Le projet de Centre d’Application Agroécologique de Miréréni (CAAM), porté par le Département-Région de Mayotte, vient de franchir une étape importante. Par un arrêté publié au recueil des actes administratifs ce jeudi 18 juin, le préfet de Mayotte a décidé que sa réalisation n’était pas soumise à étude d’impact environnemental. Une décision qui permet au dossier de poursuivre son instruction, sans constituer pour autant une autorisation de réalisation des travaux.

Installé sur un terrain d’environ 7.5 hectares à Miréréni, dans la commune de Chirongui, le futur centre ambitionne de devenir un site de référence pour l’agroécologie à Mayotte. Pensé comme un lieu de démonstration, de recherche appliquée, de formation et de diffusion des bonnes pratiques agricoles, il s’inscrit dans la stratégie départementale visant à renforcer la souveraineté alimentaire de l’île.
Le projet comprend notamment des bâtiments pédagogiques et techniques, des serres, des hangars agricoles, une plateforme de compostage, ainsi que des infrastructures dédiées à la gestion de l’eau, dont deux retenues collinaires destinées à sécuriser l’irrigation des cultures.
Un outil pour accompagner la transition agricole
Le centre doit permettre d’accompagner les agriculteurs mahorais vers des pratiques plus durables. L’objectif affiché est de favoriser l’agroécologie, l’amélioration de la fertilité des sols, la gestion raisonnée de l’eau et la réduction de la dépendance aux intrants extérieurs.
Le site devrait également accueillir des expérimentations, des formations et des actions de vulgarisation destinées aux professionnels agricoles, aux porteurs de projets et aux partenaires institutionnels du secteur.
Un centre situé à proximité d’une zone humide et de forêts

Dans son arrêté, l’État reconnaît plusieurs sensibilités environnementales autour du site qui se situe à proximité d’une zone humide, dans le périmètre de protection d’un captage d’eau potable et à proximité d’espaces forestiers.
Mais après examen du dossier, les services de l’État ont néanmoins estimé que les impacts potentiels restaient maîtrisables au regard des mesures prévues par le maître d’ouvrage. « Considérant qu’au regard de l’ensemble des éléments du dossier fournis par le pétitionnaire et au vu de ses caractéristiques et de sa localisation, le projet n’est pas susceptible d’impacts notables sur l’environnement ou sur la santé humaine », écrit la préfecture.
Le Département-Région devra toutefois respecter plusieurs prescriptions relatives à la protection de la ressource en eau, à la gestion des eaux pluviales et à la préservation de la biodiversité.

« La préservation de la zone humide ainsi que du périmètre de captage d’eau du forage de Miréréni 2 constitue un enjeu majeur, et qu’à ce titre le pétitionnaire devra obtenir, avant le démarrage des travaux, l’avis d’un hydrogéologue agréé et de se conformer aux prescriptions émises par celui-ci », relève tout de même la préfecture.
« Il convient de prévenir tout risque de pollution de la ressource en eau, en particulier en encadrant strictement le stockage et l’usage de produits potentiellement polluants », ajoute-t-elle, ainsi que « le pétitionnaire doit prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’éviter tout risque de pollution, de limiter l’imperméabilisation des sols et de garantir une gestion adaptée des eaux pluviales et des terrassements ».
Une étape favorable mais pas l’autorisation finale

La décision préfectorale ne vaut pas autorisation de travaux. Elle signifie que le projet n’aura pas à réaliser une étude d’impact environnemental complète, procédure souvent longue et coûteuse. Les autres démarches réglementaires demeurent nécessaires, notamment en matière d’urbanisme et de protection des espèces et des milieux naturels.
Pour le Département, cette décision constitue un signal positif qui conforte la faisabilité du projet et permet d’envisager les prochaines phases de réalisation. À terme, le Centre d’Application Agroécologique de Miréréni pourrait devenir l’un des principaux outils de développement agricole de Mayotte, au service de la formation, de l’innovation et de l’autonomie alimentaire du territoire.
Victor Diwisch


