La matinée a porté sur une question essentielle : comment reconnaître un mineur victime d’exploitation sexuelle et savoir comment réagir ? Organisée par la DRDFE, elle a été animée par l’association nationale Le Mouvement du Nid, spécialisée dans l’accompagnement des personnes en situation de prostitution et la lutte contre les violences prostitutionnelles.
Dès les premiers échanges, les intervenants ont insisté sur la nécessité de changer de regard sur les jeunes concernés. Un mineur en situation de prostitution ne doit pas être considéré comme un jeune qui aurait choisi cette situation, mais comme un enfant victime d’exploitation sexuelle.

Cette sensibilisation intervient dans un contexte critique sur l'île. Les premiers résultats d’une étude commandée par l’État et présentés en septembre 2026 dans les locaux de la Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS) estiment à 12 pour 10.000 le nombre de mineurs concernés sur le territoire, soit un taux deux fois supérieur à celui de La Réunion. Une situation qui serait aggravée par la précarité économique et administrative.
Des acteurs de terrain au contact des jeunes

La formation, organisée par Manarssana Boina, directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité, a réuni plusieurs acteurs qui interviennent régulièrement auprès des jeunes et des familles. Parmi eux figuraient les parents-relais bénévoles des associations MayMesso et Entr’Aide Paix et Jeunesse, des représentants du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD), ainsi que les médiateurs de la CCPT.
Leur présence sur le terrain permet de créer des liens de confiance, mais aussi de repérer des situations préoccupantes et de faciliter les échanges avec les institutions, les forces de sécurité et les services de secours.
Savoir réagir sans culpabiliser les victimes
Au-delà des mots, la matinée a permis d’aborder les mécanismes de l’exploitation sexuelle et les réactions à adopter lorsqu’une situation est suspectée. L’objectif est de permettre aux acteurs de terrain de mieux identifier les signes de vulnérabilité et d’orienter les jeunes vers les professionnels compétents.
Depuis 2019, les médiateurs de la CCPT accompagnent les jeunes en difficulté dans le cadre d’un programme cofinancé par le Fonds social européen (FSE). Leur travail concerne plusieurs domaines, des démarches administratives et médico-sociales à la prévention des addictions, en passant par la réussite scolaire, la citoyenneté, la santé sexuelle et les conduites à risque.
Shanyce MATHIAS ALI.