprisonnés sous une carcasse », explique-t-il.

Plusieurs carcan de voitures sont présentes sur le site.

Au-delà des véhicules, Monsieur M’colo dit voir régulièrement différents types de déchets déposés sur place. Machines à laver, gravats ou encore autres détritus profiteraient notamment de l’absence d’occupation du secteur pour s’y accumuler. « Le site a été décasé, c’est un emplacement vide. Du coup, les gens en profitent pour venir le soir, déposer des déchets.  Et ce n’est pas normal ! », déplore-t-il.

Pour lui, le problème ne pourra pas être réglé uniquement par un nettoyage du secteur. Il estime qu’une présence plus importante permettrait aussi de limiter les nouveaux dépôts. « Il faut plus de sécurité, plus de présence, plus de contrôle sur ces sites », demande-t-il, évoquant également la possibilité de prévoir davantage de sanctions contre les personnes qui y déposent leurs ordures.

Le problème est donc aussi celui du contrôle, lorsqu’un dépôt est découvert plusieurs heures après les faits, il devient forcément plus difficile de savoir qui l’a réalisé. Et sans personne identifiée, la question de la sanction se pose aussi.

Des actions à venir

Face aux photos et aux témoignages, la communauté de communes de Petite-Terre assure, de son côté, ne pas avoir été informée de la situation. « Nous n’étions pas au courant de ce qui se passe sur site », indique le service déchets de la CCPT, qui précise qu’à la vue des photos, le secteur concerné semble être celui de La Vigie, vers l’antenne.

Petite-Terre, Contrat Local Santé, ARS, Mayotte
Le service déchets de la CCPT va aller identifier le site avant de lancer des actions. (CCPT).

L’intercommunalité va donc se mettre en action, dans un premier temps une équipe va être envoyé sur place afin de faire un état des lieux. Il s’agira notamment d’identifier les différents types de déchets présents et de déterminer qui contacter pour leur enlèvement.

La CCPT indique également qu’elle pourrait avoir besoin de renforts du SIDEVAM en fonction de ce qui sera constaté sur le site. Une fois le nettoyage effectué, la collectivité évoque aussi la nécessité de sécuriser le secteur pour éviter de nouveaux dépôts. « Ce n’est pas parce que les habitations qui étaient là ont été enlevées que les déchets doivent prendre la place », souligne l’intérco.

Des solutions de collecte existent déjà

Pourtant des solutions existent pour éviter ce type de dépôts. Des déchèteries mobiles sont régulièrement organisées le samedi, avec quatre bennes mises à disposition de la population.  Deux autres du SIDEVAM sont prévues pour la ferraille et les déchets verts. Pour les déchets inertes, comme le béton ou les enrobés, la CCPT rappelle qu’ils doivent être déposés triés à l’entreprise ETPC.

Certaines personnes viennent déposer leurs ordures de construction. CR : M’Colo.

Ces dispositifs sont justement prévus pour permettre aux habitants de se débarrasser de leurs déchets dans des conditions adaptées. Mais l’exemple de La Vigie montre qu’une partie des déchets finit malgré tout dans la nature.

Le dépôt sauvage reste un problème qui concerne plusieurs  communes et collectivités du territoire, avec une difficulté supplémentaire lorsqu’il intervient sur des sites peu fréquentés. Dans ces conditions, nettoyer un site ne suffit pas forcément : il faut aussi pouvoir éviter qu’il ne se remplisse à nouveau.

Reste maintenant à voir ce que donneront concrètement ces actions. Du côté des habitants, l’attente est simple : que les déchets soient retirés et que le secteur ne redevienne pas, quelques semaines plus tard, un nouveau point de dépôt.

Shanyce MATHIAS ALI.

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