À la suite d’une interview d’Emmanuel Macron diffusée mercredi 28 octobre sur le site de l’Élysée, SUD éducation Mayotte s’est exprimé sur les causes des difficultés rencontrées dans les établissements scolaires du département. Le syndicat relève que le président de la République a attribué ces problèmes à la « pression migratoire ».
Pour SUD éducation Mayotte, cette analyse ne reflète pas les revendications portées localement. Le syndicat rappelle que le mouvement des lycéens, démarré à Mayotte au lycée du Nord avant de s’étendre à l’échelle nationale, concerne des problématiques partagées par l’ensemble du pays : un besoin accru d’enseignants, des infrastructures adaptées au climat, des équipements en état de fonctionnement et l’accès à du matériel informatique opérationnel.
Le syndicat estime que « les problèmes scolaires de Mayotte sont dus à un refus d’anticipation des besoins d’un département jeune, qui est l’un des rares départements français à maintenir un taux de fécondité suffisamment élevé pour renouveler les générations ».
Durant les cinq semaines de mobilisation et de blocage des établissements, SUD éducation Mayotte note que le collectif du lycée du Nord n’a jamais mis en avant la question migratoire dans ses revendications. Le syndicat précise : « Ces parents et ces enseignants sont pourtant les premiers concernés ».
Emmanuel Macron a également déclaré que « la République accueille les enfants même en situation irrégulière ». SUD éducation Mayotte juge cette affirmation « partiellement fausse », avançant que chaque année, des milliers d’enfants restent non scolarisés à Mayotte en raison d’un manque de places.
Affilié à l’union syndicale Solidaires, le syndicat rejette ce qu’il considère comme un « discours d’extrême-droite qui rejette les responsabilités sur les étrangers ». Il rappelle que l’éducation constitue « un investissement qui rapporte plus qu’il ne coûte à l’État ».
En conclusion, SUD éducation Mayotte affirme : « Si la France ne veut pas des enfants de Mayotte, elle s’appauvrit volontairement. Nous voulons une éducation de qualité pour tous et toutes à Mayotte ! ».