Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé la réforme de l'ENM. Cette décision fait suite à la remise d’un rapport par Charles Toubloul Moracchini, conseiller d’État, qui avait été chargé en octobre 2025 de mener une réflexion sur la réforme nécessaire de l’ENM.
Le rapport, composé de 30 propositions, servira de feuille de route à la nouvelle directrice, Valérie Delnaud. Il s’articule autour de trois axes principaux :
Une magistrature à l’image de la société : Le rapport recommande une stratégie favorisant la méritocratie, avec la création d’un observatoire dédié. Il propose d’ouvrir davantage le concours d’entrée, de labelliser les préparations publiques et de corriger les obstacles géographiques, sociologiques et économiques à la diversité des candidats. Les futurs magistrats seraient également formés à l’intelligence artificielle, aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux, à la mesure de l’impact de leurs décisions et à la communication judiciaire.
Une magistrature ancrée dans le service public et tournée vers l’usager : Les enseignements et stages devront répondre aux attentes des justiciables. Le rapport préconise un rapprochement de l’ENM avec d’autres écoles du service public, comme l’INSP (ex-ENA), avec des stages et enseignements partagés, des épreuves de recrutement sur les institutions et une meilleure mobilité professionnelle pour ouvrir davantage le corps des magistrats.
Des compétences renforcées : Les voies d’accès à la magistrature seraient rationalisées et les épreuves juridiques revalorisées. La formation initiale des auditeurs de justice passerait de 31 à 24 mois, tandis que celle des lauréats du concours professionnel serait allongée à 18 voire 24 mois. Une formation continue, davantage déconcentrée au niveau des cours d’appel, serait instaurée, avec des filières thématiques et la création d’un Institut du management judiciaire.
Valérie Delnaud, institutrice diplômée en sciences de l’éducation, a rejoint la magistrature en 1997 après une première carrière de professeure des écoles. Elle a occupé plusieurs fonctions, notamment présidente du tribunal judiciaire de Rouen (2019-2022), première présidente de la cour d’appel de Colmar (2022-2024), directrice du cabinet du garde des Sceaux en 2024, puis directrice des affaires civiles et du sceau en septembre 2024. Sa nomination en tant que directrice de l’ENM a été actée ce jour en Conseil des ministres, sur proposition du ministre de la Justice.