Contacté, le sénateur nous indiqué que cet amendement était nécessaire au vu des enjeux de sécurité et de souveraineté qui concernent notre territoire. « J’ai voulu attirer l’attention sur le fait que les conséquences de Chido ont montré l’insuffisance de nos infrastructures portuaires… Nous avons besoin d’un port avec une capacité plus importante. C’est une avancée concrète pour notre territoire, désormais inscrite dans la loi ».
Catastrophes naturelles, flux migratoires, influence étrangère

Pour le sénateur, cet amendement vise aussi à anticiper sur l’avenir. « A l’heure actuelle nous ne possédons pas les moyens nécessaires pour faire face et maîtriser la forte pression migratoire que subit Mayotte… Si vous ajoutez à cela le manque d’équipement en cas de catastrophes naturelles comme Chido, il est donc nécessaire de renforcer les structures portuaires de l’île ».
Mais ce qui préoccupe aussi l’élu du Palais du Luxembourg c’est la présence de nations étrangères dans la région, comme la Chine et la Russie. « Cet amendement contribue aussi à conforter la place stratégique de Mayotte dans l’océan Indien et plus particulièrement dans le canal du Mozambique face notamment à la présence de plus en plus marquée de pays comme la Chine et la Russie. Nous devons être prêts et renforcer nos capacités avec des éléments de la Marine. Mon combat depuis déjà quelques temps c’est de faire en sorte que nos territoires ultramarins soient des lieux stratégiques pour la France », insiste-t-il.
La présidence française dans la Commission de l’océan Indien

En tant qu’ancien ministre de la Francophonie et des Partenariats internationaux nous avons interrogé Thani sur la Commission de l’océan Indien (COI) dont la France doit prendre la présidence le 8 juin prochain et sur une éventuelle intégration de Mayotte en son sein. « L’intégration d’un nouveau membre au sein de la COI nécessite l’unanimité de tous les membres même si tous n’y sont pas hostiles… Il ne faut pas se focaliser sur les Comores, en dépit du fait que ce sont eux les plus réticents. Ce serait un casus belli pour eux si Mayotte intégrait la COI. Il faut sortir des postures politiques et penser aux populations. Nous devons échanger et discuter avec les autres membres, il faut poursuivre cette diplomatie, c’est un travail au long cours… », nous a confié le sénateur.
B.J.


