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samedi 20 avril 2024
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Mois sans tabac : Pour que la Santé ne parte pas totalement en fumée

Novembre marque officiellement le lancement de la 7ème édition mahoraise du mois sans tabac pilotée et mise en place par les conjointes actions de l’ARS, des associations Saome et Popam ou encore de la Cssm. L’occasion pour les fumeuses et fumeurs désireux d’emboîter le pas du sevrage tabagique, dans cette stimulante dynamique commune, de se sentir plus que jamais compris et soutenus pour enfin décrocher.

Le tabac, c’est un décès à travers le globe toutes les 10 secondes, c’est plus de victimes au XXème siècle que les pertes humaines liées aux 2 guerres mondiales réunies, c’est une moyenne annuelle de plus de 8 millions de morts, dont 1,3 million estampillés fumeurs passifs. Loin de la carte postale cinématographique qui, fâcheusement perdure dans l’inconscient collectif pour prôner le caractère viril d’un personnage ou, à contrario, glamour, OUI ! Le tabac fait des ravages directs et collatéraux. OUI ! LE TABAC TUE précocement et bien souvent douloureusement…et on ne le répétera jamais assez sachant que le baromètre mahorais*, bien que très inférieur aux stats nationales, n’est guère épargné en la matière et il semblerait que cela monte, doucement mais (tristement) surement, en puissance.

(Illustration/DR)

Novembre, un mois parfait pour arrêter 

Inspiré de nos voisins Outre-Manche, dont le concept Stoptober a justement fait ses efficientes preuves en amont , le Mois sans tabac multiplie à minima par 2 les chances d’arrêter définitivement de fumer. Le concept ? Créer une motivante symbiose à échelle nationale autour d’un même objectif qui est celui d’arrêter de fumer. Depuis sa création française en 2016, ce sont déjà plus de 900 000 participants qui se sont inscrits (cliquez sur ce lien) pour cette saine aventure qui n’est pas des moindres niveau intensité car comme nous l’indique Charlotte Iziki, responsable de la promotion Santé chez Saome (Santé addictions Outre-mer) et du dispositif de coordination Mois sans Tabac à Mayotte : « Lorsque l’on décide de se sevrer de la nicotine, les manifestations physiques de manque apparaissent lors des 4 à 6 premières semaines. Le phénomène le plus redouté est celui qu’on appelle le craving. C’est l’envie compulsive et irrépressible de consommer cette substance qui nous manque et de légitimes manifestations émotionnelles, bien souvent de frustration, peuvent en découler ». Tristesse, fatigue, irritabilité, manque de sommeil, envie de grignoter… Le corps doit s’adapter à un nouvel équilibre et le fait très vite savoir. Surtout les premiers jours, semaines. Point positif, vous n’êtes pas seuls et de nombreux outils mis à disposition via cette opération, en plus de l’accompagnement d’un professionnel, vous aident grandement.

Equipe Saoma et Popam prête à accueillir le grand public pour cette amorce de Mois sans tabac

Alors on fait quoi au juste ?

Sur notre territoire, en termes d’accueil et de prise en charge, notamment pour arrêter de fumer, il existe 2 structures spécifiquement liées à cela que sont le service addictologie du Centre hospitalier de Mayotte ainsi que, depuis janvier 2022, la Plateforme Oppelia de prévention et de soin des addictions à Mayotte (Popam).

L’infirmière Christine Martin procède a un test de CO expiré du fumeur pour voir, au moyen de cet appareil, l’état général et la qualité de son souffle… Ici, le signal rouge annoncé n’est pas vraiment top !

Pour le lancement de cette opération Mois sans tabac, un stand d’information, sur les matinées du jeudi 2 et du vendredi 3 novembre, est justement ouvert au grand public, dès 7h30, à l’entrée même de la Caisse de Sécurité sociale de Mayotte. En présence, Rabianta, animatrice prévention Popam et Christine Martin, infirmière du même réseau sur toutes les antennes situées à Miréréni, Dzoumogné et, à venir d’ici peu, Mramadoudou ainsi que Cavani : « Notre travail de sensibilisation et communication de terrain porte ses fruits et les personnes, notamment les jeunes, sont de plus en plus conscients des dangers globaux liés au tabac. Il y a encore très peu de temps de cela, la chicha était banalisée et sous-évaluée en matière d’impact sur la Santé. Les mentalités évoluent. Durant ces 2 jours, j’accueille les personnes désireuses d’arrêter de fumer, les informe, les oriente, dresse avec elles un bilan personnalisé et peux même leur donner gratuitement à l’essai des substituts nicotiniques sous forme de gomme ou de patch. L’idée, c’est que si cela fonctionne dans les premiers jours, ils reviennent me voir en centre par la suite ou alors, par téléphone, ils me contactent et je peux leur fournir par mail une ordonnance pour justement leur prescrire ces produits. La dynamique étant vraiment de ne pas les laisser seuls et de graduellement les accompagner ».

2 hôtesses vont à la rencontre des gens dans l’ensemble du centre pour les informer, les sensibiliser et les enregistrer pour participer à ce mois sans tabac

Ces produits pour sevrage tabagique prescrits et disponibles en pharmacie sont remboursés à hauteur de 65% par la CSSM et une participation complémentaire de 35% si la personne bénéficie d’une mutuelle. En somme, 100% gratuit niveau pécuniaire, il ne reste plus qu’à franchir l’étape de la volonté et de la détermination pour arrêter de fumer. Outre ces 2 matinées informatives et la possibilité d’ores et déjà de s’inscrire en ligne pour l’opération Mois sans tabac, des kits gratuits ont spécifiquement été distribués à l’ensemble des pharmacies de notre département et sont bien entendu disponibles à tous. N’hésitez pas à vous servir ou à les demander.

Des profils qui légitiment diffèrent mais un objectif commun…

… Celui d’arrêter de fumer ! Lors de notre venue, en un laps de temps finalement très restreint, ce sont déjà 5 personnes qui se sont spontanément présentées à ce stand estampillé sans tabac. En toute honnêteté, l’intégralité relevait de la gente masculine comme Adine, 20 ans qui a commencé à fumer par curiosité, dès ses 10 ans : « Au début, c’était de l’amusement mais cela s’est transformé avec le temps en dépendance. Je ne fume que des cigarettes, rien d’autre, mais j’ai pu monter jusqu’à 1 paquet par jour et souhaite vraiment arrêter définitivement sans replonger, comme cela a déjà été le cas. Je suis jeune. Ma venue aujourd’hui a été un pur hasard. Initialement j’amenais un papier à la Sécurité Sociale ».

(de g. à d.) E.Thibault et C.Iziki échangeant sur le contenu du kit gratuit pour arrêter de fumer disponible dans toutes les pharmacies de Mayotte

Un hasard plutôt stratégique et cohérent pour cette première en ce lieu : « Les services de Saome m’ont donc contactée en amont pour me proposer de poser leurs valises durant ces 2 jours en notre enceinte, j’ai tout de suite accepté », nous précise Emmanuelle Thibault, chargée de la gestion du risque et de la prévention Santé au sein de la CSSM avant de poursuivre : « Ce dispositif et son implantation ont d’autant plus de sens et de portée en ce lieu. Certes les chiffres officiels démontrent qu’à Mayotte, la consommation de tabac est relativement moindre mais il faut avant tout la percevoir telle une porte d’entrée aux conduites addictives dans leur globalité et bien entendu, la préservation de la Santé comportent plusieurs pistes et enjeux pour l’Assurance maladie. Nous sommes partenaires de cette opération sur le plan de la Communication mais également de renfort de personnels pour le volet information et administratif à même le stand ».

Légèrement en retrait, à l’abri des regards, l’infirmière de la Popam reçoit les personnes en entretien individualisé durant 20 bonnes minutes

Parmi les autres prétendants à l’envie d’arrêter, Ilizame, 32 ans, père de 4 filles et fumeur depuis ses 13 ans : « Mon père était fumeur. J’ai très vite été habitué à voir ses paquets de cigarettes posés sur la table, à la maison; la tentation d’essayer était grande et l’addiction est née. Je fume 2 à 3 paquets par jour, cela me coute extrêmement cher, je gaspille bien trop d’argent et dois en plus nourrir et subvenir aux besoins de ma famille. Arrêter de fumer tout seul, c’est vraiment un combat perdu d’avance. J’ai déjà essayé. Pour ma part, c’est ma manière d’amoindrir mon stress face aux nombreuses difficultés que je rencontre. Il y a des réflexes qui vont de pair, je m’ouvre une bière, je m’allume une cigarette, oui c’est de la dépendance… Mais je suis lucide et ne veux pas à mon tour entrainer mes enfants là dedans. J’ai besoin qu’on m’aide et je veux vraiment arrêter ».

Des substituts nicotiniques en échantillons de gommes ou de patchs sont délivrés en fonction du profil de consommation des fumeurs

Des témoignages lucides et touchants qui renforcent la légitimité de ces actions concrètes bien plus efficientes et percutantes, à moyen-long terme, en comparaison de la simple Journée Mondiale sans tabac du 31 mai, rappelons-le. Au total, ce sont 17 partenaires qui proposent durant ce mois diverses actions et manifestations sur notre île, en lien avec cette thématique de lutte contre le tabagisme qui, par delà les années, résiste et ne semble guère décidée à s’évaporer… Le combat continue. Amis fumeurs, n’ayez pas peur, écrasez-nous cette cigarette et rendez-vous sur le : www.tabac-info-service.fr ou encore le Facebook spécial Mayotte du Mois sans tabac. Vous verrez, vous ne serez pas seuls, on vous le promet.

 

MLG


*Mayotte : en 2019, la prévalence du tabagisme quotidien était de 10 % (19 % des hommes et 2 % des femmes). Parmi les adultes, 13 % fumaient du tabac (dont 11 % quotidiennement) : 24 % des hommes (21 % quotidiennement) et 3 % des femmes. Parmi les mineurs (15-17 ans), 5% fumaient du tabac (4 % quotidiennement) : 9 % des garçons (7 % quotidiennement) et moins de 1 % des filles.

Métropole : en 2022, plus de trois personnes de 18-75 ans sur dix déclarent fumer (31,8%) et un quart fumer quotidiennement (24,5 %). L’augmentation observée parmi les femmes entre 2019 et 2021 a cependant marqué le pas. Les hommes continuent de fumer davantage que les femmes (27,4 % de tabagisme quotidien, vs 21,7 %).

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