Des travaux annoncés, mais des échéances encore lointaines
Sur le volet des infrastructures, les représentants estiment que « les engagements semblent pour l’instant tenus ». Ils indiquent que des toilettes installées dans un bâtiment modulaire sont désormais ouvertes aux élèves. Des sanitaires supplémentaires doivent également être mis à disposition à compter du 5 novembre prochain.
Le calendrier présenté par les représentants du rectorat prévoit également l’installation de préfabriqués en janvier 2027, sur l’actuel parking des enseignants. Ces structures doivent constituer une solution transitoire dans l’attente de la livraison de modulaires destinés à accueillir des salles de cours et des sanitaires, annoncée pour la future rentrée scolaire au mois de septembre 2027.
Néanmoins, cette solution ajoute une difficulté pour les personnels. La suppression de places de stationnement liée à l’installation des préfabriqués a été signalée au rectorat. Les représentants disent avoir demandé « un parking de substitution pour la sécurité des véhicules ». D’après leur compte rendu, l’administration se serait engagée à rechercher une solution.
D’autres aménagements font également partie du calendrier communiqué. Une clôture extérieure en parpaings doit remplacer l’actuelle en septembre 2027, sur le modèle de celle du lycée de Kahani. Plus lointaine, la construction d’une cuisine est envisagée à l’emplacement des locaux actuellement occupés par les agents techniques. Le début des travaux est annoncé pour 2031. Cependant, si ces annonces représentent des perspectives d’amélioration pour l’établissement, certaines échéances restent encore trop éloignées des besoins immédiats du personnel et des élèves.

Les classes de seconde au coeur des revendications
Au-delà des infrastructures, c’est surtout la question des effectifs qui avait mis le feu aux poudres au début du mouvement. Les représentants continuent de réclamer un maximum de 25 élèves par classe de seconde, une possibilité que le proviseur, selon leur communiqué, « soutient ». Ils s’appuient également sur l’annonce ministérielle d’un plafonnement à 28 élèves, qu’ils considèrent comme un premier pas dans le sens de leurs revendications, sans pour autant renoncer à leur objectif initial de 25 élèves par classe.
Toutefois, ils mettent en garde contre une éventuelle conditionnalité liée au « projet Cardie », et ce, « quel que soit son intérêt », affirment-ils, en précisant que celui-ci « ne doit pas être une condition bloquante ». Les représentants veulent éviter que la mise en place d’un dispositif pédagogique ne retarde une mesure qu’ils considèrent comme indispensable à l’amélioration des conditions d’enseignement.
Sur le plan des moyens humains, quatre emplois « parcours emploi compétences » (PEC) avaient été annoncés. Deux recrutements d’assistants d’éducation sont déjà effectués, tandis que les deux autres postes, mentionnés dans le communiqué comme « accompagnement kayak » et « agent technique », sont encore en cours de recrutement.
À ces mesures, s'ajoute l’installation annoncée de quatre vendeuses mobiles de repas à proximité du lycée. Les représentants indiquent que leur arrivée est prévue « incessamment ». Une solution annoncée alors que l’établissement ne dispose pas de cantine, un problème soulevé à plusieurs reprises pendant le mouvement.

Les retenues de salaire remet de l’huile sur le feu
Mais c’est sur le volet salarial que le ton du communiqué se durcit nettement. Les représentants dénoncent des retenues de salaire actuellement constatées sur les comptes bancaires de personnels ayant participé au mouvement.
Ils affirment que, lors d’une récente rencontre, le directeur des ressources humaines avait reconnu « la légitimité de notre mouvement ». Celui-ci aurait également promis d’étudier « avec bienveillance » leur demande de maintien de salaire. Une assurance orale qui, d'après les signataires, n’aurait pas été suivie d’effet. « La promesse orale d’étudier avec bienveillance notre demande de maintien de salaire n’a pas été tenue », déplorent-ils, avant de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une sanction injuste. « Il est scandaleux de nous sanctionner pour avoir défendu nos conditions de travail et les conditions d’étude de nos élèves », écrivent-ils.
Dans ce contexte, les représentants syndicaux conseillent aux personnels concernés de « se rapprocher d’un syndicat pour contester ces retenues de salaire ». Ils n’écartent pas non plus une reprise de la mobilisation. « Nous nous réservons le droit de réfléchir à la reprise de notre mouvement dans le cadre de la Coalition du Nord », préviennent-ils.
La prochaine réunion du comité de suivi, prévue juste avant les vacances scolaires de décembre 2026, sera l’occasion de faire le point sur les engagements du rectorat et sur l’évolution du conflit. D’ici là, la possibilité d’une reprise du mouvement, voire d’un nouveau blocage de l’établissement, reste entière.
Mathilde Hangard