Une réunion exceptionnelle de la sous-commission départementale pour la sécurité contre les risques d’incendie de forêt s’est tenue ce mercredi 4 novembre à la préfecture de Mayotte. Cette initiative fait suite à une vague de feux de végétation survenus le week-end précédent. Autour de la table : représentants des services de l’État (DAAF, DEALM, OFB, ONF, Météo France), forces de sécurité, secours (SDIS 976), élus locaux, intercommunalités et acteurs agricoles.
Selon la préfecture, plus de 10 incendies ont été constatés en simultané les 1er et 2 novembre 2026, sollicitant fortement les sapeurs-pompiers. Le feu du massif du Bénara à Bandrélé ressort comme le principal incident de la saison, avec près de 100 hectares détruits. Le préfet a salué « l’engagement exemplaire et le courage des sapeurs-pompiers qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour préserver la sécurité des personnes, des cheptels, des habitations et des entreprises ».

Le bilan de la saison des feux de végétation fait état de 530 départs recensés et près de 350 hectares brûlés. Les communes du Sud — Bandrélé, Bouéni, Chirongui, Dembéni — figurent parmi les plus affectées. La préfecture précise que la majorité des incendies sont liés à des brûlis volontaires, souvent observés en fin de semaine entre 11 heures et 14 heures, dans un contexte de sécheresse persistante. Plusieurs secteurs sont également concernés par des actes de malveillance présumés.
Pour soutenir les opérations du SDIS, un hélicoptère bombardier d’eau (HBE) est en service depuis août 2026 et a déjà réalisé 500 largages de 600 litres d’eau de mer chacun. Depuis le 1er novembre, le dispositif de surveillance par satellite Fire Watch est en phase de test pour améliorer la détection des départs de feu.

Les participants ont souligné l’importance d’adapter les pratiques agricoles, notamment le brûlis, aux évolutions climatiques et végétales. La maîtrise de ces usages est jugée cruciale pour limiter les risques. D’après la préfecture, ces techniques anciennes menacent les écosystèmes fragiles, génèrent de la pollution atmosphérique et peuvent provoquer des feux incontrôlables, mettant en péril habitations et vies. Elles aggravent aussi l’érosion et fragilisent la ressource en eau.
La réglementation sur l’usage du feu est rappelée : le feu courant est interdit à Mayotte toute l’année. L’abattis-brûlis, la production de charbon de bois et l’incinération sont encadrées par l’arrêté préfectoral n°2017/DAAF-SDTR/1079. Les contrevenants s’exposent à des contraventions. Le préfet précise que « provoquer la destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien par incendie volontaire, manque de prudence ou de sécurité constitue un délit ». Les personnes concernées sont invitées à porter plainte rapidement.
Depuis juillet 2026, l’OFB a mené 285 contrôles, procédé à 15 interpellations, dressé plus de 50 contraventions et ouvert 8 procédures délictuelles. La DAAF, l’ONF et les forces de sécurité poursuivent aussi leurs contrôles sur le terrain.
Parmi les axes de travail évoqués figurent le renforcement de la surveillance et des contrôles, la promotion de la vigilance citoyenne, la sensibilisation des agriculteurs à des pratiques plus sûres, l’implication des polices municipales et intercommunales et la lutte contre les cultures illégales.
En conclusion, la préfecture insiste sur la nécessité de la vigilance et de la responsabilité de chacun face à l’intensification des incendies. Tout départ de feu doit être signalé sans délai aux secours. Toute personne disposant d’informations est invitée à contacter la gendarmerie ou la police. Les contrôles seront intensifiés dans les prochains jours.