Aller au contenu
Le Journal de Mayotte L’info au service de Mayotte

L’actualité de Mayotte et de l’océan Indien

Le journal
en version numérique

Tous les numéros,
sur tous vos écrans.

Menu

Informations pratiques

Vols de Mayotte

Aéroport de Dzaoudzi-Pamandzi (DZA · FMCZ)

  • DZA / FMCZDzaoudzi-Pamandzi
  • Vendredi 30octobre 2026
  • 25 °CAverses
  • MayotteHeure locale (UTC+3)

Horaires programmés par les compagniesLes retards et les annulations ne sont pas suivis en direct à Mayotte. Avant de partir à l’aéroport, vérifiez l’état de votre vol auprès de votre compagnie.

Illustration

Arrivées

3 vols
HeureVolProvenanceCompagnieStatut
12:15 UU 274Air Austral La RéunionRoland-Garros Air Austral Programmé
14:25 SS 772Corsair La RéunionRoland-Garros Corsair Programmé
17:00 ZD 213Ewa Air Antananarivo Ewa Air Programmé

Départs

3 vols
HeureVolDestinationCompagnieStatut
12:30 ZD 212Ewa Air Antananarivo Ewa Air Programmé
14:00 UU 275Air Austral La RéunionRoland-Garros Air Austral Programmé
16:10 SS 773Corsair La RéunionRoland-Garros Corsair Programmé
  • Horaires indicatifsSource : AeroDataBox
  • Mise à jour30 octobre 2026 à 18:05 (heure de Mayotte)
  • Vols commerciauxréguliers uniquement
  • En cas de douteContactez votre compagnie
Voir les vols des 5 prochains jours (nouvel onglet)

Travail dissimulé : Le producteur d’œufs MAJWAYI devrait 107.262 € à un salarié, selon la Dieccte

Justice

Par Anne Perzo

Publié le · Heure de Mayotte

L'affaire sordide implique six jeunes filles et un garçon

OeufsL’entreprise et son directeur se retrouvent en correctionnelle, et non au tribunal du travail, en raison d’une poursuite du parquet. C’est un accident de travail qui met en évidence la situation de Kader*, un accident qui se produit un jour férié, et pas des moindres, puisqu’il s’agit du 1er mai 2015, jour de la fête du Travail ! Il se blesse lors d’un nettoyage des locaux, à Ouangani.

L’inspection du travail met le nez dans les bulletins de salaire, sort sa calculette, en déduis un différentiel entre les heures de travail effectuées et leur rémunération, qu’elle chiffre à 107.262 euros.

« La gendarmerie a eu du mal à travailler avec le directeur de l’entreprise qui ne répondait pas aux sollicitations », rapporte le président du tribunal, Laurent Sabatier. Qui évoque des pressions effectuées sur Kader : « La victime évoque le passage de son patron à son domicile pour qu’il modifie son témoignage sur le nombre d’heures effectuées, notamment en fournissant une attestation sur l’honneur à recopier. »

Plus de 20h par jour... à cause des nuits

La barre de la salle d'audience
La salle d'audience

Arrivé dans l’entreprise le 1er janvier 2015, le responsable administratif et financier de la SCEA est à la barre. Il ne reconnaît qu’à moitié les horaires effectués par son salarié. « Je l’ai mis plusieurs fois en garde sur ses dépassements horaires. Il n’avait pas d’ordre précis pour travailler le 1er mai, les bâtiments sont fermés », mais tout en indiquant plus tard, « je lui ai dit ‘tu fais un travail de dingue’ ».

Une contradiction que relèvera le juge Banizette, un des assesseurs du président Sabatier : « Beaucoup de salariés n’ont pas conscience de leurs droits, qu’ils découvrent auprès de la Dieccte.  Un accident du travail le 1er mai peut être le signe d’une entreprise qui fait travailler ses salariés en dehors du cadre légal. En tant que juge du travail, j’ai eu d’autres affaires sur MAJWAYI à traiter, la gestion n’était pas très carrée. Et selon les relevés de présence de ce salarié, il faisait 136 heures par semaine ! ». C’est à dire prés de 20h par jour.

On comprendra plus tard pourquoi : il assure les fonctions de responsable de bâtiment d’élevage le jour, avec ramassage des œufs et nettoyage des bancs, et de gardien de nuit ensuite. Pour lequel il ne serait pas payé. Il est donc logique que le directeur financier assure ne pas avoir embauché de gardien de nuit.

« Du néocolonialisme ! »

Me Yanis Sohaili pour la défense
Me Yanis Souhaïli pour la défense

« Pourquoi gardez-vous un salarié qui déclare plus d’heures de travail qu’il ne fait ?! », interpelle le juge Banizette, qui fait remarquer qu’aucune procédure n’a été intentée au tribunal du travail et que rien n’a été fait pour régler les problèmes, « qui sont actuellement toujours les mêmes. » Il n’y a pas de pointeuse dans l’entreprise. La direction avance que les heures avancées par le salarié sont payées, mais les bulletins de salaire fournis font état de 169h par mois.

A la barre, Kader répète ce qu’il a expliqué pendant l’enquête, traduit par un interprète : « Je fais du gardiennage de nuit, mais pas payé. Mes heures supplémentaires non plus. Après l’accident du 1er mai, j’ai déposé plainte auprès de la gendarmerie, mais le patron est venu me menacer, puis s’est rendu chez moi. Ils m’ont fait monter dans une voiture, en me tendant un stylo pour que je recopie une attestation. Je l’ai apportée à la gendarmerie. »

Pour son avocate, c’est de l’exploitation, « parce qu’au départ, il n’avait pas ses papiers. Il est donc corvéable à merci, c’est du néocolonialisme ! Il dort sur un matelas la nuit posé dans un container, sans que ces heures de gardiennage soient comptabilisées. C’est pour cela que la somme due de 107.262€ est élevée. » Elle demande 6.000 euros de préjudice moral.

La défense met en cause l’enquête

Le procureur Miansoni mettra en évidence les propos liminaires du salarié : « Il ne réclame rien quand il évoque sa situation à la Dieccte, il ne fait que décrire son quotidien : un travail sans repos, mettant en évidence des heures travaillées qui ne correspondent ni au bulletin, ni à la législation. Il n’est pas en position de partir, ayant des charges à payer. Puisqu’elle assure que les horaires ne correspondent pas, pourquoi la direction de l’entreprise n’a pas agi ?! »

Il requiert une peine de 15.000 euros d’amendes pour la société, et 3.000 euros pour son directeur, ainsi que la publication de la décision de la condamnation. Le parquet demande également pour chaque infraction, 400 euros d’amendes pour préjudice moral, et 200 euros pour préjudice physique.

S’exprimant en dernier pour la défense, Me Yanis Souhaïli avait choisi d’attaquer dans une courte plaidoirie, le manque de sérieux de l’enquête menée par la gendarmerie : « Tout est basé sur les analyses de la Dieccte, elles-mêmes basées sur les informations fournies par Kader, sans certitude de véracité. » Il rappelait que l’entreprise était suivie en procédure collective, selon un plan de redressement judiciaire.

Le délibéré sera rendu le 12 juillet.

A.P-L.

DIECCTEMAJWAYIMayotteoeufs

À lire aussi dans

Tours d’eau — planning SMAE par secteur Mayotte Agenda — tous les événements à Mayotte : concerts, expositions, conférences, sports, sorties famille, vie associative. Voir l’agenda
Le Journal de Mayotte

Abonnez-vous au Journal de Mayotte

Toute l’actualité de Mayotte et de l’océan Indien en accès illimité, où que vous soyez.

  • Accès illimité
    à tous nos articles
  • Sur tous
    vos appareils
  • Restez informé
    alertes et newsletters
  • Soutenez un média local

Abonnement annuel

190 €/ an

  • Accès illimité au site
  • Tous vos contenus sur tous vos appareils
  • Soutien au journalisme local

Choisissez votre mode de paiement

Paiement 100 % sécurisé

En cliquant sur ce bouton, vous acceptez nos conditions générales de vente.

Météo & mer

Mamoudzou · Mayotte

Chargement des prévisions…

Météo marine

Mayotte et son lagon

…

Prévision du modèle NOAA GFS-Wave (mailles d’environ 28 km, ), lissée pour l’affichage : valeurs indicatives, atténuées dans le lagon par la barrière de corail. Ne remplace pas les bulletins officiels : vigilance Météo-France. Fond © OpenStreetMap, balisage © OpenSeaMap.

Vos cookies sur Le Journal de Mayotte

Le Journal de Mayotte utilise des cookies de mesure d’audience (Google Analytics) pour compter ses visites et améliorer le site. Aucun cookie publicitaire. Vous pourrez changer d’avis à tout moment.