Le dispositif de l’éco-organisme Cyclamed existe à Mayotte depuis 2015. L’objectif est de collecter les Médicaments Non Utilisés (MNU) des particuliers et qu'ils soient rapportés dans les 27 pharmacies d'officine que compte l’île.
Pour cela, l'éco-organisme fait appel depuis 2022 à des facilitateurs de Maoré Territoires pour représenter localement l'éco-organisme auprès des diverses instances et mener des opérations de sensibilisation auprès du grand public et des professionnels.
Sensibiliser davantage les Mahorais sur le dispositif de tri des médicaments

Le passage du cyclone Chido a fortement affecté l'activité. Les différents acteurs ont été mobilisés en 2025 pour reprendre les tâches respectives. « Notre objectif à travers les campagnes que nous menons est d’informer et de sensibiliser les habitants de Mayotte sur le dispositif de tri des médicaments. Pour cela il suffit simplement de rapporter dans n’importe quelle pharmacie de l’île vos anciens médicaments, même périmés ou avec des emballages déjà ouverts. Les pharmaciens d’officine ont l’obligation de vous les reprendre et de les collecter pour qu’ils soient ensuite valorisés », explique Silvère AUBRIOT, directeur général de Cyclamed.
Quels médicaments peut-on ramener dans les pharmacies ?

Silvère AUBRIOT est très clair concernant les médicaments qui vont ensuite être valorisés : « On rapporte tous les médicaments non utilisés à usage humain uniquement, sous toutes ses formes dans leur emballage primaire au contact du médicament (blisters, gélules, …), périmés ou non, et sortis de leur emballage carton et sans la notice ». Ensuite, les grossistes répartiteurs, lors de leurs tournées quotidiennes pour livrer les pharmacies en médicaments neufs, récupèrent en retour les médicaments rapportés par les patients. « Il ne faut surtout pas jeter vos vieux médicaments à la poubelle car ils sont très polluants et parfois toxiques. Sans compter que certains peuvent ressembler à des bonbons et être accidentellement ingérés par des enfants », alerte le directeur général de Cyclamed.
Quels sont les médicaments qu’il ne faut pas rapporter chez votre pharmacien ?
Comme nous l’a indiqué le directeur de l’éco-organisme, certains médicaments ne seront pas valorisés. « Tout ce qui concerne en règle générale la parapharmacie comme les compléments alimentaires et certaines lotions, crèmes, ou pommades… Mais aussi les seringues et les aiguilles qui sont des déchets dangereux et ont leurs spécificités pour être collectées à travers notamment une boite à aiguilles… ». Il est inutile également de rapporter tout ce qui est matériel électrique ou électronique comme les appareils de mesure tels que les tensiomètres ou autres, ajoute Silvère AUBRIOT. Enfin tout ce qui est produit chimique est aussi à proscrire.
Comment les vieux médicaments sont-ils ensuite valorisés ?
Auparavant, jusqu’en 2008, les médicaments collectés dans les pharmacies étaient redistribués à des fins humanitaires. Mais face à l’incertitude des conditions de stockage chez les particuliers et aux possibles confusions sur certains médicaments, la France a décidé de mettre fin à ce dispositif de redistribution. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’ils sont « gâchés ».

En effet, après être collectés, les médicaments sont envoyés dans une usine de valorisation énergétique (UVE) afin d’être incinérés pour produire, in fine, de l’électricité. « Les médicaments que récupère l’éco-organisme sont valorisés à des fins énergétiques, souligne Silvère AUBRIOT. Pour les DROM, ils sont notamment envoyés dans une usine en Normandie. Ce qui est dommage c’est qu’il n’y ait pas d’UVE à Mayotte, les Mahorais ne peuvent donc pas profiter de la valorisation de leurs anciens médicaments », regrette le DG de Cyclamed.
Le 101e département est le plus faible consommateur de médicaments au niveau national, du fait notamment de sa démographie (ndlr, plus de 50% de la population à 20 ans ou moins), avec « seulement » 200 tonnes de médicaments « neufs » consommés par an. La collecte des MNU en 2025 a représenté environ 5 tonnes, soit 14 g/habitant à Mayotte, selon Cyclamed.
Aussi, au vu du nombre de déchets en tout genre partout dans l’île sur le bord des routes notamment, les résultats montrent qu’il est nécessaire de mener des actions et des campagnes de sensibilisation au tri et à la gestion des déchets et pas seulement pour les médicaments…
B.J.