Soutenue par la Fondation de France, l’association les Compagnons bâtisseurs aide à la reconstruction d’habitations sur notre territoire depuis le passage de Chido. D’ici avril 2027, ce sont une vingtaine de petites maisons situées sur la commune de Ouangani qui seront réhabilitées.

La Fondation de France et les Compagnons bâtisseurs aident les familles mahoraises à (se) reconstruire

Soutenue par la Fondation de France, l’association les Compagnons bâtisseurs aide à la reconstruction d’habitations sur notre territoire depuis le passage de Chido. D’ici avril 2027, ce sont une vingtaine de petites maisons situées sur la commune de Ouangani qui seront réhabilitées.

C’est dans une maison à Ouangani, dont le toit s’était envolé lors du passage du cyclone Chido, que Ludovic Barthélémy, directeur d’établissement des Compagnons bâtisseurs de Mayotte, nous a emmenés pour nous montrer la reconstruction de la toiture. « Nous avons posé une toiture anti cyclonique avec plus de vis et des tôles de rive pour éviter que le vent s’engouffre et ne fasse s’envoler la toiture », explique-t-il.

De nouvelles « cases SIM 2.0 »

En dessous de la protection en tôle, un isolant phonique et thermique de 5-6 cm a été installé ainsi que des brasseurs d’air ce qui permet de faire baisser la température à l’intérieur du logement de 5 à 7 degrés.

La plupart des habitations confiées aux Compagnons bâtisseurs pour être reconstruites sont d’anciennes cases SIM qu’il a fallu réhabiliter tout en ajoutant un peu de confort moderne. « En dessous de la protection en tôle nous avons mis un isolant phonique et thermique de 5-6 cm et ajouté des brasseurs d’air ce qui permet de faire baisser la température à l’intérieur du logement de 5 à 7 degrés », nous a indiqué Ludovic.

Il faut environ 4 à 5 semaines de travaux avec 4 personnes sur le chantier pour réhabiliter une maison d’environ 50 m². Les Compagnons bâtisseurs se chargent aussi de la sécurisation électrique : tableau, compteur avec disjoncteur différentiel, etc. Pour réhabiliter une maison, la Fondation de France finance à hauteur de 10.000 euros les besoins en matériaux et prend également en charge la main d’œuvre nécessaire pour refaire la toiture et l’amélioration de l’habitat.

« Pour une habitation de 50 m², il faut compter environ 30.000 à 35.000 euros pour la réhabiliter et la mettre aux normes, mais on s’adapte en fonction… », souligne Ludovic. « Souvent, à la fin du chantier, à l’occasion de la « musada », les bénéficiaires et les voisins participent aux dernières finitions comme la peinture par exemple ce qui permet de renforcer le lien social », ajoute-t-il.

Des bénéficiaires sélectionnés sur critères

Ludovic Barthélémy en train de discuter avec une bénéficiaire de l’aide à la réhabilitation de son logement.

Les conditions d’attribution pour bénéficier de cette aide à la réhabilitation de son logement dépendent de la situation sociale des foyers. « Même si les critères ne sont pas arrêtés, nous priorisons les familles en situation de grande vulnérabilité : femme seule avec enfants, personne en situation de handicap, avec des revenus en dessous du SMIC… Pour détecter les personnes bénéficiaires nous travaillons avec les CCAS qui nous indiquent les familles les plus vulnérables, les plus dans le besoin, et suite à cela nous faisons un diagnostic technique », poursuit le directeur d’établissement des Compagnons bâtisseurs.

Pour le lancement des premiers chantiers de réhabilitation, le choix s’est porté sur la commune de Ouangani. « Fin 2025, nous avons mené, avec la Fondation de France, une étude pour savoir où agir, quels étaient les endroits les plus touchés… Pour que nous puissions intervenir, il est essentiel qu’il y ait une cohésion sociale forte avec des bénévoles, mais il faut aussi que les gens aient beaucoup de besoins, qu’ils soient éloignés des pôles administratifs et avec peu d’aides sociales », insiste Ludovic Barthélémy.

D’ici avril 2027, la réhabilitation de 20 maisons sur la commune de Ouangani, financée par la Fondation de France, devrait être achevée, assure Ludovic. Ce sera alors l’occasion pour les Compagnons bâtisseurs de basculer sur un autre projet de réhabilitations de logements, probablement dans le nord de l’île. « Grace à la Fondation de France nous avons des fonds jusqu’à la fin 2028 pour réhabiliter une cinquantaine d’habitations afin d’aider les familles à reconstruire leur logement et retrouver des conditions de vie normale. Pour l’instant, nous avons de très bons contacts avec le CCAS d’Acoua, avec les communes de Tsingoni, Chiconi, ou encore Dembéni ». Affaire à suivre…

B.J.

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