Aéroport en Grande-Terre : des compensations seront mises en place pour les agriculteurs impactés

Dans le cadre de l'accompagnement du projet de nouvel aéroport en Grande-Terre doté d'une piste longue, une charte d'engagement du comité de suivi des mesures agricoles a été établie. Objectif : accompagner les agriculteurs dont les terres seront annexées.

C’est un grand pas pour Mayotte mais surtout pour des centaines d’agriculteurs mahorais. A l’occasion d’un déplacement sur l’exploitation agricole de Fouad Ali, à Bandraboua, le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, à participer – aux côtés du président de la Chambre de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture de Mayotte (CAPAM), Saïd Anthoumani ; du président de l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRDM), Benoît Gars ; du délégué à la piste longue de l’aéroport de Mayotte, Christophe Masson ; et de Laurent Guichaoua pour l’Association Interprofessionnelle de Mayotte (AIM) – à la signature de la charte d’engagement du comité de suivi des mesures agricoles (CSMA).

François-Xavier Bieuville, préfet de Mayotte et Said Anthoumani, président de la CAPAM, ont signé le contrat d’engagement avec les agriculteurs pour le nouvel aéroport de Mayotte. (Léo Vignal / JDM)

Aussi, c’est avec un brin d’émotion et non sans fierté que le représentant de l’État s’est félicité de cette initiative. « C’est le dernier acte que je signe avant de partir de Mayotte ! », a confié François-Xavier Bieuville. « Le monde agricole est une force pour Mayotte, après Chido il a fallu se retrousser les manches pour nourrir la population mahoraise et accompagner les agriculteurs à reprendre leur production », a-t-il ajouté.

Le nouvel aéroport ne pourra se faire sans le consentement des agriculteurs

Tous les signataires de cette charte ont souligné la nécessité que les agriculteurs prennent part au développement de ce projet. En effet, cette charte clarifie les solutions de compensations pour les agriculteurs mahorais qui vont perdre des terres du fait de la construction de ce nouvel aéroport. « Cette charte est une préfiguration des pistes qui sont envisagées pour compenser la perte de terres agricoles, mais aussi de l’agriculture de demain », a souligné François-Xavier Bieuville. Il est ainsi prévu d’accompagner le développement du jardin maore (ndlr, technique agricole), mais aussi d’investir sur l’avenir en développant et en généralisant l’approvisionnement en eau (de la stocker notamment avec la construction de réserves), ou encore d’intensifier la production sous serres pour augmenter la productivité en diminuant par la même occasion les intrants.

Le monde agricole sera vigilant sur les compensations faites aux agriculteurs

Laurent Guichaoua représentant l’AIM, lors de la signature du contrat d’engagement avec les agriculteurs pour le nouvel aéroport de Mayotte. (Léo Vignal / JDM)

Même si la plupart des représentants du monde agricole présents lors de cette signature ont approuvé la mise en œuvre de cette charte, ils souhaitent toutefois rester vigilants. En effet, ce sont entre 300 et 400 hectares de terres agricoles, et pour la plupart des plus fertiles, qui vont disparaitre avec la construction de ce nouvel aéroport, sans compter plusieurs centaines voire milliers de personnes qui seront impactées.« Nous serons attentifs à la façon dont vont être accompagnés les agriculteurs qui vont perdre leurs parcelles car nous estimons qu’il y aura une perte de 5 à 10% de la production globale. On a besoin de manger avant de voyager ! », a rappelé Laurent Guichaoua.

Les représentants du monde agricole souhaitent que ce projet soit malgré tout « un mal pour un bien ». « Nous espérons que ce soit l’occasion de débloquer certains problèmes et lancer de nombreux chantiers comme par exemple les pistes agricoles en dur, l’approvisionnement en eau agricole, ainsi que la sécurité sur les exploitations », a insisté le représentant de l’AIM.

Une étude d’impacts d’ici la fin de l’année

Christophe Masson (au premier plan), délégué à la piste longue de l’aéroport, a rappelé que des études sont en cours pour mesurer les différents impacts liés à la construction du nouvel aéroport. (Léo Vignal / JDM)

Comme l’a rappelé Christophe Masson, des études sont en cours pour mesurer les différents impacts (naturels, humains, environnementaux…) que ce nouvel aéroport va engendrer. « D’ici la fin de cette année 2026, un premier dossier sera mis disposition des différents acteurs où y figureront des accords ou des réserves…il y aura des améliorations avec le temps et il sera donc amené à évoluer avec des mises à jour régulière. L’objectif in fine est qu’il y ait un avis positif de tous les acteurs qui prennent part à ce projet », a expliqué le délégué à la piste longue de l’aéroport de Mayotte.

Enfin, tout comme le dossier sur l’étude d’impacts, une déclaration d’utilité publique (DUP) sera faite avant la fin de l’année afin d’autoriser le lancement des travaux prévu au cours du 1er semestre 2027, nous a confirmé Christophe Masson.

B.J.

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