Annoncé depuis le mois de juin, le ticket piéton à l’unité passe donc à 1 euro, tandis que le carnet de dix tickets reste fixé à sept euros, soit 70 centimes par traversée. Cette différence rend le carnet plus intéressant pour les personnes qui prennent régulièrement la barge.
Cette augmentation peut sembler limitée, mais elle prend une autre dimension pour les habitants de Petite-Terre qui utilisent la barge presque tous les jours pour rejoindre leur lieu de travail, leur établissement scolaire ou effectuer des démarches en Grande-Terre. Pour eux, la traversée n’est pas un déplacement occasionnel, mais un passage nécessaire pour une partie de leurs activités.
Un tarif qui reste acceptable pour certains usagers

Ismael Attoumani, usager de la barge et habitant de Petite-Terre, estime que cette hausse reste acceptable, notamment parce que le carnet de dix tickets ne bouge pas. « Pour nous, il y’a encore le carnet de 10 tickets, donc ça c’est bien », explique-t-il. Pour lui, cette formule reste avantageuse et il espère surtout que son prix n’augmentera pas.
Il demande en revanche que les autres formules, notamment les abonnements et les cartes, soient davantage adaptées aux résidents de la Petite-Terre. « On est obligé de prendre la barge tous les jours car tout se trouve à Mamoudzou », rappelle-t-il.
Pour les personnes qui utilisent la barge seulement de temps en temps, Ismael Attoumani considère en revanche qu’un ticket à 1 euro reste raisonnable. « Un euro pour barger occasionnellement, je trouve que ça va », estime-t-il.
Une nouvelle billettique avec M’Safara

Cette hausse intervient avec la mise en place de M’Safara et les changements prévus sur le réseau de transport. Transdev Mayotte gère désormais la billetterie de la barge et du réseau de bus, avec des cartes rechargeables, des abonnements et un ticket combiné bus-barge.
Une autre habitante de Labattoir, estime elle aussi que la mise en place de nouveaux tarifs peut se comprendre si cela permet d’améliorer le réseau. « Si on veut que l’île avance, faudra bien investir quelque part, faudra bien qu’on paye des abonnements. C’est comme ça que ça fonctionne partout ailleurs », confie-t-elle.
Mais elle insiste sur un point : ces abonnements doivent rester accessibles à la population. Pour elle, les usagers peuvent accepter de payer davantage si cela permet réellement de faire évoluer le territoire, mais ils doivent pouvoir constater des améliorations en retour. « C’est pas juste, on paye des tickets, des redevances, pour qu’après, rien ne change ».
Pour les usagers, la question est désormais de savoir si les changements annoncés avec M’Safara permettront d’améliorer concrètement le service, tout en maintenant des tarifs accessibles pour ceux qui dépendent du transport au quotidien.
Shanyce MATHIAS ALI.


