Opération Wuambushu : La CNCDH invite G. Darmanin à renoncer

Le 17 mars, le président de la CNCDH, Jean-Marie Burguburu, a écrit au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, pour l'appeler à abandonner le projet d'expulsions massives de personnes étrangères en situation irrégulière prévu pour avril à Mayotte.

Récemment reconduit à la tête de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), l’avocat Jean-Marie Burguburu s’est adressé au ministre Gérald Darmanin pour « exprimer en urgence ses graves préoccupations » sur l’opération Wuambushu dont il a été informé par les associations membres de la CNCDH. Une réaction somme toute logique sous la plume de celui qui a publié un rapport il y a 4 jours sur les violences policières dans le contexte des manifestations contre a réforme des retraites.

Jean-Marie Burguburu évoque en émettant des hypothèses sur une opération pour l’instant informelle, « la destruction de bidonvilles » et une « vague massive d’expulsions de personnes étrangères en situation irrégulière ».

Immigration, Darmanin, Mayotte
Gérald Darmanin dans un des intercepteurs de Shikandra

Il met en garde contre « l’aggravation des fractures et des tensions sociales dans un contexte déjà très fragilisé, d’une part », et « l’atteinte au respect des droits fondamentaux des personnes étrangères dans le cadre d’expulsions massives, d’autre part. » Et argumente en se basant sur le résultat produit par les expulsions menées jusqu’à présent : « depuis plus de dix ans, un très grand nombre de personnes expulsées reviennent sur l’île au péril de leur vie. En outre, parmi les personnes en situation irrégulière sur le territoire mahorais, nombreuses sont celles qui vivent depuis plusieurs années sur l’île, sont insérés socialement ».

Invitant le ministre de l’Intérieur à « renoncer à la mise en œuvre de ce projet dans le contexte actuel », il appelle à la recherche d’une « réponse politique » aux migrations, et appelle le gouvernement à promouvoir une nouvelle dynamique dans une logique d’accompagnement des mouvements ».

Certains arguments ne manquent pas de poids, et nous avions également émis des réserve sur une erreur de cible quand il faut s’attaquer prioritairement à l’écosystème de la délinquance, tout en musclant les moyens de lutte contre l’immigration clandestine en mer, plus efficace qu’un « one shot ». Pour autant, il serait judicieux de profiter de l’intérêt que porte la CNCDH à Mayotte pour l’inciter à se battre également sur la convergence des droits des mahorais sur la métropole. En adressant un courrier au même ministre qui chapeaute aussi les outre-mer.

A.P-L.

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