Se rendre à un rendez-vous, effectuer une démarche administrative ou simplement faire ses courses peut vite devenir un parcours compliqué lorsqu’on est en situation de handicap ou en perte d’autonomie. Pour certains habitants de Petite-Terre, chaque déplacement demande une organisation particulière, parfois même l’aide d’un proche.

C’est justement à cette difficulté que la CCPT veut s’attaquer avec Mob’TiTerre, un nouveau service de transport adapté qui permet aux bénéficiaires de se déplacer sans avoir à chercher eux-mêmes un moyen de transport accessible.
Le véhicule doit venir chercher les usagers directement chez eux, les conduire à leur destination, puis assurer leur retour. Le service fonctionne du lundi au samedi, de 7 heures à 18 heures, avec une dernière prise en charge à 17h30, et il est entièrement gratuit pour les personnes éligibles.
Un transport pensé pour ceux qui ont du mal à se déplacer
Le service s’adresse aux habitants de Petite-Terre qui rencontrent des difficultés importantes pour se déplacer : aux utilisateurs de fauteuils roulants, aux personnes déficientes visuelles titulaires d’une carte mobilité inclusion (CMI) mention « invalidité », ainsi qu’aux personnes âgées de 60 ans et plus bénéficiant de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).
Les personnes en situation de handicap temporaire, pour une durée maximale de trois mois, peuvent également en bénéficier. Pour accéder au service, une inscription est obligatoire, les dossiers sont disponibles auprès de Transport Salime, de la MDPH de Petite-Terre, de la direction des Mobilités de la CCPT ou des CCAS.

Côté réservation, les trajets occasionnels doivent être demandés entre deux semaines et 48 heures à l’avance. Pour les déplacements réguliers, les réservations peuvent être effectuées jusqu’à deux mois à l’avance, avec un délai minimum de 48 heures. En cas de besoin urgent, il est possible de contacter le service par téléphone, à condition de prévenir au moins 24 heures avant le déplacement. Les demandes sont acceptées en français ou en shimaoré.
Pour Charaffoudine Ramadani Toto, président de la CCPT, la gratuité était un choix important dans la construction du dispositif. « Les difficultés liées au handicap ou à la perte d’autonomie ne doivent pas être aggravées par des contraintes financières supplémentaires », a-t-il expliqué.
Un véhicule électrique adapté
Pour assurer les déplacements, Mob’TiTerre dispose d’un véhicule électrique neuf, spécialement équipé pour accueillir les personnes à mobilité réduite. Il possède notamment une rampe d’accès permettant aux utilisateurs de fauteuils roulants de monter à bord, ainsi que des équipements de maintien pour sécuriser leur installation.

L’exploitation a été confiée à Transport Salime dans le cadre d’un marché public d’un montant de 525.958 euros, prévu pour une durée de quatre ans. La collectivité vise 1.000 courses par an, soit un minimum de 4.000 courses sur la durée du marché, sachant qu’un aller-retour représente deux courses.
« On a répondu à un marché public sur la demande comme beaucoup de choses sont en train de se mettre en place sur la transition écologique, c’était le souhait de la CCPT d'avoir un véhicule électrique », confie Anli Abdallah Djaha, directeur d’exploitation de Transport Salime.
Au-delà du véhicule et des moyens mobilisés, c'est surtout un changement attendu dans le quotidien des personnes concernées. Aoussidine, habitant de Petite-Terre en situation de handicap, ne cache pas son soulagement. Avant la mise en place de Mob’TiTerre, ses déplacements et ses démarches administratives étaient particulièrement difficiles.
« Les taxis ne nous acceptent pas souvent. C’est vraiment une bouffée d’air frais, je suis content, car je trouve que la situation s’améliore petit à petit sur l’île pour les personnes en situation de handicap », témoigne-t-il. Aujourd’hui, il voit dans ce nouveau service une possibilité de retrouver davantage d’autonomie.
L'accessibilité ne s'arrête pas au transport
Mais pour le président de la CCPT, mettre un véhicule adapté à disposition ne règle pas toutes les difficultés rencontrées par les personnes à mobilité réduite. Lors de la présentation du dispositif, un déplacement effectué pour aller chercher un premier bénéficiaire à son domicile a d’ailleurs permis de constater certaines de ces difficultés. L’accès à la maison n’était pas adapté et il a fallu franchir une partie du muret pour permettre au fauteuil roulant de rejoindre le véhicule.

« La mobilité ne commence pas à la montée dans un véhicule, elle commence au domicile et se poursuit jusqu’au lieu où chacun veut se rendre », a rappelé Charaffoudine Ramadani Toto.
L’interco annonce ainsi la poursuite de ses aménagements en faveur des mobilités douces, avec notamment la réalisation d’une voie verte entre le secteur du Four-à-Chaux et la rue Manga Fouté, en direction de Pamandzi. Le projet doit intégrer une piste cyclable et un trottoir adapté aux personnes à mobilité réduite, afin de permettre aux piétons, aux cyclistes et aux personnes en fauteuil de circuler en sécurité. Des infrastructures de recharge pour véhicules électriques doivent également être développées avec des travaux annoncés dans les semaines à venir.
Pour réserver un créneau, il faut contacter le : 06 39 69 97 00
Shanyce MATHIAS ALI.